Présentant un nouveau point sur la mise en œuvre de la résolution 2118 (2013), qui exige l’élimination du programme d’armes chimiques syrien, Mme Nakamitsu a salué les « progrès significatifs » réalisés ces derniers mois, notamment grâce à une coopération accrue entre les autorités syriennes et le Secrétariat technique de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Un tournant est intervenu après le déploiement d’équipes de l’OIAC en mai, qui ont permis de découvrir des armes chimiques jusque-là non déclarées. En juin, Damas a ainsi soumis des amendements à sa déclaration initiale, reconnaissant notamment l’existence d’une installation supplémentaire de production d’armes chimiques, d’un produit chimique nouvellement découvert utilisé dans la fabrication d’agents neurotoxiques et de munitions chimiques vides.

Deux installations de stockage contenant les matériaux nouvellement identifiés ont également été déclarées. Une équipe de l’OIAC s’est rendue en août sur l’un de ces sites afin de vérifier les informations fournies par les autorités syriennes.

42 bombes détruites

Pour Izumi Nakamitsu, ces avancées permettent désormais de passer à une nouvelle phase.

« Grâce à ces récentes avancées, la République arabe syrienne dispose des accords et des approbations nécessaires pour entamer les activités de destruction, sous la vérification du Secrétariat technique de l’OIAC », a-t-elle expliqué.

En août, l’OIAC a déployé une équipe chargée de vérifier la destruction d’armes chimiques de catégorie 3. Elle a confirmé que les inventaires correspondaient aux nouvelles déclarations syriennes et constaté la « destruction irréversible » de 42 bombes aériennes.

Il s’agit, selon Mme Nakamitsu, d’une avancée particulièrement importante : « pour la première fois depuis 2014, l’OIAC a vérifié la destruction de munitions chimiques provenant de la République arabe syrienne ». Elle a également salué la décision prise en juillet par le Conseil exécutif de l’OIAC de rétablir les droits et privilèges de la Syrie au titre de la Convention sur les armes chimiques, à la lumière des progrès accomplis.

19 questions encore en suspens

La Haute-Représentante a toutefois souligné que le processus est loin d’être achevé. Sur les 26 questions soulevées concernant la déclaration initiale de la Syrie, 19 restent encore sans réponse. Elles portent notamment sur des quantités potentiellement importantes d’agents de guerre chimique et de munitions qui n’avaient pas été déclarés.

Mme Nakamitsu a donc insisté sur la nécessité de maintenir l’élan actuel et de poursuivre la coopération avec l’OIAC afin de résoudre ces questions « sur une base technique, professionnelle et objective ».

Plusieurs membres du Conseil ont également rappelé l’importance de faire progresser l’établissement des responsabilités pour les attaques chimiques commises pendant le conflit syrien. Le Royaume-Uni a notamment évoqué l’attaque de la Ghouta en 2013, qui avait fait plus de 1 400 morts, selon sa délégation. La Syrie a pour sa part annoncé la tenue prochaine d’une première audience judiciaire consacrée à l’utilisation d’armes chimiques.

La réunion a néanmoins fait apparaître de profondes divergences sur le rôle de l’OIAC. La Russie et la Chine ont accusé son Secrétariat technique de politiser son travail et contesté certaines de ses fonctions d’établissement des responsabilités. Moscou a appelé à une méthodologie davantage fondée sur des preuves vérifiées, tandis que Pékin a demandé que l’OIAC reste strictement dans le cadre technique de son mandat.

Les conditions de sécurité constituent également un obstacle. La Syrie a affirmé que les frappes israéliennes sur son territoire avaient déjà conduit à la suspension d’opérations de destruction et mis en danger des sites et des équipes de l’OIAC. Plusieurs délégations ont exprimé des préoccupations similaires, avertissant notamment des risques que des frappes puissent libérer des produits toxiques ou détruire des éléments de preuve essentiels.

Pour Mme Nakamitsu, l’enjeu est désormais de consolider les progrès accomplis tout en poursuivant méthodiquement le travail nécessaire pour que toutes les questions encore ouvertes soient résolues et que l’élimination du programme chimique syrien puisse enfin avancer de manière vérifiable.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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