Les deux véhicules, qui se dirigeaient vers Kadugli, étaient clairement identifiés aux couleurs du PAM, avec des bannières et des drapeaux de l’agence. La frappe a détruit plus de 50 tonnes de denrées alimentaires, dont des céréales, des pois cassés jaunes, de l’huile végétale et du sel.
Cette cargaison aurait permis de fournir une aide vitale à près de 6.000 personnes pendant un mois.
À Kadugli, le PAM apporte une aide alimentaire en nature à près de 60.000 personnes confrontées à des niveaux d’insécurité alimentaire d’urgence ou pires.
L’attaque illustre une nouvelle fois les conditions extrêmement difficiles dans lesquelles les agences humanitaires tentent d’opérer au Soudan. Depuis le début de l’année, le PAM a recensé huit attaques aériennes ayant endommagé ses installations ou perturbé ses opérations.
Des camions transportant des fournitures médicales se dirigent vers Kadugli, dans le Kordofan du Sud (photo d’archives).
730 personnes déplacées par les violences
Parallèlement, le conflit continue de provoquer de nouveaux déplacements, notamment dans les régions du Kordofan.
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), quelque 730 personnes ont fui dimanche plusieurs villages de la localité d’Abassiya, dans le Kordofan du Sud. Elles ont trouvé refuge dans d’autres secteurs d’Abassiya ainsi que dans la localité voisine d’Um Rawaba, dans le Kordofan du Nord.
Les violences continuent également de faire des victimes parmi les civils et les personnels humanitaires et sanitaires.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a indiqué qu’une vaccinatrice avait été tuée samedi lors d’une attaque contre un marché dans l’État du Kordofan occidental. Elle s’y était rendue à la recherche de son fils, qui figurait parmi les victimes d’une précédente attaque.
Face à cette escalade, l’ONU a renouvelé son appel à toutes les parties au conflit pour qu’elles respectent le droit international humanitaire, protègent les civils et garantissent la sécurité des personnels humanitaires et sanitaires. Elle demande également que l’aide puisse être acheminée de manière sûre, rapide et sans entrave.
Effets personnels de déplacés au camp d’Abu Al Naja, qui accueille des personnes ayant fui le Kordofan.
Le choléra progresse dans un contexte d’insécurité
Malgré les violences, les agences des Nations Unies et leurs partenaires intensifient leur réponse à l’épidémie de choléra alors que la saison des pluies se poursuit.
Selon l’OMS, plus de 2.600 cas avaient été recensés dans plusieurs États au début du mois d’août, le Kordofan constituant dans son ensemble l’épicentre de l’épidémie.
Les équipes de santé continuent de soigner les malades, de mener des campagnes de vaccination et de distribuer des fournitures médicales essentielles.
Cette semaine, les autorités sanitaires soudanaises ont lancé des campagnes ciblées de vaccination orale contre le choléra dans plusieurs États du Darfour et du Kordofan occidental, avec le soutien technique et logistique de l’OMS et de l’UNICEF. L’objectif est de protéger près de 928.000 personnes âgées d’un an et plus.
La lutte contre la maladie passe également par l’accès à l’eau potable. Dans le Kordofan du Sud, un réseau municipal réhabilité avec le soutien de l’UNICEF à Abu Jubayhah fournit désormais chaque jour de l’eau potable à quelque 25.000 habitants, dont 5.000 personnes déplacées.
Des personnes reçoivent un traitement contre le choléra dans un camp médical au Kordofan occidental, au Soudan.
Des besoins immenses, des fonds insuffisants
Entre janvier et juillet, l’ONU et ses partenaires humanitaires ont fourni au moins une forme d’aide vitale à 12,3 millions de personnes à travers le Soudan.
Mais seules 2,2 millions d’entre elles, soit environ 18 %, ont bénéficié d’une aide multisectorielle. Pour le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), ce chiffre illustre l’impact des contraintes financières et des autres obstacles qui empêchent les acteurs humanitaires de répondre pleinement aux besoins les plus urgents.
L’ONU appelle donc les donateurs internationaux à renforcer leur soutien financier. L’appel humanitaire de 2,9 milliards de dollars pour le Soudan n’est actuellement financé qu’à hauteur de 40 %, soit environ 1,2 milliard de dollars reçus à ce jour.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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