Selon l’ONU, l’épidémie progresse de manière « exponentielle » au Nord-Kivu, tandis que des signes d’amélioration apparaissent dans d’autres provinces.

Dans ce contexte, il est encore trop tôt pour affirmer que « nous avons passé le pic » de l’épidémie. « Il s’agit toujours d’une épidémie mortelle et de grande ampleur. Des progrès ont été enregistrés dans certaines zones, mais dans d’autres, nous continuons néanmoins à constater une augmentation du nombre de cas », a déclaré Julien Harneis, Coordonnateur spécial de l’ONU pour Ebola, lors d’un point de presse à Genève.

Dans l’ensemble, les premiers signes d’amélioration restent fragiles. La riposte devra donc être maintenue et renforcée, en s’appuyant sur les résultats déjà obtenus et en préservant l’élan nécessaire face à une crise qui restera « difficile, exigeante et gourmande en ressources pendant les nombreux mois à venir ».

© OCHA/Ramatoulaye Moussa Maz
Une femme traverse un camp de personnes déplacées dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo.

Situation épidémiologique hétérogène

Ainsi, dans l’ensemble de la RDC, l’épidémie reste intense et étendue géographiquement. Bien que la réponse ait été d’une ampleur sans précédent, l’épidémie continue de se propager.

Interrogé sur les informations selon lesquelles l’épidémie aurait atteint un tournant, Olivier le Polain, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré : « Il est trop tôt pour affirmer avec certitude que nous avons dépassé le pic ».

Samedi, les autorités sanitaires congolaises avaient avancé des « signes encourageants » dans la lutte contre Ebola depuis « le pic atteint à la mi-août » et que la transmission « ralentissait progressivement ».

« Dans l’ensemble, la transmission du virus (…) reste intense et géographiquement étendue », a détaillé l’OMS, établissant qu’au 12 septembre, « la RDC a signalé 7.200 cas et 3.475 décès répartis sur désormais sept provinces et 62 zones sanitaires ».

« Les tendances à l’échelle nationale ne reflètent pas les tendances au niveau provincial ou au niveau local », a souligné Olivier le Polain, chef de l’unité Épidémiologie et analyse pour les interventions de l’OMS.

Mais la situation épidémiologique reste hétérogène. « La situation est plutôt mixte. On a certains signes très initiaux d’une épidémie qui commence à fléchir dans certaines zones, mais qui augmente de manière exponentielle dans d’autres zones », a-t-il ajouté.

Par exemple, aucun nouveau cas confirmé n’a été signalé au Sud-Kivu depuis fin mai. Quelques signes précoces de réduction de la transmission sont aussi signalés dans certaines zones de la province d’Ituri, foyer de l’épidémie déclarée mi-mai où « la proportion de cas diminue avec le temps ». 

Inquiétudes au Nord-Kivu

Toutefois, l’OMS pointe des tendances qui augmentent « de manière importante, exponentielle au niveau du Nord-Kivu ». L’agence est inquiète de la situation dans des villes comme Butembo et Katwa, qui constituent en quelque sorte l’axe urbain central dans la partie nord du Nord-Kivu, ainsi que par Beni. 

Dans cette région, le nombre de cas hebdomadaires a presque doublé au cours des deux dernières semaines, passant d’environ 100 nouveaux cas par semaine à plus de 200. Le Nord-Kivu est la deuxième province la plus touchée, avec un nombre cumulé de 1.269 cas confirmés, dont 555 signalés au cours des 21 derniers jours, au 12 septembre. À cette même date, la province représentait près de 45 % de l’ensemble des cas signalés la semaine précédente.

La province du Tshopo rapporte par ailleurs des cas « sporadiques, principalement importés », alors que le Haut-Uélé présente une transmission locale plus établie, avec environ 30 à 40 nouveaux cas par semaine.

La confirmation, la semaine dernière, d’un nouveau cas au Sud-Ubangi « rappelle le risque d’une extension géographique de l’épidémie, dans un contexte de très forte mobilité de la population ». 

« Nous savons par expérience qu’une épidémie peut présenter des signes précoces d’amélioration, puis repartir assez rapidement », a insisté de son côté, le responsable de l’épidémiologie et de l’analyse pour la riposte au sein du Programme d’urgence sanitaire de l’OMS.

© PAM/ Michael Castofas
Des vivres sont préparés en vue de leur distribution aux populations de l’est de la RDC dans le cadre de la riposte plus large contre Ebola.

Davantage de fonds nécessaires

Ces évolutions contrastées ne permettent pas encore de relâcher les efforts. Les indicateurs les plus préoccupants ne sont toujours pas « satisfaisants », notamment la part des décès survenus dans les communautés, qui échappent à la prise en charge dans les centres de santé. 

Le pourcentage de tests dont le résultat est positif fournit également des indications sur l’ampleur ainsi que sur l’intensité de la transmission.  « Or, aucun de ces indicateurs ne montre actuellement le niveau d’amélioration que nous souhaiterions constater », a insisté l’OMS.

Pour les humanitaires, les efforts doivent donc se poursuivre et être renforcés dans toutes les zones touchées, y compris dans les zones à risque qui ne signalent pas de cas pour le moment. 

Tout en saluant la coopération locale et internationale, M. Harneis a réclamé davantage de fonds pour la réponse à l’épidémie, mais aussi pour l’intervention humanitaire. 

« Avec Ebola, on ne peut pas relâcher la pression. Si l’on relâche la pression, l’épidémie nous frappera de plein fouet. Il faut donc des ressources dès maintenant pour la ralentir et y mettre un terme », a-t-il exhorté.

« L’avenir dépendra de combien nous faisons en plus », a fait valoir le responsable de la réponse à Ebola pour l’ONU. Selon Julien Harneis, sans ces fonds, sans des équipes médicales internationales et sans davantage d’efforts, « nous pourrions nous retrouver dans une situation très différente ».

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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