S’exprimant à l’ouverture du 10e Dialogue annuel de haut niveau entre les Nations Unies et l’Union africaine dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, le chef de l’ONU a affirmé que la priorité accordée à l’Afrique relevait pour lui d’un impératif politique et moral.

Ému à l’idée qu’il s’agissait probablement de son dernier sommet avec l’Union africaine en tant que Secrétaire général, M. Guterres a salué les efforts du continent pour renforcer la paix, la gouvernance et l’intégration économique.

Il a notamment mis en avant les avancées liées à la Zone de libre-échange continentale africaine, aux réformes de gouvernance et aux initiatives en faveur d’une nouvelle architecture financière africaine.

© Union africaine
Le Président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a reçu le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, à l’occasion de la 10e Conférence annuelle Union africaine–Nations Unies.

Héritage du colonialisme

Le Secrétaire général a toutefois insisté sur les lourds héritages qui continuent de peser sur le continent. « Nous n’oublions pas l’héritage du colonialisme, de l’esclavage et du trafic transatlantique », a-t-il déclaré, soutenant les appels de l’Union africaine en faveur de réparations.

Selon lui, les économies coloniales avaient été conçues non pour développer l’Afrique, mais pour exploiter ses ressources au profit des puissances coloniales et des économies du Nord.

M. Guterres a également dénoncé un système international façonné sans réelle participation africaine après la Seconde Guerre mondiale. Il a qualifié de « scandaleuse » l’absence de membres permanents africains au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Le chef de l’ONU a aussi critiqué une architecture financière mondiale qui « punit l’Afrique », évoquant notamment les questions de dette, les agences de notation et la répartition des droits de tirage spéciaux.

Ingérences extérieures

Sur le plan sécuritaire, M. Guterres a estimé que plusieurs conflits africains avaient été aggravés par des interventions extérieures. Il a notamment cité la Libye, affirmant que l’intervention militaire de 2011 avait contribué à déstabiliser durablement le Sahel et à favoriser l’expansion du terrorisme dans la région.

Concernant le Soudan, il a dénoncé les ingérences étrangères et les flux d’armes alimentant le conflit, compliquant selon lui les efforts de médiation menés par l’Union africaine.

Le Secrétaire général a enfin mis en garde contre le risque de voir se reproduire un modèle d’exploitation des ressources africaines dans le contexte de la transition verte et numérique.

L’Afrique dispose d’« atouts fantastiques » grâce à ses minéraux stratégiques, a-t-il reconnu, tout en avertissant contre un système où les ressources quitteraient une nouvelle fois le continent sans création de valeur locale.

Pour M. Guterres, le succès de l’Afrique est désormais « essentiel pour le succès mondial ». Il a souligné que l’avenir du multilatéralisme et l’équilibre des relations internationales dépendaient largement de la capacité du continent à offrir des perspectives à sa jeunesse en pleine croissance.

UN/MINUSCA
Un rassemblement de jeunes en République centrafricaine

Un partenariat plus fort que jamais

Lors d’une conférence de presse, le Secrétaire général a salué un partenariat « plus fort que jamais » entre les Nations Unies et l’Union africaine. 

Aux côtés du Président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, il a signé une nouvelle déclaration destinée à renforcer la coopération en matière de paix, de développement durable et de droits humains.

S’agissant de la lutte contre le changement climatique, il a souligné que l’Afrique pourrait devenir un acteur majeur dans le secteur des énergies renouvelables. D’ici 2040, le continent pourrait produire jusqu’à dix fois plus d’électricité que ses besoins, entièrement à partir de sources propres, tout en alimentant les 600 millions d’Africains encore privés d’accès à l’électricité.

Evoquant la situation en République démocratique du Congo (RDC), le chef de l’ONU a appelé à traduire les avancées des négociations en un cessez-le-feu immédiat et permanent. Il a appuyé également les efforts de médiation menés par l’Union africaine, sous l’égide du Togo, en vue d’une solution politique durable.

Au Sahel, il a constaté que la dégradation sécuritaire alimente une crise humanitaire majeure, marquée par les violences contre les civils, les déplacements et l’insécurité alimentaire et a appelé à renforcer le dialogue régional face au terrorisme.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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