Les débats au Conseil ont été marqués par un échange vif entre le Rwanda et la RDC, chacun accusant l’autre de violations des engagements pris. Les divergences restent en effet profondes : la RDC exige le retrait immédiat des troupes rwandaises, tandis que le Rwanda met en avant la menace du groupe armé des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Plusieurs délégations ont appelé, lors de la réunion, à un cessez-le-feu vérifiable et à la mise en œuvre des accords de paix de Washington et de Doha.

Huang Xia, Envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, fait le point devant le Conseil de sécurité sur la situation dans la région des Grands Lacs.

Erosion de la confiance

Dans son exposé, Huang Xia a pointé l’érosion de la confiance entre acteurs de la région qui entrave la concrétisation des engagements politiques. « Depuis mon exposé en octobre dernier, si la région a connu une intensification notable des initiatives diplomatiques, la situation sécuritaire et humanitaire s’est détériorée de façon préoccupante », a-t-il dit.

Ces initiatives diplomatiques incluent la signature des Accords de Washington le 4 décembre 2025 et la reprise des négociations à Washington, les 17 et 18 mars, après la prise temporaire d’Uvira, au Sud-Kivu, par le groupe armé M23 en décembre ; l’établissement du Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez‑le‑feu et l’adoption des termes de référence du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus à Doha ; la reprise, cette semaine, des pourparlers de Doha entre les représentants du gouvernement de la RDC et ceux de l’AFC/M23, co-facilités par le Qatar et les États-Unis ; et au niveau continental, les efforts africains se sont intensifiés autour du Médiateur de l’Union africaine.

Malgré ces efforts, a tempéré l’Envoyé spécial, les violences ont pris une dimension nouvelle, marquée par l’utilisation croissante de technologies militaires avancées : attaques de drones, brouillage et spoofing GPS, bombardements. 

La mort tragique d’une employée du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) le 11 mars à Goma, dans la province du Nord-Kivu, en offre un rappel douloureux, a-t-il estimé.

« Ce Conseil ne peut se permettre de voir se reproduire un cycle de violence qu’il examine depuis trop longtemps. La mise en œuvre intégrale des résolutions 2773 (2025) et 2808 (2025) est urgente », a-t-il affirmé.

Dans ce contexte, M. Xia a demandé l’appui du Conseil pour exiger des parties au conflit des avancées concrètes.

Selon lui, la priorité immédiate est l’instauration d’un cessez-le-feu effectif, vérifiable et pleinement respecté. Sa crédibilité dépend de l’opérationnalisation complète du Mécanisme de surveillance et du Mécanisme de vérification, dont les fonctions de surveillance, de vérification et de rapport sont essentielles pour rétablir une dynamique de désescalade.

Sima Sami Bahous, Directrice exécutive d’ONU Femmes, informe le Conseil de sécurité de la situation dans la région des Grands Lacs lors d’une réunion.

Impliquer les femmes

De son côté, la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Sima Bahous, a avancé que la paix en RDC ne sera assurée que lorsque les femmes ne seront plus considérées comme des victimes collatérales, ni leurs corps comme des butins de guerre, mais comme des actrices autonomes au service de la stabilité, de la responsabilité et de la paix. 

« Sans sécurité, les femmes ne peuvent exercer leur leadership, et sans leur leadership, les efforts de paix et de relèvement sont voués à l’échec », a-t-elle dit.

Selon elle, il en va de même pour l’ensemble de la région.  

Mme Bahous a formulé trois demandes au Conseil de sécurité. Elle a réclamé une représentation égale des femmes dans les efforts de rétablissement de la paix en RDC et dans l’ensemble de la région.

Elle a relevé que les Accords de Washington sont totalement muets sur la place des femmes, sur les questions de genre et même sur les violences sexuelles qui constituent à la fois une caractéristique emblématique et un facteur déterminant du conflit.  

Elle a appelé à protéger la mission de paix de l’ONU, la MONUSCO, ainsi que son mandat essentiel en RDC. Elle a cité le fait que des militantes et des défenseures des droits humains ont bénéficié de sa protection ou encore le fait que les Casques bleus adaptent leurs patrouilles en fonction des alertes reçues de la part de femmes locales.

Mme Bahous a réclamé un soutien aux organisations de la société civile dirigées par des femmes et une protection de l’espace civique. « Nous pourrions autonomiser des milliers de femmes actrices de la paix dans la région des Grands Lacs, à un coût bien inférieur aux dépenses militaires, et obtenir des résultats nettement supérieurs », a-t-elle dit.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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