Dans une déclaration à la presse, les membres du Conseil ont exhorté les dirigeants libyens à saisir cette opportunité et à passer rapidement à la mise en œuvre de l’accord conclu le 30 août dans le cadre du « Smaller Convening », un processus de dialogue facilité par la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL).
L’accord prévoit notamment la reconstitution du conseil d’administration de la Haute Commission électorale nationale libyenne et des modifications du cadre juridique régissant les élections législatives et présidentielle. Celles-ci doivent se tenir dans un délai de deux ans, sous l’égide d’un gouvernement unique et unifié.
Deux obstacles majeurs levés
Le compromis permet de débloquer deux des principaux dossiers qui entravaient depuis des années la préparation du scrutin.
Le premier concerne la composition de l’organe dirigeant de la commission électorale, avec l’objectif d’assurer une représentation des trois régions historiques de la Libye.
Le second porte sur la règle qui liait jusqu’ici la réussite des élections législatives à celle de l’élection présidentielle, créant un risque de blocage de l’ensemble du processus.
Plutôt que de mener des discussions séparées avec les deux institutions législatives rivales, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la Libye et cheffe de la MANUL, Hannah Tetteh, a réuni autour de la même table des représentants du Gouvernement d’unité nationale basé à Tripoli, du commandement de l’Armée nationale libyenne dans l’est et des deux chambres parlementaires.
S’exprimant la semaine dernière auprès d’ONU Info, Mme Tetteh avait décrit l’accord comme un moyen d’« aplanir des difficultés qui faisaient obstacle depuis de nombreuses années ».
Selon elle, il offre également à la mission « une première occasion d’interagir davantage avec les parties prenantes libyennes […] et de renforcer la confiance dans le processus que nous cherchons à concrétiser avec elles ».
Une confiance encore fragile
Hanna S. Tetteh, Représentante spéciale du Secrétaire général pour la Libye.
Le Conseil de sécurité a réaffirmé son « soutien total » à la MANUL et à Mme Tetteh, tout en appelant les acteurs libyens à soutenir l’accord et à travailler à sa mise en œuvre.
Car le compromis politique ne suffit pas, à lui seul, à garantir la tenue d’élections crédibles.
« La confiance reste fragile », avait souligné Mme Tetteh, « non seulement entre les acteurs politiques, mais aussi au sein même de la population libyenne ».
Cette confiance est au cœur d’un dialogue structuré mené par la MANUL entre décembre 2025 et juin 2026, auquel ont participé 120 Libyens issus des différentes régions et communautés du pays.
Pour la Représentante spéciale, le principal défi consiste désormais à obtenir une adhésion suffisamment large de la population au processus électoral. Elle cite également la réunification des institutions militaires, sécuritaires et économiques, aujourd’hui fragmentées.
Un pays toujours divisé
La crise politique libyenne remonte à la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, qui a été suivie par l’effondrement des institutions, la fragmentation des structures de sécurité et une succession de luttes pour le pouvoir et la légitimité.
Le pays reste aujourd’hui divisé entre administrations rivales à l’ouest et à l’est, sur fond de présence de groupes armés et de rivalités pour le contrôle des ressources, notamment pétrolières.
Sur le plan sécuritaire, Mme Tetteh relève que les tensions entre groupes armés restent principalement concentrées dans l’ouest. Elle souligne toutefois que les dirigeants locaux de cette région ont jusqu’ici manifesté leur volonté de travailler avec la MANUL pour empêcher une nouvelle escalade.
La place des femmes en politique
La confiance dans le processus passe aussi par une participation politique inclusive.
Mme Tetteh s’est notamment inquiétée des discours de haine et du harcèlement en ligne visant les femmes libyennes engagées dans la vie publique, qu’elle estime destinés à « les intimider et à les empêcher d’exercer leurs droits ».
Les femmes représentaient 35 % des participants au dialogue structuré organisé par la MANUL. La Représentante spéciale appelle à renforcer les protections juridiques afin qu’elles puissent participer à la vie civique sans craindre les intimidations ou les violences.
« Nous ne sommes pas là pour nous substituer au peuple libyen », a-t-elle déclaré, « mais pour l’accompagner dans la concrétisation de ses aspirations politiques en faveur de la bonne gouvernance, de l’unité, de la paix et de la sécurité. »
Pour l’ONU, le compromis du 30 août constitue donc moins un aboutissement qu’un test décisif pour la classe politique libyenne : transformer un accord durement négocié en étapes concrètes vers des élections attendues depuis plus de dix ans.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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