« À mesure que les risques augmentent et que les garde-fous s’effritent, nous nous dirigeons tout droit vers la catastrophe », a prévenu le chef de l’ONU lors de la séance plénière organisée pour commémorer la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires.
Le Secrétaire général a notamment pointé le renforcement et la modernisation des arsenaux, la multiplication des menaces de recours à l’arme nucléaire et les progrès technologiques susceptibles d’accroître les risques de « bévue » et d’erreur d’appréciation.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, prononce un discours lors de la réunion de haut niveau commémorant la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires.
Plus de limites contraignantes
L’un des principaux garde-fous de la période récente a disparu en début d’année avec l’expiration du Nouveau Traité START entre les États-Unis et la Russie.
« Pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, les arsenaux nucléaires stratégiques ne sont plus soumis à aucune limitation contraignante », a souligné M. Guterres.
Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Khalilur Rahman, a rappelé que le traité avait expiré le 5 février sans être remplacé.
La situation est d’autant plus préoccupante que la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) s’est achevée sans consensus sur un résultat concret. La Commission du désarmement a elle aussi terminé son cycle triennal sans parvenir à formuler de recommandations de fond.
Pour M. Rahman, ces échecs « accroissent les risques de course aux armements, d’escalade et d’erreurs de calcul aux conséquences catastrophiques ».
Le Président de l’Assemblée générale, Khalilur Rahman, s’adresse à la réunion de haut niveau commémorant la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires.
« Changer de cap »
Face à cette situation, le Secrétaire général a appelé les États dotés d’armes nucléaires à reprendre le dialogue afin d’empêcher toute utilisation de ces armes et d’éviter une nouvelle course aux armements.
Il a demandé aux États-Unis et à la Russie de négocier un cadre destiné à succéder au Nouveau Traité START, tout en appelant l’ensemble des États dotés d’armes nucléaires à réduire le rôle de ces armes dans leurs politiques de sécurité et à mettre en place des mesures de confiance et de transparence.
M. Rahman a proposé d’agir sur quatre fronts : rétablir le dialogue et les garde-fous, préserver l’architecture multilatérale de maîtrise des armements, passer de la gestion des arsenaux à leur réduction puis à leur élimination, et mobiliser les populations.
« Nous devons changer de cap de toute urgence et avec détermination », a-t-il déclaré.
Le Secrétaire général a également appelé à l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, au nom notamment des survivants dont la vie a été dévastée par les essais.
Il s’est enfin félicité de la tenue prochaine de la première Conférence des États parties au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, prévue à la fin de l’année.
« Remplaçons les menaces par le dialogue. Remplaçons la course aux armements par la maîtrise des armements. Remplaçons la paralysie par des mesures concrètes », a exhorté M. Guterres. « Choisissons un avenir sans armes nucléaires ».
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Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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