À peine quinze jours après la rentrée scolaire, plus de 1.000 alertes aériennes avaient déjà retenti à travers le pays, soit plus d’une centaine par jour.
« Personne ne les perçoit avec autant d’intensité et de profondeur que les enfants », a déclaré Ricardo Pires, porte-parole adjoint du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), s’adressant à des journalistes à Genève depuis le seuil de cette salle de classe.
« Une sirène d’alerte aérienne signifie qu’un cours de mathématiques s’interrompt en plein milieu. Les enfants quittent leur bureau pour se mettre à l’abri. Ils attendent la fin de l’alerte. Ils reviennent. Ils essaient de se concentrer à nouveau, et puis la sirène retentit. »
L’école sous les bombes
Pour M. Pires, cette réalité constitue une autre alerte, adressée cette fois à la communauté internationale.
« Après près de cinq ans de guerre en Ukraine, le droit des enfants à l’éducation reste menacé, avec des conséquences qui marqueront toute une génération », a-t-il averti.
Alors que l’invasion russe à grande échelle se poursuit, Soumy, ainsi que les régions de Mykolaïv et d’Odessa, compte parmi les territoires les plus durement touchés cette année.
Dans la région de Soumy, un établissement d’enseignement sur deux a été endommagé ou détruit par les combats.
Et à l’échelle nationale, le bilan est tout aussi lourd. Selon les autorités ukrainiennes, des centaines d’établissements scolaires supplémentaires ont été endommagés entre janvier et août de cette année, portant à plus de 4.200 le nombre total d’écoles et autres établissements d’enseignement touchés depuis le début de la guerre.
Des apprentissages sacrifiés
Mais les conséquences de la guerre ne se mesurent pas seulement en bâtiments détruits.
« Le prix à payer pour les enfants ne se mesure pas seulement en murs détruits, en cicatrices psychologiques et en sirènes assourdissantes », a souligné M. Pires.
Les évaluations de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) montrent qu’une proportion importante des jeunes Ukrainiens de 15 ans n’atteint pas le niveau de compétence jugé suffisant en sciences, en mathématiques et en lecture.
« Cela restreint leurs possibilités de poursuivre des études, d’accéder à des emplois qualifiés et de participer pleinement à la vie en société à l’âge adulte », a-t-il expliqué.
Pour autant, l’UNICEF souligne la capacité du système éducatif ukrainien à tenir malgré la guerre.
« Malgré la guerre, l’Ukraine a fait preuve d’une résilience incroyable en maintenant le système éducatif à flot, comme en témoigne la stabilité des résultats entre 2022 et 2025 », a déclaré M. Pires. « Toutefois, comme nous ne cessons de le répéter, les enfants en Ukraine ont besoin de la paix pour pouvoir apprendre correctement. »
4,2 millions d’enfants à l’école
À Soumy, l’UNICEF a contribué à transformer 22 abris en espaces scolaires, dont celui depuis lequel M. Pires s’exprimait. L’établissement peut accueillir environ 300 élèves.
À travers l’Ukraine, près de 4,2 millions d’enfants, ainsi que plus de 366.000 enseignants, ont repris le chemin de l’école ce mois-ci.
Mais une partie importante des élèves dépend toujours d’un enseignement hybride ou entièrement en ligne. Près de la moitié des enfants en âge préscolaire sont également privés d’un accès régulier à l’éducation et aux services d’accueil.
L’hiver, nouvelle menace
À ces difficultés s’ajoute l’arrivée de l’hiver.
Les attaques contre les infrastructures énergétiques pourraient perturber une nouvelle fois l’approvisionnement des écoles en électricité et en chauffage.
« L’année dernière, près de deux millions d’enfants ont souffert de conditions hivernales extrêmes après s’être retrouvés sans chauffage, sans électricité ni eau », a rappelé M. Pires.
Les coupures de courant ont également perturbé l’enseignement en ligne, avec un impact particulièrement fort dans les zones proches de la ligne de front, comme Soumy.
Pour cet hiver, l’UNICEF prévoit d’aider trois millions de personnes, dont 540.000 enfants.
L’agence veut notamment permettre à 375.000 élèves de poursuivre leur apprentissage, en réparant les systèmes de chauffage, en fournissant des sources d’énergie de secours aux écoles, en réhabilitant les abris scolaires et en soutenant les programmes de rattrapage.
« Nous mettons tout en œuvre pour que les enfants puissent continuer à apprendre, mais aucun soutien ne saurait protéger leur éducation des conséquences des attaques incessantes », a conclu M. Pires.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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