Jeudi, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé une escalade des combats qui « tue, blesse et déplace des civils », alors même que les initiatives diplomatiques étaient censées ouvrir la voie vers une désescalade.
Cette nouvelle flambée de violence survient alors que les autorités sanitaires tentent, quelques centaines de kilomètres plus au nord, d’enrayer une épidémie d’Ebola qui continue de s’étendre. Pour les agences humanitaires, la guerre menace désormais directement la riposte sanitaire.
« Il est profondément préoccupant de constater que, malgré les accords conclus dans le cadre des processus de paix en cours, les combats se poursuivent sans relâche dans l’est de la RDC, tuant, blessant et déplaçant des civils, et détruisant leurs moyens de subsistance », a-t-il déploré dans un communiqué.
Selon lui, les hostilités se sont fortement intensifiées au cours des deux dernières semaines dans les territoires de Fizi et de Mwenga. Les combats les plus violents se sont déroulés les 4 et 5 juillet autour du village de Mulima, où les deux camps ont eu recours à des drones armés, à l’artillerie lourde et à d’autres armes explosives dans des zones habitées. Des civils ont été tués ou blessés, tandis que des habitations et du bétail ont été détruits.
Au-delà du bilan humain immédiat, les Nations Unies redoutent désormais un nouvel embrasement régional. L’intensification des combats risque d’entraîner d’importants déplacements de population, y compris vers les pays voisins, tout en favorisant de nouvelles violations des droits humains, notamment des exécutions sommaires et des violences sexuelles liées au conflit.
Face à cette dégradation rapide, Volker Türk appelle les deux belligérants à suspendre les hostilités.
« J’exhorte les forces armées congolaises et le M23 à renoncer immédiatement à toute nouvelle violence […]. J’appelle également les deux parties à prendre des mesures concrètes pour protéger les civils ».
La diplomatie face à la réalité du terrain
Après la spectaculaire offensive lancée par le M23 en janvier 2025, qui avait permis au groupe rebelle se réclamant de la défense des Tutsis congolais de s’emparer de larges portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, la signature à Washington d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda avait fait renaître l’espoir d’une désescalade.
En parallèle aux discussions entre Kinshasa et Kigali, le processus de Doha, associant le gouvernement congolais et le M23, ouvrait la voie à une négociation plus large, sous la médiation du Qatar, des États-Unis, de la Suisse et de l’Union africaine.
Mais le terrain demeure fragmenté. Selon la MONUSCO, l’opération de maintien de la paix de l’ONU déployée au Nord-Kivu et en Ituri, de violents combats se poursuivent entre le M23, toujours soutenu par les forces rwandaises, et l’armée congolaise, alliée aux groupes d’autodéfense Wazalendo. Dans certaines localités, le gouvernement de Kinshasa est également appuyé par les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé hutu fondé par d’anciens responsables du génocide des Tutsis de 1994, que Kigali considère comme une menace directe.
Le Haut-Commissaire ne s’est pas contenté d’appeler à un cessez-le-feu. Il a renouvelé également les demandes récurrentes des Nations Unies envers les principaux acteurs du conflit, exhortant notamment le Rwanda à mettre fin à son soutien au M23 et à retirer ses troupes du territoire congolais. Il a également demandé aux autorités de Kinshasa d’accélérer les efforts engagés pour désarmer, démobiliser et rapatrier les combattants des FDLR.
Le haut responsable a rappelé que toutes les parties sont tenues, en vertu du droit international humanitaire, de garantir un accès humanitaire « sûr, rapide et sans entrave » aux populations prises au piège des combats.
Un agent de santé en tenue de protection prend la température d’une femme enceinte dans l’est de la République démocratique du Congo, où l’épidémie d’Ebola se poursuit.
Le conflit complique la riposte contre Ebola, qui progresse
Cette nouvelle flambée de violence intervient alors que l’est de la RDC fait déjà face à une autre urgence : une épidémie d’Ebola, qui continue de s’étendre dans les provinces voisines du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Jeudi, le coordinateur des secours d’urgence des Nations Unies, Tom Fletcher, a annoncé le déclenchement d’une mobilisation humanitaire exceptionnelle à l’échelle du système onusien : 60 millions de dollars ont été débloqués pour accélérer la riposte en RDC et renforcer les préparatifs dans les pays voisins, notamment l’Ouganda, le Burundi et le Soudan du Sud.
Pour les agences humanitaires, les deux crises s’alimentent l’une l’autre.. Les combats compliquent l’accès des équipes médicales, perturbent les chaînes d’approvisionnement et déplacent des populations entières, autant de facteurs susceptibles d’accélérer la propagation du virus.
« Tout retard se mesurera en morts dues à Ebola et en vies perdues dans le cadre de cette crise humanitaire plus large », a averti Tom Fletcher, appelant toutes les parties à maintenir les frontières et les axes logistiques ouverts afin de permettre l’acheminement de l’aide.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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