Dans les zones les plus reculées, des familles confrontées à la faim et aux déplacements vivent parfois loin des centres de traitement. Pour le PAM, répondre à leurs besoins alimentaires essentiels est indispensable pour leur permettre de se protéger contre le virus et d’accéder aux soins.

« Ebola est une crise sanitaire, cela ne fait aucun doute », a déclaré à ONU Info David Stevenson, directeur du PAM en RDC. « Mais en même temps, puisque l’épidémie sévit dans l’est du Congo — une région tragiquement touchée par les conflits, l’insécurité alimentaire et les déplacements de population — une approche globale est nécessaire. »

Au bord de la famine

L’est de la RDC est depuis des années confronté à l’instabilité, aux violences et aux déplacements de population. Le pays, où le virus Ebola a été découvert il y a près d’un demi-siècle, a connu 17 épidémies.

L’actuelle flambée, déclarée le 15 mai et provoquée par la rare souche Bundibugyo, s’est propagée à un rythme sans précédent. Plus de 5.500 cas et 2.642 décès ont été enregistrés au cours des 100 premiers jours.

Dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie, David Stevenson a pu mesurer les conséquences de plusieurs années de conflit et de déplacements sur les communautés.

Plus de 500.000 personnes y sont confrontées à une situation d’insécurité alimentaire aiguë de niveau 4 du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), qui compte cinq niveaux

« C’est un niveau juste en dessous de la mortalité due à la famine », souligne-t-il.

La faim complique la lutte contre Ebola

Pour le responsable du PAM, cette situation rend la réponse sanitaire encore plus difficile.

« Si vous ne pouvez pas nourrir votre famille, il est très difficile de respecter les protocoles sanitaires, pourtant si nécessaires à l’heure actuelle », explique-t-il. « On ne peut pas espérer que les gens modifient leurs comportements et adhèrent aux mesures nécessaires pour lutter contre Ebola s’ils ne disposent pas des moyens élémentaires pour se nourrir ; cela ne fonctionnera pas. »

Alors que l’épidémie progresse plus rapidement que la réponse, il faut donc s’attaquer aux vulnérabilités qui favorisent sa propagation. Cela signifie, selon David Stevenson, que l’aide alimentaire doit devenir « partie intégrante de l’approche communautaire ».

Le PAM appelle notamment à construire davantage de centres de traitement, à mobiliser des ressources supplémentaires et à acheminer l’aide jusque dans les zones rurales les plus isolées.

Une tâche particulièrement difficile dans une région où les routes sont souvent impraticables. Malgré ces obstacles logistiques, le PAM affirme parvenir à maintenir ses livraisons.

« Nous avons besoin de soutien dès maintenant »

La réponse à Ebola fait partie des opérations prioritaires du PAM, aux côtés de celles menées notamment en Ukraine, à Gaza, au Soudan et au Soudan du Sud.

Mais David Stevenson déplore l’insuffisance du financement consacré à l’aide alimentaire en RDC.

« Je suis sidéré de constater que la communauté internationale n’apporte pas le soutien direct nécessaire à l’aide alimentaire, indispensable pour mettre fin collectivement à l’épidémie d’Ebola », déclare-t-il.

« Compte tenu de l’ampleur du défi, il est de mon devoir de lancer un appel très clair : nous avons besoin de soutien dès maintenant. »

© PAM/Michael Castofas
Des employés du PAM et de partenaires gèrent des caisses de fournitures sur un site logistique en RDC pendant l’épidémie d’Ebola.

Nourrir pour mieux soigner

Lors d’une récente visite dans un centre de traitement contre Ebola, le responsable du PAM a également constaté les bénéfices d’une prise en charge combinant soins médicaux et nutrition.

Il y a rencontré une femme affichant « un sourire radieux ». Guérie d’Ebola, elle s’apprêtait à rentrer chez elle.

Pour David Stevenson, son rétablissement illustre l’importance d’une réponse qui ne sépare pas santé et alimentation.

« La majorité des personnes touchées par Ebola n’atteignent jamais un centre de traitement ; d’où la nécessité pour nous d’aider à en construire davantage », explique-t-il.

Mais les soins ne suffisent pas toujours. « Il est évident que cette femme a guéri d’Ebola non seulement grâce aux soins médicaux reçus, mais aussi grâce à une bonne nutrition et à l’aide alimentaire, des éléments essentiels pour les personnes touchées », ajoute-t-il.

Pour le PAM, cette approche doit désormais être étendue à l’ensemble des communautés affectées.

« Cette logique s’applique à l’ensemble de la province et à toute la région touchée par Ebola : il faut mettre en place un programme global incluant l’aide alimentaire », affirme David Stevenson. « Je pense que ce point est désormais mieux compris, mais qu’il nécessite davantage de moyens. »

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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