« Aujourd’hui, les criminels exploitent les mêmes outils qui nous permettent de communiquer, d’apprendre et de nous connecter au monde », a averti Sylvie Bertrand, Représentante régionale de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

C’est pour mieux faire face à ces nouvelles formes de criminalité que le Centre d’information des Nations Unies (CINU) de Dakar a accueilli récemment une retraite régionale réunissant une vingtaine de créateurs de contenus et journalistes venus du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Sénégal, du Tchad, ainsi qu’un influenceur congolais installé à Dakar.

L’objectif de cette retraite organisée par l’ONUDC était de renforcer leurs compétences pour sensibiliser les jeunes aux dangers de la traite des personnes, du trafic illicite de migrants et des arnaques en ligne.

CINU Dakar/Cheikh Seye
Les participants à une retraite régionale organisée par l’ONUDC pour les créateurs de contenu à Dakar.

Mieux comprendre les réseaux criminels

Pendant deux jours, les participants ont approfondi leur connaissance de la traite des personnes, du trafic illicite de migrants et de leurs liens avec la cybercriminalité.

Des experts de l’ONUDC ont présenté les principaux instruments juridiques internationaux, tandis que la Police et la Gendarmerie sénégalaises ont partagé leur expérience de terrain. Les participants ont notamment découvert les méthodes de recrutement utilisées par les réseaux criminels et les moyens mis en œuvre pour les combattre.

Le CINU de Dakar a, pour sa part, animé des ateliers consacrés aux techniques d’interview, à la vérification des informations et des images, à l’identification des arnaques en ligne et à la réalisation de contenus audiovisuels.

Pour Halimatou Salissou, militante nigérienne engagée auprès des jeunes et des femmes, ces connaissances répondent à une réalité quotidienne.

« Les femmes se font appâter par des promesses de mariage qui se révèlent être des pièges, lorsqu’elles se retrouvent en situation d’exploitation à l’étranger », a-t-elle expliqué.

Sensibiliser avec un simple smartphone

Au-delà des aspects techniques, la retraite a mis en lumière la créativité de nombreux influenceurs, qui produisent leurs contenus avec des moyens très limités.

Une masterclass animée par l’actrice et productrice Fatou Jupiter Touré et le créateur de contenu Macdi a montré qu’il était possible de professionnaliser sa pratique tout en respectant les principes d’éthique journalistique.

Pour plusieurs participants, le smartphone reste le seul outil de production.

« Même pour acheter en ligne un petit logiciel de montage, c’est compliqué : je n’ai pas de carte bancaire », a confié une participante venue de Guinée.

La rencontre a également permis de créer des liens entre créateurs de contenus, journalistes et professionnels des médias traditionnels.

« On a beau être habitués des réseaux, on ne remplace pas l’humain », a résumé l’écrivain et influenceur congolais Clark Liodess Kaya.

CINU Dakar/Cheikh Seye
Clark Liondess Kaya, écrivain et influenceur.

Un témoignage pour prévenir les départs

L’un des moments les plus marquants de la rencontre a été le témoignage du créateur de contenu guinéen Mohamed Sylla, connu sous le nom de Moh Sylla sur les réseaux sociaux.

Ancien candidat à la migration irrégulière vers l’Europe, il a raconté son périple à travers le désert, les violences subies aux mains des passeurs et son emprisonnement en Afrique du Nord.

De retour en Guinée, il a choisi de transformer cette expérience en outil de prévention en publiant des vidéos destinées à dissuader d’autres jeunes d’emprunter les mêmes routes.

La projection de son récit a suscité une vive émotion parmi les participants, illustrant la force du témoignage personnel pour sensibiliser les publics les plus exposés.

À l’issue de la retraite, les participants sont repartis avec une meilleure compréhension des liens entre cybercriminalité, traite des personnes et trafic illicite de migrants, mais aussi avec des outils pour vérifier l’information, lutter contre la désinformation et produire des contenus responsables.

Ils se sont engagés à diffuser des campagnes de sensibilisation à l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la traite des personnes, célébrée le 30 juillet, et à poursuivre leurs actions auprès des jeunes dans leurs pays respectifs.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet PROMIS (Protection des migrants), mis en œuvre conjointement par l’ONUDC et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), avec l’appui de plusieurs partenaires internationaux.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

To submit your press release: (https://www.globaldiasporanews.com/pr).

To advertise on Global Diaspora News: (www.globaldiasporanews.com/ads).

Sign up to Global Diaspora News newsletter (https://www.globaldiasporanews.com/newsletter/) to start receiving updates and opportunities directly in your email inbox for free.