L’essai doit permettre d’évaluer la sécurité, l’efficacité et l’immunogénicité de ces candidats-vaccins. Ce dernier terme désigne la capacité d’un vaccin à déclencher une réponse immunitaire chez les personnes vaccinées.

Le protocole repose sur une stratégie de vaccination en anneau, qui consiste à vacciner les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés et considérées comme présentant un risque élevé d’infection. Selon l’OMS, l’essai sera conduit dans le respect des exigences scientifiques et éthiques, avec une attention particulière portée à la transparence, au consentement éclairé des participants et à l’implication des communautés locales.

Deux candidats-vaccins spécifiquement conçus contre le virus de Bundibugyo devraient être intégrés à l’essai. Ils font actuellement l’objet d’études cliniques préliminaires à petite échelle. L’essai est mené par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), l’organisme public congolais chargé notamment de la recherche biomédicale et de la santé publique.

L’essai vaccinal suscite l’intérêt de la population

L’essai suscite un intérêt croissant au sein de la population. « Des membres de la communauté se présentent déjà sur le site pour demander à être recrutés, ce qui souligne le besoin urgent d’un vaccin efficace », a déclaré depuis Bunia la Dre Meg Doherty, directrice du Département des sciences pour la santé de l’OMS.

Sur le terrain, des « cercles » de personnes exposées au virus sont progressivement constitués. Ils regroupent notamment les proches de patients atteints d’Ebola et les personnes susceptibles d’avoir été contaminées par d’autres voies. Deux cercles sont déjà opérationnels cette semaine et plusieurs autres sont en préparation, selon l’OMS.

Les autorités sanitaires cherchent désormais à élargir progressivement le dispositif. « Nous réfléchissons déjà à la manière de passer d’un site à plusieurs sites en nous appuyant sur des équipes de sensibilisation communautaire », a précisé la Dre Doherty.

Les deux co-investigateurs principaux, le Dr Hugo Kavunga, de l’INRB, et le Dr Jean-Pierre Van Geertruyden, de l’Université d’Anvers, sont chargés de conduire l’essai dans des délais rapides, tout en garantissant la qualité scientifique des travaux et la participation des communautés concernées.

Des résultats attendus d’ici plusieurs mois

L’OMS ne sait pas encore avec certitude quand les premiers résultats seront disponibles, mais estime que cela pourrait prendre plusieurs mois. Ces données doivent permettre aux autorités sanitaires de déterminer si les candidats-vaccins peuvent être utilisés contre l’épidémie actuelle et pour prévenir de futures flambées.

La vaccination en anneau avait déjà été utilisée en Guinée en 2015, lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Elle avait contribué à établir l’efficacité du vaccin Ervebo contre le virus Ebola de l’espèce Zaïre, une efficacité qui reste incertaine contre le virus de Bundibugyo.

Par ailleurs, deux groupes consultatifs techniques réunis par l’OMS ont examiné la semaine dernière les données disponibles sur deux candidats-vaccins spécifiquement développés contre le virus de Bundibugyo. Le premier, le ChAdOx1, a été mis au point par l’Université d’Oxford en partenariat avec le Serum Institute of India. Le second, le mRNA-1469, a été développé par Moderna. Leurs recommandations sont attendues cette semaine.

© OCHA / Ramatoulaye Moussa Maz
Des membres d’une équipe communautaire se préparent à procéder à l’inhumation d’une personne décédée d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Plus de 10 000 cas, près de 5 000 décès

L’ampleur de l’épidémie souligne l’urgence de la riposte sanitaire. Selon les autorités sanitaires congolaises, le pays comptait, au 25 octobre, 10 060 cas confirmés et 4 887 décès, soit un taux de létalité de 48,6 %. Au total, 2 684 personnes ont guéri.

La province de l’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie, avec 7 211 cas confirmés et 3 370 décès, soit plus de 71 % des cas recensés dans le pays. Le Nord-Kivu fait également partie des provinces les plus touchées, avec 2 309 cas et 1 293 décès, pour un taux de létalité de 56 %.

Depuis le début de l’épidémie en mai dernier, 66 zones de santé réparties dans huit provinces ont été touchées. Par son ampleur, cette flambée figure parmi les plus importantes jamais enregistrées en Afrique.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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