Au Nigéria, le prix du diesel a ainsi bondi d’environ 83 % entre fin février et fin août, contre seulement 9 % en Irlande. Au Myanmar, l’essence a renchéri d’environ 51 %, alors que la hausse s’est limitée à 3 % en Suède.

Ces écarts s’expliquent notamment par les politiques nationales de taxation et de subvention des carburants, les mécanismes de fixation des prix et les fluctuations des taux de change. Autant de facteurs qui déterminent l’ampleur de la répercussion des cours mondiaux sur les consommateurs.

Une flambée directement liée au conflit

Le prix du baril de Brent, principale référence mondiale pour le pétrole, est passé d’environ 70 dollars en janvier à plus de 120 dollars en mars. En cause : la fermeture du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite habituellement près d’un cinquième du pétrole mondial, qui a provoqué de fortes turbulences sur les marchés.

Les cours se sont ensuite quelque peu détendus entre avril et juin, à la faveur des avancées diplomatiques, avant de repartir à la hausse après l’échec des négociations et la reprise des combats.

Les marchés à terme laissent entrevoir un maintien des prix à des niveaux élevés jusqu’à la fin de l’année. Une perspective qui pèse sur les factures de carburant et de transport des entreprises comme des ménages.

Un effet domino sur le coût de la vie

Les conséquences de cette flambée dépassent largement le seul budget des automobilistes. La hausse du prix des carburants renchérit l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement : le transport des marchandises coûte plus cher, ce qui se répercute sur les prix des produits alimentaires et des biens de consommation.

Même les ménages qui n’achètent pas directement de carburant en subissent donc les conséquences.

Des études antérieures consacrées aux économies en développement montrent qu’une augmentation de 25 centimes par litre du prix des carburants peut entraîner une baisse moyenne de plus de 5 % du pouvoir d’achat des ménages.

Les pays importateurs en première ligne

Les économies fortement dépendantes des importations de carburants sont particulièrement vulnérables à ces chocs, souligne la CNUCED. Lorsque les cours s’envolent, elles doivent consacrer davantage de devises à leurs approvisionnements énergétiques, au détriment d’autres besoins essentiels.

En 2023, les importations nettes de carburants – soit les dépenses d’importation diminuées des recettes tirées des exportations – représentaient déjà un quart du produit intérieur brut (PIB) du Cap-Vert et près d’un cinquième de celui du Liban.

Une facture énergétique plus lourde réduit ainsi les ressources disponibles pour importer des produits alimentaires, des médicaments ou des équipements. Elle restreint également la capacité des gouvernements, souvent confrontés à des budgets contraints, à soutenir les ménages face à la hausse du coût de la vie.

Réduire la dépendance

Face à cette vulnérabilité, la CNUCED plaide pour une diversification des sources d’énergie et des investissements accrus dans les énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien.

Contrairement aux combustibles fossiles, dont les prix restent exposés aux tensions géopolitiques et aux perturbations des routes commerciales, ces sources d’énergie sont moins vulnérables aux chocs extérieurs.

L’argument est également économique : selon la CNUCED, dans plus de 90 % des cas, les énergies renouvelables coûtent moins cher que les nouvelles installations fonctionnant avec les combustibles fossiles les moins onéreux.

Pour les pays en développement, accélérer cette transition représente donc non seulement un impératif climatique, mais aussi un moyen de renforcer leur sécurité énergétique et de mieux se prémunir contre les prochaines crises pétrolières.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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