Près de 900 cas suspects et plus de 200 décès soupçonnés d’être liés à l’épidémie ont également été enregistrés jusqu’à présent.

L’épidémie reste principalement concentrée dans la province de l’Ituri, notamment dans les zones de santé de Mambasa, Komanda, Bunia et Niania, mais des cas ont aussi été signalés au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ouganda voisin.

Trois nouveaux cas ont récemment été confirmés en Ouganda, portant à cinq le nombre total de cas recensés dans le pays, dont un décès. « Deux sont liés à des contacts qui ont été suivis » et le troisième concerne « un patient qui était venu de la RDC pour se faire traiter », a précisé la responsable de l’OMS, dans un entretien accordé à ONU Info.

Des investigations sont encore en cours pour déterminer si les cas recensés hors de l’Ituri sont directement liés au foyer initial.

© UNICEF/Prince Shamwami
Des travailleurs déchargent des cartons et des conteneurs d’un avion-cargo à l’aéroport de Bunia dans le cadre de la riposte contre Ebola en RDC.

Une riposte décentralisée

Face à la progression de l’épidémie, les autorités sanitaires misent sur une approche « zonale » afin de déployer progressivement les capacités de réponse au plus près des communautés affectées. 

« Le temps presse et les équipes sur le terrain travaillent vraiment d’arrache-pied », a souligné la Dre Bélizaire, ajoutant que des laboratoires mobiles doivent arriver ce lundi pour être déployés à travers les zones touchées, tandis que des centres d’isolement et de transit continuent d’être mis en place.

 « Nous sommes en train d’amener la réponse tout près de la communauté », a-t-elle insisté.

Banque mondiale/Vincent Tremeau
Des personnes visitant des membres de leur famille dans un centre de traitement d’Ebola en République démocratique du Congo (photo d’archives).

Pourquoi les centres de transit sont essentiels

Une partie essentielle de la riposte repose sur l’identification rapide des cas suspects et leur isolement temporaire afin d’éviter de nouvelles contaminations.

« Le virus Ebola se transmet par des contacts directs avec le sang, les liquides biologiques, les matériaux contaminés ou les corps des personnes infectées », a rappelé la responsable des urgences de l’OMS Afrique.

Lorsqu’une personne présente des symptômes compatibles avec Ebola, elle est retirée de la communauté et placée dans un centre de transit, séparée des cas confirmés le temps d’effectuer des analyses afin d’identifier si elle est atteinte d’Ebola ou d’une autre maladie, comme le paludisme.

« Si la personne est confirmée, elle va dans un centre de traitement. Si elle est négative après deux tests, la personne retourne dans la communauté », a expliqué la Dre Bélizaire, précisant que « cette personne reçoit aussi le traitement pour cette maladie ».

© UNICEF/UN0264163/Hubbard
Thomas Kakule Manole veille sur sa fille Bénédicte, âgée d’une semaine et également infectée, dans un centre de traitement à Beni, dans l’est de la RDC. Son épouse est morte du virus Ebola. (archives)

Pour la spécialiste des épidémies, la détection précoce reste aujourd’hui « la principale arme » contre cette souche du virus Ebola Bundibugyo, pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.

« Une fois que quelqu’un présente des symptômes et qu’il est pris en charge immédiatement, la chance de survie est presque à 95 % », a-t-elle affirmé.

Inquiétudes sécuritaires et désinformation

La riposte reste compliquée par l’insécurité et les résistances communautaires.

« Il y a eu plusieurs incidents signalés », a reconnu la Dre Bélizaire, évoquant des attaques contre des structures de santé ainsi que la circulation de fausses informations sur les réseaux sociaux.

« Ces incidents peuvent ralentir considérablement les activités, limiter l’accès des équipes sanitaires aux communautés affectées et réduire la confiance des communautés dans les interventions », a averti la spécialiste des épidémies.

© UNICEF/UNI997618/Carmel Ndomb. Il s’agit d’une initiative de l’UNICEF dans le domaine de la santé.
Un expert de l’UNICEF en matière d’eau et d’assainissement explique les mesures de prévention de l’Ebola aux élèves d’une école primaire à Bunia, dans la province de l’Ituri, en RDC.

Pour répondre à ces inquiétudes, les autorités sanitaires renforcent les campagnes de sensibilisation et multiplient les échanges avec les chefs traditionnels, les leaders locaux et les guérisseurs traditionnels.

« Nous sommes en train d’impliquer vraiment toute la société pour avoir une réponse sociétale à cette épidémie », a affirmé la responsable de l’OMS.

Permettre aux familles de faire leur deuil

Les autorités sanitaires cherchent aussi à adapter les mesures de prévention aux réalités culturelles locales, notamment concernant les rites funéraires.

« Nous travaillons avec les communautés de manière à ce que la réponse soit intégrée dans leur culture », a expliqué la haute responsable sanitaire.

Des consultations sont en cours afin d’identifier des adaptations permettant de limiter les risques de contamination sans empêcher les familles de se recueillir.

« Nous savons combien il est important pour cette population de faire le deuil des parents décédés, des amis décédés », a insisté la médecin.

Les rites funéraires « ne sont pas interdits », a-t-elle précisé. « Nous mettons en œuvre des mesures de protection de manière à ce que les familles ne soient pas exposées ».

« Ce n’est pas une épidémie désespérée »

Malgré les défis, la Dre Bélizaire a voulu adresser un message d’espoir aux populations concernées.

« C’est une épidémie sérieuse, mais ce n’est pas une épidémie désespérée, qu’on ne peut pas contrôler », a-t-elle conclu.

« Nous avons besoin de la collaboration de la population » pour contenir la propagation du virus et protéger les communautés affectées.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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