Ces ressources sont au cœur de la transition mondiale vers une énergie plus propre. Mais elles posent aussi un défi majeur : nombre d’entre elles se trouvent dans des pays fragilisés par les conflits, la pauvreté ou une gouvernance défaillante.

Pourquoi est-ce un enjeu ?

Lorsqu’elles sont mal gérées, les richesses minières peuvent alimenter la corruption, financer des groupes armés, favoriser les trafics illicites, dégrader l’environnement et laisser les populations locales à l’écart des bénéfices.

C’est cette contradiction qui a dominé, mercredi, un débat de haut niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ministres et diplomates ont cherché à répondre à une question devenue centrale :

Comment faire en sorte que la ruée vers les minéraux critiques accélère la transition énergétique sans alimenter les conflits ?

UN Photo/Loey Felipe
Le Secrétaire général António Guterres prend la parole lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur la gouvernance des ressources naturelles.

Ce qu’il faut retenir

Le débat a marqué une évolution notable de la perception des États membres. Les minéraux critiques ne sont plus seulement considérés comme un enjeu économique ou industriel, mais aussi comme une question de paix, de sécurité, de développement durable et de justice économique.

Un large consensus s’est dégagé : les ressources naturelles doivent profiter en priorité aux pays producteurs et aux communautés locales, plutôt que d’alimenter les conflits, les réseaux criminels ou une nouvelle forme d’exploitation.

Les principales déclarations

António Guterres, Secrétaire général de l’ONU

« Les pays et les communautés doivent être les premiers bénéficiaires des ressources situées sur leur propre territoire. »

« Fini l’exploitation. Fini le pillage. »

Chine

« Les pays ont le droit souverain de choisir en toute indépendance la voie du développement et de l’exploitation de leurs ressources naturelles. »

Colombie

« Nous ne pouvons permettre à cette région de supporter une fois de plus les coûts environnementaux et sociaux de l’extraction, tels que le colonialisme nous les a fait connaître. »

République démocratique du Congo

« Les ressources naturelles peuvent être le fondement d’une prospérité partagée ou le moteur de la prédation. Tout dépend de la manière dont elles sont gérées. »

Libéria

« Un diamant peut financer une salle de classe ou alimenter une milice. Une forêt peut faire vivre une communauté ou financer une guerre. La géologie ne choisit pas. C’est la gouvernance qui le fait. »

Pakistan

« L’importance stratégique des ressources naturelles s’accroît à mesure que le monde opère sa transition vers l’énergie propre, l’intelligence artificielle, la fabrication de pointe et les technologies numériques. »

Somalie

« Si la dimension sécuritaire est cruciale, la perspective africaine souligne également que les minéraux constituent un atout stratégique pour le développement, l’industrialisation et une prospérité partagée. »

Les grandes priorités mises en avant

  • Les minéraux critiques sont indispensables à la transition énergétique et aux technologies bas carbone.
  • Une gouvernance défaillante favorise les conflits en permettant aux groupes armés et aux réseaux criminels de tirer profit de l’exploitation illégale des ressources.
  • Les pays producteurs réclament davantage de valeur ajoutée sur leur territoire grâce à la transformation, au raffinage, à la création d’emplois et au développement industriel.
  • La transparence, la traçabilité et la responsabilité des chaînes d’approvisionnement sont jugées essentielles.
  • Les populations vivant dans les zones minières doivent bénéficier directement des retombées économiques tout en étant protégées contre les impacts sociaux et environnementaux.
  • La coopération internationale est nécessaire, dans le respect de la souveraineté des États sur leurs ressources naturelles.
© OIT/Richard Lord
Des travailleurs d’une mine en République démocratique du Congo chargent à la pelle de la terre contenant du minerai dans des caisses.

Des décisions concrètes ?

Le Conseil de sécurité n’a adopté ni résolution, ni déclaration présidentielle, ni plan d’action contraignant.

En revanche, le débat a fait apparaître une convergence politique sur les principes d’une gouvernance plus responsable des ressources naturelles.

À l’initiative de la République démocratique du Congo, qui présidait le Conseil, les États membres ont été invités à soutenir la création d’un « Groupe d’amis sur la gouvernance des ressources naturelles ».

Ce mécanisme rassemblerait des États membres, les Nations Unies, des organisations régionales, des institutions financières internationales, des pays producteurs et consommateurs, le secteur privé responsable et la société civile. Son objectif serait de maintenir un dialogue permanent, d’échanger les bonnes pratiques, de renforcer les mécanismes existants et de formuler progressivement des propositions afin de mieux intégrer les enjeux liés aux ressources naturelles dans les travaux de l’ONU.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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