Le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a exprimé la profonde préoccupation de l’Organisation face à la nouvelle escalade et rappelé l’obligation de protéger les civils et les infrastructures essentielles.

« Une désescalade immédiate est indispensable. Rappelons qu’en tout conflit, la protection des civils et des biens de caractère civil est cruciale. Les infrastructures vitales dont dépend la survie des civils, notamment les hôpitaux et les installations d’approvisionnement en eau, doivent être épargnées. Toutes les parties doivent respecter leurs obligations au titre du droit international humanitaire, y compris les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution », a déclaré M. Dujarric lors de son point de presse quotidien.

Le porte-parole s’est également dit « très préoccupé » par les informations faisant état de nouvelles menaces proférées par les Houthis au Yémen à l’encontre de l’Arabie saoudite et de la liberté de navigation, ainsi que par le risque d’une escalade régionale encore plus large.

« Nous appelons à une désescalade immédiate. Nous exhortons toutes les parties à régler leurs différends par le dialogue et la diplomatie », a-t-il déclaré. « Nous réaffirmons que la résolution 2722 (2024) du Conseil de sécurité, ainsi que les résolutions ultérieures relatives aux attaques houthies contre des navires marchands et commerciaux, doivent être pleinement respectées ».

Des conséquences humanitaires qui s’aggravent

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte de son côté sur les conséquences humanitaires de cette nouvelle flambée de violence. Selon l’agence onusienne, les affrontements ont déjà fait des dizaines de morts et des centaines de blessés, tandis que des infrastructures civiles indispensables sont directement touchées, des hôpitaux aux réseaux d’approvisionnement en eau.

En Iran, les conséquences humanitaires des bombardements continuent de s’aggraver. D’après le ministère de la Santé et de l’Enseignement médical, les frappes ont fait 50 morts et plus de 500 blessés depuis le début du mois, parmi lesquels cinq femmes et deux enfants tués, ainsi que 32 femmes et 18 enfants blessés.

Au-delà du bilan humain, les attaques affectent également les infrastructures vitales. Une usine de dessalement a été endommagée dans la province d’Hormozgan, privant des milliers de personnes d’eau potable. Des explosions à proximité de l’hôpital Baqaei, principal établissement de référence de la région, ont en outre contraint les autorités à évacuer des enfants atteints de cancer.

L’escalade gagne les pays du Golfe

Cette détérioration de la situation intervient alors que, selon des informations de presse, les États-Unis ont poursuivi leurs frappes contre l’Iran pour une neuvième nuit consécutive. Téhéran a, de son côté, lancé de nouvelles attaques contre plusieurs pays du Golfe et revendiqué l’attaque de deux pétroliers dans le détroit d’Ormuz.

Les conséquences se font déjà sentir dans plusieurs États voisins.

« Au Qatar, des éclats d’obus ont blessé cinq civils, dont un enfant. À Bahreïn, des civils ont également été blessés et des dépôts de carburant ont été pris pour cible », a indiqué sur le réseau social X Hanan Balkhy, Directrice régionale de l’OMS pour la Méditerranée orientale.

Le Koweït a également signalé des blessés et d’importants dégâts matériels après une frappe contre une installation pétrolière. D’autres attaques ont endommagé des centrales électriques et des usines de dessalement, faisant un blessé et mettant hors service plusieurs unités de production.

Face à la multiplication des attaques, l’OMS souligne que les frappes exercent une pression croissante sur les services d’urgence, fragilisent les systèmes de santé et menacent l’accès à l’eau potable.

Elle appelle toutes les parties à désamorcer immédiatement les tensions, à protéger les civils ainsi que les établissements de santé, et à garantir un accès continu aux soins, conformément au droit international humanitaire.

L’AIEA appelle à la retenue autour des sites nucléaires

Dans ce contexte, le Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a appelé dimanche à la « retenue militaire à proximité de tous les sites liés au nucléaire », après une attaque contre la centrale nucléaire en construction de Darkhovi, dans le sud-ouest de l’Iran, que Téhéran attribue aux États-Unis.

L’agence basée à Vienne a précisé sur X que le chantier, lancé en 2022, se trouvait encore à un stade précoce de construction et « ne contenait aucun matériau nucléaire lors de la dernière visite de l’AIEA ».

M. Grossi a réitéré son appel à éviter toute opération militaire à proximité des installations nucléaires. L’AIEA indique également avoir pris contact avec les autorités iraniennes et promet de communiquer davantage d’informations dès qu’elles seront disponibles.

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Le détroit d’Ormuz est une étroite voie navigable entre Oman et l’Iran par laquelle transite en temps de paix près d’un quart des livraisons mondiales de pétrole.

Le détroit d’Ormuz sous haute tension

Parallèlement, l’Organisation maritime internationale (OMI) juge la situation dans le détroit d’Ormuz « extrêmement préoccupante ».

Selon l’agence onusienne, les récentes attaques contre des navires dans et aux abords du détroit ont coûté la vie à au moins deux marins et fait plusieurs blessés.

« Il incombe à toutes les parties de faire preuve de retenue, d’éviter toute nouvelle escalade et de renouer le dialogue », a déclaré le Secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, à l’ouverture de la 12e session d’un sous-comité de l’organisation.

L’agence basée à Londres assure poursuivre ses échanges avec l’ensemble des parties concernées. « Je salue toute initiative susceptible de contribuer à une résolution pacifique et concrète de la crise actuelle, à condition qu’elle respecte pleinement la liberté de navigation et le droit international en vigueur », a insisté M. Dominguez.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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