Toutefois, il est mis à rude épreuve depuis un certain temps et fait face à de multiples menaces qui compromettent gravement non seulement sa santé future, mais aussi l’avenir de l’humanité elle-même.

Quelque 550 experts issus de 86 pays ont consacré près de cinq ans à l’élaboration d’un rapport d’évaluation de 1 600 pages détaillant les défis auxquels l’océan est confronté. Ce document scientifique fournit les connaissances nécessaires à l’humanité pour protéger et préserver la planète.

Baptisé « World Ocean Assessment » (Évaluation mondiale des océans), ce rapport révèle les éléments suivants.

L’océan concerne tout le monde

  • L’océan façonne le quotidien de chacun, même pour ceux qui ne vivent pas dans des zones côtières.
  • Il stabilise le climat en absorbant la majeure partie de l’excès de chaleur de la planète ainsi que les gaz à effet de serre nocifs. Sans son effet régulateur, il faut s’attendre à des phénomènes météorologiques plus extrêmes, menaçant les systèmes alimentaires, les chaînes d’approvisionnement et les marchés de l’assurance.
  • Il constitue une source d’alimentation. Lorsque les stocks de poissons s’effondrent ou que les chaînes d’approvisionnement sont rompues en raison des impacts climatiques ou de la pêche illégale, les prix augmentent — non seulement pour les produits de la mer, mais aussi pour de nombreux autres aliments dépendant du commerce mondial et des économies côtières.
  • Il favorise la santé physique et mentale, fournit des médicaments et produit une part importante de l’oxygène que nous respirons.
  • L’océan soutient des milliers de milliards de dollars d’échanges commerciaux mondiaux, ainsi que le tourisme et l’emploi.
© Ocean Image Bank / Dipayan Bose
Un homme dans sa maison inondée au toit de tôle, dans un village côtier en Inde.

Des pressions croissantes

Les activités humaines transforment les écosystèmes marins. La population mondiale a atteint 8,2 milliards d’habitants en 2024, dont 37 % vivent à moins de 100 km des côtes.

Inévitablement, ce phénomène a concentré les activités humaines et économiques dans des zones côtières vulnérables, intensifiant l’exploitation des ressources naturelles, le développement des infrastructures, les rejets de déchets et la dégradation des habitats.

Parallèlement, les activités en mer s’intensifient : les parcs éoliens, les infrastructures pétrolières en eaux profondes ainsi que le déploiement croissant de câbles et de pipelines sous-marins modifient les habitats situés plus au large.

L’impact du changement climatique

Les données relatives au réchauffement des océans et à l’élévation du niveau de la mer sont alarmantes.

  • Le rythme d’élévation du niveau de la mer — dû à la fonte des calottes glaciaires et à la dilatation de l’eau sous l’effet de la hausse des températures — a doublé, passant d’un maximum de 1,9 mm/an avant 2015 à 4,3 mm/an en 2023.
  • Les températures en Arctique augmentent quatre fois plus vite que la moyenne mondiale.
  • Les zones hypoxiques (ou « zones mortes »), où le taux d’oxygène est si faible que la majeure partie de la vie marine ne peut y survivre, couvrent désormais 4,5 millions de km².
  • 16 % de l’augmentation totale de la température des océans enregistrée depuis 1955 a eu lieu après 2018.
© Ocean Image Bank/Vivek Mehra
Des cormorans de l’Antarctique.

La biodiversité décline

La vie marine subit de fortes pressions, comme en témoigne le recul d’environ 80 % des récifs coralliens des Caraïbes depuis les années 1970. Jusqu’à 90 % des récifs coralliens mondiaux pourraient disparaître si le réchauffement climatique dépasse 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

Les écosystèmes côtiers essentiels, tels que les mangroves et les herbiers marins, continuent de régresser.

Sous l’effet de la hausse des températures, les espèces — du plancton aux mammifères marins — migrent vers les pôles Nord et Sud, tandis que les espèces non indigènes se propagent plus aisément dans ces conditions environnementales modifiées.

La pollution est généralisée et en hausse

La pollution marine s’intensifie.

Chaque année, 52 millions de tonnes de déchets plastiques pénètrent dans l’océan, contribuant à la présence estimée de 24 000 milliards de particules de microplastiques ; on sait désormais que celles-ci affectent plus de 4 000 espèces marines.

La contamination chimique progresse également, avec plus de 4 000 composés issus de produits pharmaceutiques et de soins personnels détectés dans les eaux marines.

La bonne nouvelle ? Les niveaux de certains polluants persistants, comme le mercure, ont diminué dans quelques régions.

Des systèmes alimentaires océaniques menacés

Les systèmes alimentaires marins constituent une source vitale de nutrition et de moyens de subsistance, fournissant 20 % des protéines animales consommées par l’humanité.

L’aquaculture marine poursuit son expansion et représente désormais une industrie mondiale pesant 90 milliards de dollars. Par ailleurs, 121 millions de personnes pratiquent la pêche de loisir en mer, contribuant ainsi aux économies locales et au bien-être.

Toutefois, la stabilité de ces systèmes est de plus en plus menacée :

  • En 2021, 37 % des stocks de poissons faisaient l’objet d’une surexploitation.
  • La pêche illicite, non déclarée et non réglementée entraîne le prélèvement de 8 à 14 millions de tonnes de poissons par an, générant entre 9 et 17 milliards de dollars de revenus illicites.
  • Les épizooties, la pollution et les stress climatiques continuent de compromettre la viabilité à long terme de l’aquaculture marine et de la pêche.
© Ocean Image Bank/Naja Bertolt
Un banc de maquereaux rayés se nourrit de plastique qui flotte dans l’océan.

Une économie océanique vaste, mais pas encore durable

L’économie océanique est évaluée à 1 500 milliards de dollars par an et devrait dépasser les 3 000 milliards de dollars d’ici à 2030.

Le tourisme côtier et marin soutient 174 millions d’emplois.

Des efforts sont déployés pour comprendre les répercussions continues et la viabilité de la production pétrolière et gazière en mer, ainsi que du transport maritime, qui assure plus de 80 % du commerce mondial et contribue aux émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Gouvernance et connaissances

La coopération internationale en matière de gouvernance des océans prend de l’ampleur, mais la multiplicité des traités mondiaux relatifs à la protection des océans conduit à une approche fragmentée.

Parvenir à une économie océanique durable exige de l’équité ainsi qu’une prise en compte significative des connaissances et des pratiques traditionnelles des communautés autochtones. Sans elles, il sera plus difficile d’assurer la santé des océans, le bien-être des communautés et un développement durable et équitable.

D’importantes lacunes subsistent dans la connaissance des océans : à l’horizon 2025, seuls 27 % des fonds marins auront été cartographiés, laissant les écosystèmes des grands fonds, les processus biologiques et les impacts cumulatifs mal compris.

© Unsplash/Omar Eagle
L’élévation du niveau de la mer menace l’industrie du tourisme dans des endroits comme Sainte-Lucie, dans les Caraïbes.

Les solutions ne manquent pas

Malgré les pressions croissantes, des solutions existent, notamment les approches fondées sur la nature, la réduction des émissions et l’extension des zones marines protégées.

Toutefois, même une restauration complète des écosystèmes océaniques ne contribuerait qu’à hauteur d’environ 2 % à l’atteinte des objectifs mondiaux d’atténuation du changement climatique, ce qui souligne la nécessité d’un changement systémique.

La décennie à venir est décisive : sans une action mondiale rapide et coordonnée, la santé des océans continuera de se dégrader, menaçant la stabilité climatique, la résilience de la biodiversité, la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et le bien-être de milliards de personnes.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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