Ces parcours sont le symptôme d’un monde où les progrès réalisés depuis 1986 restent profondément inégalement répartis, a souligné vendredi à Genève Awa Dabo, Haute-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, lors d’une table ronde consacrée au 40e anniversaire de la Déclaration sur le droit au développement à Genève.

Évoquant notamment la situation dans son propre pays, la Gambie, elle a décrit des jeunes pour lesquels l’avenir ne se joue plus nécessairement à l’école, auprès de leur famille ou dans un emploi, mais parfois à bord d’une embarcation de fortune.

Ils entreprennent ainsi des « voyages périlleux, souvent au péril de leur vie, loin de chez eux et de leurs proches, à la recherche d’opportunités », a-t-elle expliqué. Leur conviction est simple : rester chez eux ne leur permettra pas toujours de mener la vie qu’ils espèrent, « une vie normale et épanouissante ».

Des progrès, mais pour qui ?

Depuis l’adoption de la Déclaration en 1986, des progrès considérables ont pourtant été enregistrés. Les revenus ont augmenté dans de nombreuses régions, davantage d’enfants ont accès à l’éducation, les systèmes de santé se sont renforcés et l’accès aux services essentiels s’est amélioré.

Mais ces avancées masquent une fracture persistante.

« Les inégalités pèsent lourdement sur la vie de centaines de millions de personnes, anéantissent leurs espoirs et bafouent leurs droits », a averti Mme Dabo.

Le troisième Rapport sur les inégalités mondiales du World Inequality Lab illustre l’ampleur du fossé. Selon ses données, les revenus annuels cumulés de la moitié de la population adulte mondiale — environ 2,8 milliards de personnes — sont comparables à ceux des 5 600 personnes les plus riches de la planète.

« Cela correspond à peu près à la capacité d’accueil d’une salle de concert », a relevé la responsable onusienne.

ONU
La Haute-Commissaire adjointe aux droits de l’homme, Awa Dabo, prend la parole lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

L’éducation, révélatrice des écarts

Les inégalités sont particulièrement visibles dans l’investissement consacré à l’éducation. Les dépenses annuelles par enfant s’élèvent à environ 200 euros en Afrique subsaharienne, contre 7.400 euros en Europe et 9.000 euros en Amérique du Nord et en Océanie.

Ces écarts compromettent directement les perspectives de développement et la capacité des jeunes générations à construire leur avenir.

À l’approche de l’échéance de 2030, les Objectifs de développement durable (ODD) accusent d’ailleurs un retard préoccupant. Le déficit annuel de financement du développement dépasse 4 000 milliards de dollars. Seuls 36 % des cibles mesurables sont en bonne voie, tandis que 15 % ont régressé depuis 2015.

L’endettement, les déséquilibres commerciaux et l’insuffisance des ressources publiques aggravent encore ces difficultés, alors que l’aide internationale au développement a chuté de près d’un quart cette année et que les dépenses militaires mondiales ont fortement augmenté.

Pour le HCDH, ce constat impose de renforcer la coopération internationale, de mobiliser davantage de financements pour le développement et de placer les droits humains au cœur des politiques économiques.

« Nous ne pouvons pas attendre encore quarante ans pour concrétiser le droit au développement », a conclu Awa Dabo.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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