Ils ont appelé les États et les Nations Unies à soutenir la relance de l’accord de cessez-le-feu conclu en décembre entre le gouvernement congolais et le M23, soutenu par le Rwanda.
« Les viols, les viols collectifs, les agressions d’une violence extrême et les assassinats de civils constituent une caractéristique récurrente du mode opératoire du M23 », ont déclaré ces experts* dans un communiqué de presse conjoint. « Si ces crimes ne sont pas l’apanage du M23, le nombre de personnes touchées est effarant et cette situation doit cesser. »
Un système de contrôle de la population
Selon les experts, le M23 a instauré dans les territoires qu’il contrôle « un système d’autorité de facto » dans lequel les arrestations et détentions arbitraires, la torture, y compris la torture sexuelle, le travail forcé et le recrutement armé forcé sont utilisés pour contrôler la population civile.
Les informations disponibles montrent que ces arrestations et détentions arbitraires reposent sur un large éventail de motifs illégaux, notamment des allégations de collaboration avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ou les groupes Wazalendo, le refus de se soumettre au travail communautaire obligatoire, ou de simples soupçons d’activité criminelle. Des cas d’enlèvements, d’incendies criminels et de chantage ont également été signalés.
« Ces cas s’inscrivent dans une situation extrêmement préoccupante de violences généralisées visant la population civile, qui appelle une attention urgente de la communauté internationale », ont déclaré les experts.
Torture et décès en détention
Les personnes arrêtées seraient transférées vers des lieux de détention non officiels, où elles seraient détenues dans des conditions de surpopulation extrême et d’insalubrité, avec un accès limité, voire inexistant, aux soins médicaux, et privées de manière systématique de nourriture et d’eau.
Selon les experts, les personnes détenues seraient soumises à des violences physiques répétées, notamment à des passages à tabac quotidiens. Plusieurs décès en détention auraient été recensés et, dans de nombreux cas, leur libération dépendrait de paiements exigés de leurs proches.
Les experts rappellent que le Secrétaire général de l’ONU a fait état de plus de 90.000 cas de violences sexuelles commises dans le contexte du conflit armé en 2025.
Soulignant que ces violences touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles, ils insistent sur la nécessité d’une prise en charge fondée sur une approche tenant compte des questions de genre et centrée sur les survivantes.
Appel à protéger les civils
« La violence est inacceptable. Elle doit cesser immédiatement et faire l’objet d’enquêtes approfondies afin que les responsables répondent de leurs actes », ont déclaré les experts.
Ils appellent toutes les parties au conflit à respecter le droit international des droits de l’homme et le droit international humanitaire, et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la population civile.
Ils indiquent être en contact avec le gouvernement congolais et avoir également porté leurs préoccupations à l’attention du gouvernement rwandais.
*Les experts :
- Alice Jill Edwards, Rapporteuse spéciale sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants
- Claudia Flores (présidente), Ivana Krstić (vice-présidente), Dorothy Estrada-Tanck, Haina Lu, and Laura Nyirinkindi, Groupe de travail sur la discrimination à l’égard des femmes et des filles ;
- Matthew Gillett (Chair-Rapporteur), Ganna Yudkivska (Vice-Chair on Communications), Ethan Hee-Seok Shin (Vice-Chair on Follow-Up), Miriam Estrada-Castillo and Mumba Malila, Groupe de travail sur la détention arbitraire
- Reem Alsalem, Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes et les filles, ses causes et ses conséquences.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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