Dans un nouveau rapport, la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur le Soudan complète ses conclusions publiées en février, qui faisaient déjà état de « signes avant-coureurs d’une dynamique génocidaire ». Les enquêteurs apportent de nouveaux éléments sur les violences sexuelles, les disparitions forcées, les détentions arbitraires et les massacres perpétrés à El Fasher.

« Les schémas que nous avons documentés à El Fasher – notamment l’encerclement de la ville, les attaques contre les infrastructures civiles, les restrictions de l’accès humanitaire et les exactions généralisées contre les civils – constituent un avertissement sévère », a déclaré Mohamed Chande Othman, président de la Mission.

« La communauté internationale doit tirer les leçons de cette situation et agir pour prévenir une nouvelle catastrophe », a-t-il insisté.

Les mêmes tactiques à El Obeid

Deux ans après le début de la guerre entre les Forces armées soudanaises (FAS) et les FSR, le conflit a fait au moins 59.000 morts et déplacé plus de 14 millions de personnes. Avec 33,7 millions de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire, l’ONU considère la crise soudanaise comme la plus grave au monde.

Les experts s’inquiètent désormais du sort d’El Obeid, capitale de l’État du Kordofan du Nord, où les FSR reproduiraient les mêmes méthodes qu’à El Fasher : encerclement de la ville, attaques contre les infrastructures essentielles et entraves à l’acheminement de l’aide humanitaire.

Contrôlée par les FAS, El Obeid est soumise à des conditions « s’apparentant à un siège » depuis 18 mois, a averti la semaine dernière le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk. En juin, au moins 45 civils ont été tués lors de 15 frappes de drones menées dans la ville et ses environs.

Une fenêtre d’action encore ouverte

La Mission rappelle qu’avant la chute d’El Fasher, les Nations Unies avaient multiplié les mises en garde sur le risque d’atrocités, sans que celles-ci ne soient suivies d’effet. Après un siège de 18 mois, les FSR avaient lancé des exécutions porte-à-porte, ciblé des communautés en fonction de leur identité et tué plus de 6.000 personnes en trois jours.

Face aux menaces qui pèsent aujourd’hui sur El Obeid, les enquêteurs exhortent le Conseil de sécurité à agir rapidement, à favoriser une suspension des hostilités pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire et à soutenir les efforts de justice internationale.

« Alors que de vives inquiétudes se font jour quant aux risques encourus par les civils à El Obeid, les conclusions tirées de la situation à El Fasher soulignent la nécessité de mesures de protection urgentes avant que d’autres vies ne soient perdues », a déclaré Joy Ngozi Ezeilo, membre de la Mission.

« La communauté internationale dispose encore d’une fenêtre d’opportunité pour prévenir de nouveaux crimes atroces », a ajouté Mona Rishmawi. « El Obeid ne doit pas devenir la prochaine scène de crime. »

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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