Selon les autorités ukrainiennes, au moins 14 civils ont été tués et plus de 80 blessés, dont plusieurs enfants. Les opérations de recherche se poursuivent dans les décombres, laissant craindre un bilan encore plus lourd.
Pour les Nations Unies, cette succession d’attaques ne relève plus d’une simple escalade ponctuelle. Elle illustre une transformation plus profonde de la guerre vers une multiplication des frappes à longue portée, dont les premières victimes sont les populations civiles.
« L’attaque de la nuit dernière menée par la Fédération de Russie reflète le recours continu à des missiles de longue portée et à des drones dans des zones peuplées, où ils font peser un risque considérable sur les civils », a résumé Danielle Bell, cheffe de la mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies en Ukraine. « L’utilisation soutenue de ces armes, conjuguée aux attaques persistantes de drones à courte portée, constitue l’un des principaux facteurs expliquant l’augmentation du nombre de victimes civiles documentée par les Nations Unies cette année ».
Cette analyse s’appuie sur une évolution que les observateurs de l’ONU disent constater depuis plusieurs mois. Alors que les combats terrestres restent largement figés, les bombardements gagnent en intensité bien au-delà de la ligne de front. Missiles balistiques, missiles de croisière, drones de longue portée et drones tactiques se succèdent désormais presque quotidiennement, frappant des villes parfois éloignées des combats.
Selon la mission onusienne, les premiers jours de juillet enregistrent déjà près de 170 victimes civiles par jour en moyenne. Les bombardements ont touché Kiev, ainsi que les régions de Soumy, au nord-est, de Dnipro, dans le centre-est, et de Zaporijjia, dans le sud-est du pays, tandis que des drones de courte portée continuaient de frapper Kherson, dans le sud, et Tokmak, dans la partie occupée de la région de Zaporijjia. Les Nations Unies soulignent également que le nombre de victimes civiles vérifiées au premier semestre 2026 dépasse nettement celui de la même période en 2025, qui avait lui-même fortement augmenté par rapport à l’année précédente.
Une souffrance « insoutenable »
Sur le terrain, Matthias Schmale, coordinateur humanitaire des Nations Unies en Ukraine, décrit une violence devenue presque routinière.
« Quelques jours seulement se sont écoulés depuis la précédente attaque de grande ampleur et, cette nuit encore, les habitants de Kyiv ont revécu l’horreur des frappes menées par les forces armées de la Fédération de Russie », a-t-il dénoncé dans un communiqué publié lundi.
Présent sur les sites bombardés, il raconte des quartiers résidentiels transformés en champs de ruines, des familles attendant dans l’angoisse que les sauveteurs dégagent les gravats et d’autres pleurant déjà leurs proches.
« Il est insoutenable d’être témoin d’une telle souffrance humaine. Voir des personnes pleurer le corps d’un membre de leur famille ou d’un ami, ou attendre que les secours déblayent les décombres pour connaître le sort de leurs proches. Voir détruit ce que des communautés ont mis des années à construire ».
Cette nouvelle vague de frappes intervient à la veille d’un sommet de l’OTAN en Turquie consacré en grande partie à la guerre en Ukraine. Alors que, selon la presse, les négociations avec Moscou sont au point mort et que les deux camps multiplient les attaques en profondeur contre leurs territoires respectifs, Kiev réclame une nouvelle fois un renforcement de sa défense aérienne, en particulier des systèmes capables d’intercepter les missiles balistiques.
Pour les Nations Unies, une certitude s’impose pourtant indépendamment des considérations militaires. « Le droit international humanitaire exige que toutes les mesures possibles soient prises pour protéger les civils et les infrastructures civiles », a rappelé Matthias Schmale. « Les attaques qui déchirent des habitations et fauchent des vies innocentes ne doivent jamais être acceptées ».
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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