Mais sans investissements urgents pour rétablir les services essentiels, reconstruire les infrastructures et relancer les moyens de subsistance, ces retours risquent de ne pas être durables, a averti mardi l’agence onusienne basée à Genève. 

A la mi-février dernier, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) avait indiqué  que près de 3,5 millions de personnes, dont 720.000 réfugiés, étaient rentrées chez elles dans ce pays d’Afrique du Nord-Est.

Les retours se sont concentrés en particulier à Al Jazirah et à Khartoum, sous l’effet d’une combinaison de facteurs, notamment l’amélioration de la sécurité dans certaines zones, les pressions économiques, les services limités dans les sites d’accueil et les difficultés croissantes auxquelles sont confrontés les réfugiés soudanais vivant dans les pays voisins. Pourtant beaucoup arrivent dans des endroits encore profondément touchés par le conflit et l’effondrement des services de base. 

« Pour beaucoup de personnes, le retour chez soi devrait marquer le début du redressement. Au lieu de cela, cela signifie trop souvent être confronté à des services détruits, des habitations endommagées et une nouvelle incertitude », a déclaré SungAh Lee, Directrice générale adjointe de l’OIM chargée de la gestion et de la réforme, lors de sa visite au Soudan.

La plupart des rapatriés avaient auparavant été déplacés à l’intérieur du pays.

Sécurité, subsistance et famille comme moteurs des retour

Les déplacés et les réfugiés justifient souvent leur retour par l’amélioration de la sécurité dans leur lieu d’origine. Parmi les autres principales raisons de retour figuraient les opportunités commerciales et de subsistance au Soudan (25 %), les visites familiales (23 %) ou les difficultés juridiques à l’étranger (8 %).

À Khartoum, le nombre de retours augmente rapidement, ce qui exerce une pression supplémentaire sur les infrastructures urbaines déjà endommagées par des mois de combats. Les réseaux d’approvisionnement en eau, les réseaux électriques, les établissements de santé et les logements restent fortement touchés, ce qui complique les efforts visant à rétablir les services de base. 

A Al Jazirah, l’une des régions agricoles les plus importantes du Soudan, les rapatriés sont confrontés à des infrastructures et des équipements endommagés. Ces conditions menacent les moyens de subsistance et la production alimentaire à un moment critique pour la reprise, dans un contexte plus large d’insécurité alimentaire et de troubles économiques. 

Ces défis touchent aussi bien les rapatriés que les populations déplacées et les communautés d’accueil. Alors que les populations se déplacent entre les zones de déplacement, de transit et de retour, la pression sur les services, les moyens de subsistance et la cohésion sociale se poursuit.

Dégradation sécuritaire sur d’autres fronts

Partout au Soudan, l’évolution des schémas de déplacement et de retour spontané continue de remodeler les communautés et de mettre à rude épreuve des systèmes déjà affaiblis. 

Au plus fort du conflit, près de 12 millions de personnes ont fui les zones fortement touchées, en particulier Al Jazirah, Khartoum et certaines parties de Sennar et du Kordofan, pour chercher refuge dans d’autres régions. Plus de 4 millions de Soudanais se sont enfuis vers les pays voisins. 

Les États de l’Est, tels que Kassala, Gedaref et la Mer Rouge, ainsi que les États du Nord et du Nil, sont devenus des zones d’accueil cruciales, accueillant des déplacées internes et des migrants, tout en servant de points de transit essentiels au sein des grands axes de mobilité régionaux. Aujourd’hui, près de 9 millions de personnes sont toujours déplacées à l’intérieur du pays. 

Dans le même temps, la dégradation sécuritaire se poursuit sur d’autres fronts. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), l’intensification des combats urbains à Dilling, dans le Kordofan du Sud, expose ainsi plus de 50.000 civils à de graves risques en matière de sécurité, à des déplacements forcés et à un effondrement quasi total des services.

Les zones de retour ont un besoin urgent d’abris et de reconstruction.

Retours attendus à Khartoum

Dans ce contexte d’instabilité persistante, les intentions de déplacement restent particulièrement volatiles. L’OIM estime que près des deux tiers des personnes ayant traversé la frontière vers le Soudan avaient l’intention de retourner dans leur lieu d’origine dans les trois mois suivants. 

D’autres auraient prévu de s’installer ailleurs au Soudan (26 %) ou de quitter le pays (11 %), avec comme destinations prévues le Tchad (54 %), la République centrafricaine (29 %) et l’Égypte (5 %).

Mais ces perspectives de retour se heurtent à d’importantes contraintes financières et opérationnelles. Le Plan de réponse aux crises 2026 de l’OIM Soudan étant sous-financé de 97,2 millions de dollars, et avec plus de 2 millions de personnes supplémentaires qui devraient retourner volontairement à Khartoum cette année, le travail de stabilisation des zones de retour au Soudan ne fait que commencer. 

Pour l’OIM, un partenariat durable, une action coordonnée et des ressources adéquates sont essentiels pour soutenir le Soudan en ce moment crucial et pour garantir que les mouvements de retour contribuent au redressement et à la stabilité à long terme.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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