« Lorsque l’information officielle est difficile à trouver, qu’elle arrive trop tard ou qu’elle est difficile à comprendre, cela laisse place aux rumeurs et à la confusion », a déclaré Hiroyuki Saito, Directeur du Centre d’information des Nations Unies (CINU) à Dakar, en s’appuyant sur son expérience plus générale du suivi des processus électoraux en Afrique.

Il s’est adressé à une cinquantaine de membres de la Commission électorale, dont des représentants de ses bureaux de district, réunis pour échanger sur le rôle de la Commission en tant que source essentielle d’information électorale officielle.

Les Nations Unies appuient les efforts de la Commission, conformément aux conclusions et recommandations de la mission d’évaluation des besoins électoraux approuvée par la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, qui fait office de point focal du système des Nations Unies pour l’assistance électorale.

Les séances ont été organisées conjointement par la Commission électorale nationale et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui met en œuvre le Projet d’assistance électorale financé par le Gouvernement du Japon, avec l’appui technique du Centre d’information des Nations Unies à Dakar, qui a apporté son expertise spécialisée en matière d’intégrité de l’information.

CINU Dakar
Des membres de la Commission électorale nationale, des journalistes et des représentants de la société civile participent à des sessions organisées par l’ONU pour renforcer la communication électorale avant les élections de septembre à São Tomé-et-Príncipe.

Renforcer une information électorale digne de confiance

Les échanges ont porté sur les approches préventives permettant de préserver la confiance du public tout au long des processus électoraux. S’appuyant sur des exemples fréquemment observés en contexte électoral, des résultats fabriqués aux allégations de fraude, l’équipe du CINU a mis en lumière les questions que se posent couramment les électeurs : où voter, comment vérifier son inscription sur les listes électorales et où trouver les résultats officiels du scrutin.

M. Saito a encouragé les participants à adopter une démarche de communication proactive. « L’information officielle doit être publiée rapidement, avec exactitude et clarté. Mais il ne suffit pas que l’information existe. Le public doit savoir où la trouver ».

Il a souligné l’importance de recourir aux radios communautaires, aux services d’information par téléphone et aux points d’information physiques pour atteindre les citoyens qui ne sont pas connectés à Internet.

Les participants ont également réfléchi à la nécessité de suivre le rythme d’un public de plus en plus connecté.

« Le monde d’aujourd’hui est globalisé et numérique », a fait observer un membre de la Commission. « En période électorale, nous devrions, dans la mesure du possible, pouvoir répondre 24 heures sur 24, afin que, lorsqu’une information apparaît sur les réseaux sociaux, quelqu’un soit là pour réagir ».

Vérifier l’information sous pression

Dans l’après-midi, une quarantaine de journalistes et de représentants de la société civile ont pris part à un dialogue sur la couverture responsable des élections. Les discussions ont abordé des pièges courants : une affirmation non vérifiée n’est pas automatiquement fausse – la description exacte est « non vérifiée » ; une publication vue par des milliers de personnes n’est pas nécessairement vraie ; et l’intelligence artificielle constitue un défi à double tranchant, des contenus fabriqués étant présentés comme authentiques, tandis que des contenus authentiques peuvent être rejetés comme faux.

« Aujourd’hui, la vitesse est une menace pour l’exactitude de l’information », a averti Ndeye Fatou Diery Diagne, analyste en intégrité de l’information au CINU Dakar, exhortant les journalistes à marquer une pause, à vérifier les faits et à confirmer leurs sources avant de publier, quels que soient les délais. « La première personne à publier une fausse information en est la première responsable ».

Elle a également évoqué le harcèlement en ligne et la désinformation genrée. « L’une des principales conséquences de ces campagnes est que les femmes se retirent de la vie publique », a-t-elle mis en garde. « C’est pourquoi la désinformation genrée est une atteinte à la démocratie elle-même ».

La participation, une responsabilité partagée

Les échanges les plus animés ont porté sur la participation électorale, suscitant des appels en faveur, entre autres, de débats publics associant la société civile et des experts, d’une éducation civique continue et d’une collaboration avec les églises et les leaders communautaires.

« Les électeurs ont besoin d’une information crédible, et ils en ont besoin à temps », a déclaré Jorge do Ó, président du Syndicat des journalistes santoméens, au cours du dialogue. « En période électorale, toutes sortes d’informations circulent. C’est normal. Mais elles doivent servir l’objectif ultime du pays : le bonheur, la stabilité et la paix ».

Pour les journalistes, a-t-il insisté, le principe directeur est simple : ne s’exprimer que sur la base de preuves.

Un autre journaliste, Edmilson Numbe, a salué l’initiative et souligné l’importance d’une participation inclusive. « Nous devons tous travailler ensemble, sans laisser personne en dehors du processus », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que les médias peuvent y contribuer en encourageant davantage de débats publics et en créant des espaces de dialogue qui aident les citoyens à comprendre l’importance d’exercer leur droit de vote.

Un partenariat pour des élections inclusives et transparentes

Les deux séances s’inscrivent dans le cadre du Projet d’assistance électorale, qui réunit le Gouvernement de Sao Tomé-et-Principe, le Gouvernement du Japon, le PNUD et la Commission électorale nationale. Le projet a été officiellement lancé à la Maison des Nations Unies le 6 mai 2026, par un échange de lettres entre le Japon et le PNUD.

Le projet appuie l’ensemble du cycle électoral de 2026 à travers des mesures comprenant des bureaux de vote accessibles aux personnes handicapées, avec des rampes et des isoloirs adaptés ; des centres de vote plus sûrs et mieux éclairés pour les femmes ; des caravanes citoyennes et des kits pour primo-votants destinés à toucher les jeunes et les électeurs des zones rurales ; ainsi que le renforcement des capacités institutionnelles de la Commission électorale, notamment dans le domaine de l’intégrité de l’information.

Alors que Sao Tomé-et-Principe et le Japon célèbrent cette année le 50e anniversaire de leurs relations diplomatiques, le projet contribue à l’Objectif de développement durable 16, relatif à la paix, à la justice et à des institutions efficaces, ainsi qu’à l’Objectif de développement durable 10, consacré à la réduction des inégalités.

« Les femmes représentent environ 52 pour cent de la population, mais leur participation et leur représentation dans la vie politique restent limitées », a déclaré le Représentant résident du PNUD, Luc Gnonlonfoun. « L’objectif n’est pas seulement d’encourager les femmes à voter, mais aussi d’accompagner l’émergence d’une génération plus forte de femmes leaders politiques ».

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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