Jeudi, l’étendue des destructions reste encore difficile à mesurer. Des centaines de personnes manquent toujours à l’appel au Népal et en Chine, après les torrents d’eau et de boue qui ont déferlé la veille sur plusieurs vallées de l’Himalaya, coupant certaines communautés du reste du monde.

Au Népal, au moins 359 personnes ont été tuées et des centaines sont toujours portées disparues, selon la police. En Chine, des centaines de personnes manquent également à l’appel et au moins trois décès ont été confirmés. Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivant, ces bilans sont susceptibles d’évoluer rapidement. Le bureau des Nations Unies dans le pays a fait état d’un nombre important de victimes et de dégâts dans la région autonome du Tibet. Au Népal, les districts de Rasuwa, Nuwakot et Dhading figurent parmi les plus durement touchés, avec des familles déplacées et des services essentiels interrompus.

Une première enveloppe de 2 millions de dollars a été débloquée par le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (CERF), « afin de sauver des vies grâce à des soins médicaux d’urgence, des abris et de l’eau », a annoncé sur X Tom Fletcher, le responsable des secours d’urgence de l’ONU. Ce dernier est également en contact avec les autorités népalaises et chinoises ainsi qu’avec les équipes des Nations Unies dans la région. Jeudi, il s’est notamment entretenu avec le ministre népalais des affaires étrangères, Shisir Khanal, auquel il a proposé le soutien de l’ONU et présenté ses condoléances.

Le bureau de l’ONU au Népal a quant à lui indiqué que « les agences des Nations Unies sont déployées dans les zones touchées avec de la nourriture, des fournitures médicales et du matériel de secours afin de soutenir l’intervention menée par le gouvernement, et se tiennent prêtes à en faire davantage ».

Des vallées coupées du monde

Le district de Rasuwa, à environ 80 kilomètres au nord de Katmandou, a été particulièrement éprouvé. Les localités de Timure, Rasuwagadhi et Syabrubesi ont notamment été touchées. Cette dernière se trouve aux portes de la vallée du Langtang, fréquentée par les randonneurs, les alpinistes et les pèlerins.

L’effondrement d’un glacier en haute altitude est évoqué parmi les causes possibles des inondations qui ont balayé des habitations, des routes et des ponts. Les circonstances exactes du désastre restent toutefois à établir.

L’une des difficultés immédiates consiste précisément à en mesurer l’étendue. Les équipes de secours doivent atteindre des communautés devenues inaccessibles par la route, tandis que les Nations Unies analysent des images satellites des secteurs sinistrés afin de repérer les destructions et d’orienter les opérations. Les difficultés d’accès, les coupures de communications et les contraintes logistiques compliquent les secours. De nombreuses routes et plusieurs ponts ayant été détruits, une grande partie des opérations doit désormais être menée par voie aérienne.

Les conséquences sont particulièrement lourdes pour les enfants : selon l’Unicef, au moins 17 000 d’entre eux ont été touchés au Népal. Dans les zones inondées, des familles ont perdu leur logement, leur approvisionnement en eau et leur accès aux soins.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a acheminé une trousse sanitaire d’urgence contenant suffisamment de médicaments et de matériel pour assurer des soins de base à 10 000 personnes. Six tentes polyvalentes ont également été envoyées afin de permettre le maintien de services de santé là où les infrastructures ont été endommagées.

« Ces fournitures sont destinées à soutenir les professionnels de santé en première ligne qui continuent à prodiguer des soins essentiels et à répondre aux besoins sanitaires immédiats des populations touchées », a expliqué l’OMS.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) devaient également commencer jeudi à déployer du personnel et des camions chargés de matériel de secours.

© OMS
Des travailleurs manipulent des piles de fournitures portant le logo de l’OMS à l’intérieur d’un vaste entrepôt, sous le regard de soldats postés à proximité.

Une région particulièrement vulnérable

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exprimé mercredi sa solidarité avec les victimes et leurs familles. Le drame frappe une région déjà éprouvée à plusieurs reprises par des phénomènes naturels meurtriers.

En avril 2015, un séisme de magnitude 7,8 avait fait plus de 8 800 morts au Népal et dévasté de nombreuses communautés de montagne. En octobre 2025, des pluies torrentielles avaient encore provoqué des inondations et des glissements de terrain dans l’est et le centre du pays, touchant plus de 30 000 personnes.

Ces nouvelles inondations surviennent alors que l’ONU met en garde contre l’augmentation rapide des risques liés aux phénomènes extrêmes. Le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR) estime que le monde pourrait connaître 560 catastrophes de moyenne ou grande ampleur par an d’ici à 2030.

« Le nombre de catastrophes mondiales devrait augmenter de 40 % entre 2015 et 2030, sous l’effet du changement climatique et d’une sous-estimation systémique des risques », prévient l’agence.

Selon l’UNDRR, leur coût réel atteindrait déjà 2 290 milliards de dollars par an lorsque sont pris en compte, au-delà des destructions directement comptabilisées, les effets indirects et les dommages causés aux écosystèmes. Dans l’Himalaya, où les populations vivent au pied de glaciers, sur des versants instables et dans des vallées difficiles d’accès, les événements de cette semaine illustrent brutalement cette vulnérabilité.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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