Sa maison a été la première de son quartier à brûler. Chassé par les gangs, cet enseignant a fui à trois reprises avec sa fille. Depuis novembre 2024, il vit dans une ancienne école de Port-au-Prince où s’entassent près de 3 000 déplacés. Ils l’ont choisi pour porter leur voix.
Le quotidien y est rude : un seul plat chaud par jour, et des parents qui se privent. « Pour les enfants, on ne peut pas fermer les yeux sans leur donner quelque chose », confie-t-il.
Il pense notamment aux jeunes qui refusent les armes mais se sentent abandonnés. « Si ces jeunes-là ne trouvent pas une assistance, peut-être dans les années à venir, on ne sait jamais », prévient-il. Et d’ajouter : « On dit toujours que l’avenir d’un pays dépend de sa jeunesse. Si l’on met en place un programme de réinsertion sociale pour nos jeunes, ils trouveront un petit métier, que ce soit dans la réfrigération, le carrelage ou la plomberie. Avec ça, ils croiront en eux. »
L’exil, la faim, l’école interrompue, la relocalisation, l’espoir d’un métier : dans cet entretien, Pierre raconte la vie suspendue de milliers de déplacés.
(Entretien : Pierre, président du site et représentant des déplacés ; propos recueillis par Gema Cortes, OCHA Haïti)
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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