Installé dans un fauteuil roulant placé sur une charrette tirée par un âne, avec une bouteille d’oxygène et un petit ventilateur à ses côtés, ce Palestinien âgé se rend de sa tente, située dans le secteur d’Al-Mawasi, au centre de dialyse.
« Depuis janvier 2024 jusqu’à aujourd’hui, je suis sous dialyse trois fois par semaine », explique-t-il. « Je souffre énormément à cause du transport. Je voyage dans une charrette tirée par un âne, sous un soleil brûlant. Mais que peut-on faire ? Je n’ai pas d’autre choix. »
Un accès aux soins semé d’embûches
Se rendre à l’hôpital est devenu une épreuve supplémentaire. Les infrastructures détruites, le manque de moyens de transport et les conditions humanitaires difficiles qui persistent dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre entre le Hamas et Israël, en 2023, compliquent chaque déplacement.
Tous les cinquante mètres, nous devons nous arrêter pour repositionner le fauteuil de mon grand-père
Malgré le cessez-le-feu conclu en octobre 2025, le système de santé de Gaza continue de fonctionner avec des capacités limitées, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Les attaques israéliennes, les destructions massives des établissements de santé et les restrictions à l’entrée des fournitures médicales continuent d’entraver la prestation des soins, alors que les personnes atteintes de maladies chroniques ont besoin de traitements réguliers et ininterrompus, souligne l’OMS.
La situation de M. Hajji reflète celle de centaines de patients souffrant d’insuffisance rénale dans la bande de Gaza, où les difficultés auxquelles sont confrontés les établissements de santé accentuent la pression sur les services de dialyse.
Un trajet semé d’obstacles
Pour Fathi Hajji, les difficultés se poursuivent à l’aller comme au retour, où le traitement lui-même devient une véritable épreuve de survie.
En chemin, son petit-fils Saif doit s’arrêter à plusieurs reprises pour refixer le fauteuil roulant sur la plateforme de la charrette, tant les routes sont défoncées.
« Nous souffrons énormément pendant le trajet, à cause de la chaleur accablante et de l’état des routes », explique-t-il. « Tous les cinquante mètres, nous devons nous arrêter pour repositionner le fauteuil de mon grand-père. Lorsque nous arrivons à l’hôpital, nous sommes épuisés et il a immédiatement besoin d’oxygène. »
Des ressources limitées
Après ce trajet éprouvant, Saif aide son grand-père à passer de son fauteuil roulant à un lit du centre de dialyse. Autour d’eux, d’autres patients attendent leur tour devant les quelques machines disponibles, tandis que le personnel médical tente de faire face à un nombre croissant de malades avec des ressources limitées.
La séance de dialyse de M. Hajji dure entre trois et cinq heures, sous la surveillance des soignants.
« C’est très difficile, surtout avec les températures élevées. J’ai dû emporter un ventilateur avec moi et je dois aussi remplir ma bouteille d’oxygène chaque jour », confie-t-il.
Une infirmière surveille le patient Fathi Haji lors d’une séance de dialyse au centre de dialyse de l’hôpital Nasser à Khan Younis, Gaza.
Des équipements insuffisants
Le manque d’équipements aggrave encore les souffrances des patients, souligne Hamza Abu Raya, employé du centre de dialyse.
« Les machines de dialyse sont fortement sollicitées et beaucoup sont usées », explique-t-il. « Nous manquons également de fournitures essentielles, notamment de bicarbonate, et le médicament Eprex est indisponible depuis longtemps, ce qui accroît encore les souffrances des patients. »
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), les pénuries de carburant, de pièces détachées et de fournitures médicales restent fréquentes. À ces difficultés s’ajoutent la propagation persistante de maladies infectieuses et la pression croissante exercée sur les établissements de santé encore opérationnels.
Parallèlement, les partenaires humanitaires continuent d’assurer les services de santé dans toute la mesure de leurs moyens.
Le retour vers la tente
Une fois sa séance terminée, Fathi Hajji est réinstallé dans son fauteuil roulant.
Affaibli, il attend devant les grilles de l’hôpital le retour de la même charrette tirée par un âne qui le ramènera jusqu’à sa tente.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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