A ces décès s’ajoutent des centaines d’enfants blessés, souvent grièvement, tandis que les conditions de vie restent catastrophiques dans l’ensemble de l’enclave.
« Un cessez-le-feu qui se solde par la mort d’un enfant en moyenne chaque jour est un échec pour les enfants », a déclaré Edouard Beigbeder, directeur régional du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
Sur le terrain, une grande partie de la population déplacée est désormais concentrée sur environ un tiers de la bande de Gaza, dans des zones où les infrastructures sont en ruines, les déchets s’accumulent et les services essentiels demeurent largement hors de portée.
Des mères et leurs enfants attendent au point médical du camp de Zaarab, dans la région de Mawasi, à l’ouest de Khan Younis, avec le soutien de l’UNICEF.
Malnutrition, maladies et nouveau-nés en danger
Les enfants restent exposés au manque d’eau potable, à l’effondrement des systèmes d’assainissement, aux maladies et à une malnutrition aiguë de plus en plus préoccupante.
Depuis le début de la guerre, les Nations Unies s’efforcent d’acheminer une aide vitale vers Gaza. Mais malgré les appels répétés à permettre une entrée massive de secours, les équipes de l’UNICEF continuent de voir arriver dans les centres de santé des mères épuisées et sous-alimentées portant des enfants souffrant de malnutrition sévère.
Cette pénurie chronique d’aide a également des conséquences dramatiques pour les nouveau-nés. Les naissances prématurées augmentent, tandis que les hôpitaux, privés de matériel et de médicaments, peinent à prendre en charge les bébés en état critique.
« Il n’y a pas assez de couveuses et, dans certains cas, [les professionnels de santé] rapportent voir deux, voire trois bébés partager une seule machine », a expliqué à ONU Info Louise Wateridge, porte-parole de l’UNICEF. « À Gaza, des enfants âgés de quelques jours seulement luttent déjà pour survivre, nés dans des hôpitaux fonctionnant au ralenti et manquant d’équipements et de médicaments. »
Transformer les promesses en actes
Pour l’UNICEF, les récentes annonces de cessez-le-feu ne pourront changer le quotidien des enfants que si elles débouchent sur des mesures concrètes : un arrêt durable des combats, un accès humanitaire sans entrave et la remise en état des services essentiels.
« C’est ce que le monde a choisi de tolérer. Les tueries doivent cesser, l’aide doit parvenir à grande échelle et les enfants doivent être protégés (…). Le monde parle de cessez-le-feu, mais les familles de Gaza continuent d’enterrer leurs enfants », a insisté Louise Wateridge.
M. Beigbeder a également appelé à passer des promesses aux actes.
« Cela offre un nouvel espoir et une chance de mettre enfin un terme aux meurtres d’enfants (…). Pour les enfants de Gaza, l’enjeu est simple. Les meurtres vont-ils cesser ? L’aide leur parviendra-t-elle en quantité suffisante ? Les hôpitaux rouvriront-ils et l’eau coulera-t-elle à nouveau ? Les enfants pourront-ils retourner à l’école en toute sécurité en septembre ? Les enfants ont déjà entendu des promesses par le passé. Cette fois-ci, les accords doivent se traduire en actes. »
Des garçons palestiniens célèbrent l’annonce du cessez-le-feu en octobre 2025.
Les civils restent exposés aux frappes
Le coordinateur humanitaire de l’ONU pour le territoire palestinien occupé, Ramiz Alakbarov, s’est dit préoccupé par les récentes frappes aériennes israéliennes, qui auraient fait des victimes civiles et endommagé des infrastructures ainsi que des fournitures médicales essentielles.
Dans un message publié mardi sur les réseaux sociaux, il a rappelé que les infrastructures civiles et humanitaires devaient être protégées et que les opérations de secours devaient pouvoir se dérouler sans entrave.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), les opérations militaires menées à proximité de la « ligne jaune », ainsi que les frappes signalées dans d’autres secteurs de Gaza, continuent de bouleverser la vie des civils, d’endommager les abris, de provoquer de nouveaux déplacements de population et de limiter l’accès aux services vitaux.
Une aide toujours insuffisante
Malgré ces contraintes, les agences des Nations Unies et leurs partenaires poursuivent leurs opérations d’assistance. La semaine dernière, près de 3.000 abris de fortune ont été améliorés dans Gaza-ville et quelque 9.000 familles ont reçu des bâches, couvertures, matelas, lampes solaires, vêtements, kits de cuisine et autres articles essentiels.
L’OCHA souligne toutefois que ces efforts ne pourront être intensifiés que si davantage de matériaux — notamment du bois, des cordes, des outils et des lampes solaires — sont autorisés à entrer rapidement dans l’enclave.
Parallèlement, les partenaires humanitaires du secteur de l’éducation poursuivent leurs activités auprès des enfants. Plus de 250.000 élèves d’âge préscolaire et scolaire participent actuellement à des programmes éducatifs d’été, qui leur offrent un semblant de stabilité tout en les aidant à rattraper une partie des apprentissages perdus pendant les hostilités.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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