Cette nouvelle vague de déplacements fait exploser les besoins humanitaires au Yémen comme dans les pays voisins, alors que les organisations humanitaires disposent de ressources limitées et que certains stocks sont sur le point d’être épuisés.
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les personnes déplacées fuient l’intensification des hostilités sur la côte ouest et dans le gouvernorat de Taïz.
Depuis Aden, le chef de la mission de l’OIM au Yémen, Abdel Sattar Issouif, a décrit une situation où les routes sont coupées, les communications interrompues et l’accès humanitaire fortement restreint.
« Derrière chacun de ces chiffres se cache une famille qui a tout perdu. Ces personnes ont besoin d’un abri, de nourriture, d’articles ménagers et d’autres formes d’aide, en particulier les femmes et les enfants. Mais avant tout, elles ont besoin de sécurité et de protection », a-t-il déclaré.
Près de 3.000 personnes arrivent à Djibouti
De l’autre côté du golfe d’Aden, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) fait état de près de 3.000 arrivées à Djibouti en moins d’une semaine.
Les personnes en fuite ont traversé la mer à bord d’embarcations surchargées, avec très peu de nourriture et d’eau. Dans les centres d’accueil, elles racontent avoir fui des bombardements, des tirs d’artillerie et des fusillades soudaines.
« Certains racontent avoir dû laisser des membres de leur famille derrière eux (…). Des milliers d’autres personnes tentant de quitter le Yémen n’ont pas pu fuir en raison de l’insécurité et de la pénurie de carburant pour les bateaux », a indiqué Sandrine Desamours, représentante du HCR à Djibouti.
Le pays accueille déjà quelque 36.000 réfugiés, principalement originaires de Somalie et d’Éthiopie. Le gouvernement se prépare désormais à l’arrivée potentielle de 10.000 réfugiés supplémentaires, ce qui pourrait mettre à rude épreuve les services de santé et d’éducation.
Les autorités du Somaliland et du Puntland signalent également une hausse des arrivées en provenance du Yémen, notamment de réfugiés yéménites et de réfugiés somaliens de retour dans leur pays.
Le HCR se prépare à une éventuelle augmentation de ces mouvements à partir de la mi-octobre, lorsque les conditions maritimes devraient s’améliorer.
Une professionnelle de la santé examine des enfants pour déceler des signes de malnutrition dans un camp de réfugiés à Obock, à Djibouti.
Une aide humanitaire de plus en plus difficile à acheminer
Au Yémen, cette nouvelle flambée de violence intervient alors que l’aide humanitaire est déjà confrontée à des obstacles majeurs.
Alessandra Vellucci, directrice du Service d’information de l’ONU à Genève, a décrit la situation comme une « crise s’ajoutant à de multiples crises ».
L’acheminement de l’aide dans les zones contrôlées par les Houthis est devenu « intenable », a-t-elle averti, alors que du personnel des Nations Unies est détenu et que des locaux de l’Organisation ont été occupés.
« À ce jour, 73 membres du personnel onusien sont toujours détenus arbitrairement par les autorités de facto houthistes, certains d’entre eux depuis 2021 », a-t-elle précisé. Cinq anciens membres du personnel de l’ONU ainsi que des dizaines de membres d’ONG, de la société civile et de missions diplomatiques sont également détenus.
Les rebelles houthis contrôlent une grande partie du nord et de l’ouest du Yémen depuis des années. Le conflit qui les oppose aux forces gouvernementales soutenues par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite a repris il y a quelques semaines après une accalmie de plus de quatre ans.
Des fournitures d’aide humanitaire sont préparées en vue de leur distribution à des familles au Yémen (photo d’archives).
« Nos stocks seront épuisés très bientôt »
Face à l’urgence provoquée par la reprise des combats, l’OIM appelle la communauté internationale à renforcer rapidement son aide, notamment dans les domaines de l’alimentation, de l’hébergement, de la santé, de l’eau et de l’assainissement.
« Nos ressources sont très limitées et nos stocks seront épuisés très bientôt », a averti M. Issouif.
Sur le terrain, les conséquences sont déjà dramatiques. À Taïz, une femme déplacée accompagnée de quatre jeunes enfants a donné naissance à un bébé en plein air, sans abri ni soins médicaux. Sa famille a dû se protéger sous un morceau de bâche en plastique déchiré qui « leur couvrait à peine la tête ».
Avant cette dernière escalade, près de la moitié des quelque 41 millions d’habitants du Yémen avaient déjà besoin d’une aide humanitaire.
Le système de santé, lui aussi, est au bord de la rupture. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le pays fait face à « de multiples risques sanitaires concomitants », notamment le choléra, la rougeole, la dengue, la diphtérie, la malnutrition et les traumatismes.
Dans une évaluation réalisée avant la reprise des combats, l’OMS avait constaté que sur plus de 5.000 structures de santé, seules 60 fonctionnaient pleinement, a indiqué un porte-parole de l’agence, Tarik Jasarevic.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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