Entre 2019 et 2025, la proportion de travailleurs domestiques occupant un emploi informel a diminué ou est restée stable dans 91 des 140 pays pour lesquels des données comparables sont disponibles. Ces pays regroupent près de 70 % des travailleurs domestiques dans le monde. Dans les 49 autres pays, qui représentent environ 30 % de cette main-d’œuvre, l’informalité a progressé.
Ces évolutions n’ont toutefois pas suffi à inverser la tendance mondiale. Le nombre de travailleurs domestiques en situation d’emploi informel a augmenté de 5,1 millions depuis 2019, pour atteindre 66,5 millions de personnes.
« Les progrès réalisés dans de nombreux pays montrent que le changement est possible. Mais alors que les salaires des travailleurs domestiques accusent un retard croissant par rapport à ceux des autres salariés, il reste encore beaucoup à faire », a déclaré Patrick Belser, chef du Département du travail informel de l’OIT.
Une employée de maison balaie la rue dans un quartier de Delhi, en Inde.
L’informalité reste largement répandue
Le travail domestique représente 2,2 % de l’emploi total et 4,4 % de l’emploi salarié dans le monde. Quinze ans après l’adoption de la convention no 189 de l’OIT sur les travailleuses et travailleurs domestiques, le secteur continue de faire face à d’importants défis en matière de formalisation de l’emploi et d’accès aux droits sociaux.
L’Asie et le Pacifique concentrent 40,2 millions de travailleurs domestiques, soit environ la moitié du total mondial.
L’Afrique a enregistré la plus forte progression des effectifs entre 2019 et 2025, avec 4,2 millions de travailleurs domestiques supplémentaires. Dans cette région, 93,3 % d’entre eux occupent un emploi informel. La situation est également particulièrement préoccupante dans les États arabes, où l’informalité est presque généralisée.
L’Europe et l’Asie centrale affichent le taux d’emploi informel le plus faible, mais plus d’un travailleur domestique sur trois y exerce encore dans ces conditions. Les Amériques restent, quant à elles, la grande région où les femmes sont les plus nombreuses parmi les travailleurs domestiques.
Des salaires bien inférieurs à ceux des autres salariés
Ménage, cuisine, garde d’enfants et accompagnement des personnes âgées ou handicapées : les travailleurs domestiques assurent des services indispensables au fonctionnement des foyers et de la société. Pourtant, leur travail demeure largement sous-valorisé.
Selon l’OIT, ils perçoivent en moyenne l’équivalent de 53 % du salaire mensuel moyen des autres salariés. Pour ceux qui travaillent dans l’informalité, cette proportion tombe à 48 %.
L’écart salarial relatif s’est creusé depuis 2019, lorsque les travailleurs domestiques gagnaient en moyenne 56 % du salaire mensuel des autres salariés. Cette évolution ne signifie pas nécessairement que leurs rémunérations ont baissé : dans de nombreux pays, elles ont augmenté, mais moins rapidement que celles des autres salariés.
Les longues journées de travail restent également fréquentes. Plus de 35 % des travailleurs domestiques travaillent au moins 49 heures par semaine, dont 14 % effectuent 60 heures ou plus.
Les femmes sont particulièrement désavantagées. Elles représentent 77 % de la main-d’œuvre du secteur et perçoivent en moyenne un salaire équivalant à 48 % de celui des autres salariés, contre 65 % pour les hommes employés comme travailleurs domestiques.
Face à ces inégalités, l’OIT appelle à accélérer la formalisation de l’emploi, à garantir des salaires décents, à étendre la couverture sociale et à mieux faire respecter les droits du travail. L’organisation souligne également l’urgence d’améliorer les conditions d’emploi dans un contexte marqué par les mutations démographiques, les migrations, les évolutions technologiques et l’augmentation des besoins en soins.
« Nous devons garantir à tous les travailleurs domestiques des salaires équitables, une sécurité sociale, des conditions de travail décentes et une protection effective », a insisté M. Belser.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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