« Mon test s’est révélé négatif. Je ne suis plus porteur du virus Ebola. » Une phrase qui sonne comme une délivrance.
Sur la vidéo de relayé par le compte X du bureau régional pour l’Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Justin Singo Nguma laisse éclater sa joie. Il esquisse quelques pas de danse avec les infirmières qui l’ont accompagné pendant dix jours. Dans une autre séquence, on le voit serrer ses proches dans les bras, le sourire large, celui d’un homme revenu de loin.
Le père de quatre enfants quitte le centre de traitement vivant et guéri. Mieux encore, il en ressort avec une conviction : raconter son histoire pour battre en brèche une peur tenace. « Oui, on peut survivre à Ebola. À condition de ne pas attendre ».
Quelques jours plus tôt, pourtant, rien ne laissait présager une telle issue. Une diarrhée sévère le terrasse. Les forces l’abandonnent. Contrairement à tant d’autres paralysés par les rumeurs, Justin ne s’enferme pas chez lui. Il appelle aussitôt la ligne d’assistance.
Une infirmière enregistre les informations concernant Justin Singo Nguma dans un centre de traitement d’Ebola.
La preuve par les guérisons
Une ambulance vient le chercher et le conduit vers un centre de traitement d’Ebola, où sa prise en charge débute immédiatement.
« Dès mon arrivée, le traitement a commencé. J’ai reçu des médicaments, des repas et tous les soins gratuitement », se souvient-il.
Son témoignage bouscule une idée tenace : celle selon laquelle entrer dans un centre de traitement d’Ebola reviendrait à signer son arrêt de mort. Or son parcours illustre l’importance d’une prise en charge précoce.
Grâce aux soins, notamment à la réhydratation et au traitement des symptômes, plus de 580 patients ont déjà guéri de la maladie en République démocratique du Congo, selon les données officielles des autorités sanitaires congolaises reprises par l’OMS.
La survie comme réponse aux rumeurs
Pour Justin Singo Nguma, la guérison ne suffit pas. Face aux rumeurs qui dissuadent encore certains malades de consulter, il veut convaincre par son propre parcours.
Justin Singo Nguma reçoit des soins, y compris des repas, dans sa tente d’isolement d’un centre de traitement Ebola.
« Beaucoup pensent qu’on n’entre pas vivant d’un centre de traitement d’Ebola. Je suis la preuve que c’est faux. Plus les soins commencent tôt, plus les chances de guérison sont élevées », fait-il valoir, appelant les personnes présentant des symptômes à consulter sans attendre afin d’augmenter leurs chances de survie.
« Si vous vous sentez mal, n’attendez pas chez vous. Rendez-vous immédiatement au centre de traitement d’Ebola. Plus tôt vous recevrez des soins, meilleures seront vos chances de guérison », insiste-t-il.
Le parcours de Justin Singo Nguma illustre l’un des principaux enjeux de la riposte : convaincre les malades de consulter dès les premiers symptômes, alors que l’épidémie continue de progresser dans plusieurs régions du pays.
L’Ituri, épicentre de l’épidémie
Depuis le début de l’épidémie d’Ebola Bundibugyo, la République démocratique du Congo a enregistré plus de 3.250 cas confirmés, dont plus de 1.400 décès. La maladie s’est propagée à 48 zones de santé réparties dans cinq provinces.
L’Ituri demeure de loin le principal foyer de l’épidémie, avec à elle seule 2.901 cas confirmés et 1.207 décès, soit près de 85 % des cas recensés à l’échelle nationale.
Selon l’OMS, les décès confirmés ont continué de se produire principalement en dehors des centres de traitement désignés, « dans les communautés », ce qui témoigne de retards persistants dans la détection des cas, l’orientation vers des soins spécialisés et l’accès à des soins adaptés.
Justin Singo Nguma retrouve les siens après sa guérison d’Ebola.
« La prédominance persistante des décès en dehors des centres de traitement désignés suggère que de nombreux patients ne sont toujours détectés qu’à un stade avancé de la maladie ou après leur décès, ce qui souligne la nécessité de renforcer la surveillance communautaire, d’améliorer la détection précoce et l’orientation depuis les établissements de santé périphériques, et d’élargir l’accès en temps opportun à des traitements spécialisés », souligne l’OMS dans son dernier rapport.
Détecter tôt pour sauver des vies
Ce constat met en lumière un autre défi majeur de la riposte : interrompre les chaînes de transmission avant qu’elles ne s’étendent au sein des communautés, un objectif que le suivi insuffisant des contacts et les faibles capacités de prévention des infections continuent d’entraver.
Pour y remédier, les autorités sanitaires et leurs partenaires renforcent la mobilisation communautaire, la sensibilisation, le signalement précoce des cas et le déploiement d’équipes spécialisées, notamment en Ituri, au Nord-Kivu et dans les provinces récemment touchées.
Comme le rappelle le Prof. Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, instaurer un climat de confiance avec les communautés et agir rapidement sont essentiels pour enrayer Ebola.
« Le signalement précoce des cas suspects et un traitement rapide sauvent des vies et contribuent à prévenir la propagation de la maladie. Nous travaillons avec les autorités sanitaires et nos partenaires pour élargir l’accès aux soins et renforcer l’engagement des communautés. »
Aujourd’hui, Justin Singo Nguma met son histoire au service de la lutte contre Ebola.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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