Une caméra, une voix connue et un message sans détour. Le plaidoyer de Lokua Kanza tient en quelques mots, mais il vise juste : face à Ebola, chaque geste peut compter.

Dans un message vidéo diffusé sur le compte X du bureau de l’UNICEF en RDC, le chanteur invite la population à éviter les contacts à risque, à appliquer les mesures de prévention et à écouter les recommandations des professionnels de santé.

Une mobilisation qui transforme les stars en relais de santé publique, au moment où l’épidémie continue de tuer. Car « Ebola n’est pas qu’un mot », insiste le chanteur. Derrière le nom de la souche Bundibugyo, « c’est une réalité qui brise des vies, qui emporte des mères, des pères, des enfants trop tôt ». Une façon de rappeler que derrière chaque décès, il s’agit « d’une histoire interrompue, une famille plongée dans la douleur ».

Une épidémie hors de contrôle

Car les chiffres donnent la mesure de l’urgence. Au 25 août, la RDC recensait 5.713 cas confirmés et 2.744 décès et 1.269 patients guéris, pour un taux de létalité d’environ 48 %. Cinquante-huit zones de santé, réparties dans six provinces, sont touchées.

L’épidémie a désormais dépassé en nombre de décès celle de 2018-2020, jusque-là considérée comme la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays.

Lors d’une réunion en marge de la 76e session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique, Marie Roseline Belizaire, directrice des urgences de l’OMS en Afrique, a souligné mercredi que l’épidémie continuait de progresser. Si son rythme d’accélération a ralenti, la courbe épidémique ne s’est pas encore infléchie.

Dans ce contexte, la mobilisation des personnalités publiques constitue un relais supplémentaire pour les messages de santé publique. « Si vous présentez des symptômes, rendez-vous immédiatement dans le centre de santé le plus proche. Plus tôt la maladie est détectée, plus grandes sont les chances de guérison », rappelle Lokua Kanza, l’interprète de « Moko ».

© OMS/Joël Lumbala
L’Organisation mondiale de la Santé sensibilise la population en Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, sur les moyens de prévenir la propagation d’Ebola.

Quand la musique devient un outil de prévention

Le chanteur originaire de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, n’est pas le seul artiste à s’engager. En Ituri, épicentre de l’épidémie, le duo Wedy, formé par Sarah et Musa, avait déjà enregistré une chanson appelant la population à contribuer à freiner la propagation du virus.

Drigo Eboma a lui aussi consacré un titre à Ebola, exhortant la population à adopter les gestes de prévention. La chanson a été produite par la Bana Saint Jean Fondation.

La riposte s’étend également aux réseaux sociaux. Selon l’OMS, quinze influenceurs, comptant chacun plus de 100.000 abonnés, utilisent leurs plateformes pour sensibiliser les jeunes.

Les communautés religieuses et les relais locaux sont également mobilisés. À Aru, près de 50 leaders religieux ont été informés sur les mesures de prévention et la gestion des rumeurs. Les motards, particulièrement exposés parce qu’ils transportent des malades et des dépouilles, font eux aussi l’objet d’actions de sensibilisation.

Une mobilisation qui dépasse les frontières

Alors que les artistes congolais multiplient les messages de prévention, les appels à renforcer la riposte se font également entendre au-delà de la RDC.

Dimanche 23 août, le pape Léon XIV a appelé à intensifier la mobilisation internationale, en soulignant l’importance de la solidarité et du rôle des communautés locales.

Mardi, les présidents de la RDC, de l’Ouganda, de la République centrafricaine et du Burundi ont à leur tour appelé les partenaires à accélérer les financements destinés à la riposte, en demandant qu’ils soient rapides et traçables.

Sur le terrain comme dans les studios, la même urgence demeure : maintenir l’attention autour d’une épidémie qui continue de faire des victimes.

Pour Lokua Kanza, le message est clair : « Aujourd’hui, la lutte contre Ebola nécessite un engagement encore plus fort. Ensemble, mobilisons-nous pour mettre fin à Ebola. » La prévention devient ainsi une affaire de médecins, mais aussi d’artistes, d’influenceurs, de responsables religieux et de communautés entières. Face au virus Bundibugyo, la riposte se veut collective et sans répit.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

To submit your press release: (https://www.globaldiasporanews.com/pr).

To advertise on Global Diaspora News: (www.globaldiasporanews.com/ads).

Sign up to Global Diaspora News newsletter (https://www.globaldiasporanews.com/newsletter/) to start receiving updates and opportunities directly in your email inbox for free.