S’adressant à des journalistes au siège de l’ONU à New York, M. Haavisto a déclaré que la situation à El Obeid, capitale de l’État du Kordofan du Nord, devenait de plus en plus préoccupante ces derniers jours en raison de la poursuite des hostilités et de fréquentes attaques de drones.

« Nous sommes alarmés par les hostilités en cours autour de la ville, notamment les fréquentes attaques de drones », a déclaré M. Haavisto. « Celles-ci affectent déjà les civils ainsi que l’acheminement de l’aide humanitaire vers la ville. Toute nouvelle escalade de la situation exposerait des milliers de personnes à des risques ».

L’envoyé a établi un parallèle avec des crises précédentes au Soudan, où les violences contre les civils avaient provoqué des catastrophes humanitaires de grande ampleur. « Malheureusement, la situation rappelle quelque peu les événements survenus précédemment au Darfour et autour d’El Fasher, et nous rappelle qu’il existe des risques immédiats pour la population civile », a-t-il déclaré.

M. Haavisto a révélé s’être entretenu par téléphone vendredi avec le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », chef des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), au sujet de la situation à El Obeid. Selon l’envoyé, Hemedti lui a assuré que les civils ne seraient pas pris pour cible.

« Il m’a confirmé qu’il n’avait pas l’intention de nuire aux civils et qu’il comptait protéger les couloirs humanitaires menant à la ville », a indiqué M. Haavisto. « C’est un point que nous devons désormais suivre avec la plus grande vigilance ».

Les attaques de drones : de nouveaux risques

L’envoyé a souligné que le conflit se poursuivait sans relâche à travers le Soudan et a averti que l’utilisation croissante de drones ajoutait une nouvelle dimension dangereuse à la guerre. Il a relevé une augmentation des attaques de drones visant les civils et les infrastructures civiles.

« L’utilisation de drones dans le cadre du conflit, en particulier, est en hausse, tout comme les attaques de drones contre les civils et les infrastructures civiles », a-t-il déclaré.

M. Haavisto a également attiré l’attention sur la dimension internationale du conflit, notant que les drones utilisés ne sont pas fabriqués au Soudan.

© PNUD/ Giles Clarke
De l’aide alimentaire est distribuée par l’ ONU aux habitants de Gharb Al Matta, à Kassala, au Soudan.

Reprise des pourparlers politiques après trois ans

Malgré la persistance des violences, M. Haavisto a mis en avant ce qu’il a qualifié d’évolution positive sur le plan politique. Il a indiqué que le « Quintette » – composé de l’Union africaine (UA), de l’IGAD (bloc d’Afrique de l’Est), de la Ligue des États arabes, de l’Union européenne (UE) et de l’ONU – avait réussi à organiser des réunions rassemblant des partis politiques, des groupes politiques et des organisations de la société civile soudanais.

La première réunion s’est tenue à Berlin plus tôt cette année, suivie d’une autre rencontre à Addis-Abeba.

« C’est la première fois en trois ans que des partis et acteurs politiques se réunissent pour tenter de résoudre le conflit et de trouver un terrain d’entente pour le processus de paix au Soudan », a déclaré M. Haavisto. « Je pense que c’est déjà une bonne nouvelle ».

L’envoyé a précisé qu’il comptait poursuivre ses échanges avec les parties prenantes soudanaises et les acteurs régionaux, notamment par des visites à Nairobi et des consultations avec le Tchad, le Soudan du Sud et l’Ouganda, pays qui jouent tous un rôle dans le conflit.

M. Haavisto a réitéré le soutien de l’ONU aux efforts du groupe « Quad » — les États-Unis, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte — visant à obtenir une trêve humanitaire. « Nous espérons que le Quad pourra faire avancer le dossier de la trêve humanitaire, ce qui améliorerait considérablement la situation des civils sur le terrain », a-t-il déclaré.

Pas de solution militaire

Interrogé sur les chances de mettre fin au conflit, M. Haavisto a reconnu que les deux camps semblaient toujours croire à la possibilité de gains militaires.

« Il semble que les deux parties pensent encore pouvoir obtenir des résultats par la voie militaire dans ce conflit », a-t-il dit. « Malheureusement, un conflit perdure tant que l’une des parties — individu ou groupe — estime pouvoir atteindre ses objectifs par des moyens militaires. »

Néanmoins, il a souligné que les gouvernements de la région rejetaient de plus en plus l’idée d’une solution militaire.

« Le message était très clair : ils ne croient pas qu’une solution militaire soit réalisable dans ce conflit », a affirmé M. Haavisto après de récentes visites dans les pays du Golfe.

Tout en reconnaissant les immenses défis à venir, l’envoyé de l’ONU a estimé que la résilience des Soudanais ordinaires continuait d’offrir des motifs d’optimisme prudent. Il a évoqué les femmes appelant à la réconciliation malgré les graves exactions subies, ainsi que les communautés qui commencent à reconstruire leur vie dans certains quartiers de la capitale Khartoum.

« Les gens conservent une grande capacité à investir dans leur vie et leurs moyens de subsistance, même après le conflit », a-t-il dit. « C’est ce qui suscite un certain optimisme dans cette situation désespérée ».

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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