Dans le cadre de sa procédure d’alerte précoce et d’action urgente, le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) fait état d’une situation particulièrement préoccupante. Depuis le début de l’année, au moins quatre migrants auraient été tués et quelque 50.000 personnes déplacées de force par des civils et des groupes d’autodéfense.

Le Comité signale également des enlèvements, des pillages et la destruction de biens et d’entreprises appartenant à des migrants. Des propriétaires auraient par ailleurs procédé à des expulsions illégales.

Une haine qui gagne les réseaux sociaux

Les migrants, réfugiés et demandeurs d’asile sont aussi de plus en plus pris pour cible en ligne. Le CERD dénonce la diffusion sur les réseaux sociaux et Internet d’une rhétorique agressive, nourrie par des « stéréotypes préjudiciables ».

Deux organisations sont notamment citées par les experts : la Fondation Insizwa Nobunsizwa pour le développement et le mouvement March and March. Selon le Comité, leurs messages contribuent à propager des stéréotypes et des discours de haine qui « favorisent la stigmatisation et l’intolérance et créent un climat de peur et d’insécurité pour les migrants ».

La police est également dans le viseur du Comité, qui dénonce la persistance du profilage racial et le recours disproportionné à la force. De nombreuses victimes hésiteraient en outre à porter plainte, par crainte de représailles ou faute de connaître leurs droits.

Pour le CERD, cette flambée de violences doit être replacée dans un contexte de profondes fractures sociales. Les inégalités économiques et sociales héritées de l’apartheid, auxquelles s’ajoutent les retards administratifs dans la délivrance de documents d’identité et de visas, rendent les populations migrantes particulièrement vulnérables.

Pretoria appelé à agir

Le gouvernement sud-africain est désormais appelé à traduire ses condamnations en actes.

Le CERD a salué la déclaration du président Cyril Ramaphosa, le 7 juin, dans laquelle il condamnait les groupes d’autodéfense, la xénophobie, les crimes de haine et les violences contre les migrants. Le chef de l’État avait également rejeté l’idée de faire des migrants les boucs émissaires des difficultés socio-économiques du pays.

Mais pour le Comité, les condamnations ne suffisent pas. Pretoria doit s’attaquer aux causes profondes de la discrimination raciale et des discours de haine et prendre des mesures contre les groupes organisés qui se livrent à des actions de justice populaire, notamment en vue de leur démantèlement.

Les experts recommandent également une coopération renforcée avec les médias, les fournisseurs d’accès à Internet et les plateformes numériques afin de lutter contre les discours de haine en ligne.

Le CERD demande en outre à l’Afrique du Sud d’interdire le profilage racial et l’usage excessif de la force pour des motifs raciaux, tout en garantissant aux victimes des mécanismes accessibles pour signaler les abus.

Enfin, le Comité exhorte les autorités à mener des enquêtes « impartiales » sur les violences signalées : meurtres, pillages, enlèvements, expulsions illégales, contrôles d’identité abusifs et perquisitions visant des migrants.

Pour l’ONU, l’enjeu est désormais de passer de la condamnation à l’action afin de protéger les migrants et d’enrayer une dynamique de haine qui menace de s’enraciner davantage dans la société sud-africaine.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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