Selon les derniers chiffres communiqués mardi par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la RDC recense désormais 1 561 cas confirmés506 décès et 254 guérisons. Plus de 10 000 personnes ayant été en contact avec des malades sont actuellement suivies. Mais ces statistiques pourraient n’être qu’une photographie incomplète d’une épidémie qui progresse dans l’une des régions les plus instables de la planète.

« Nous aimerions pouvoir dire que la situation se stabilise, mais, franchement, nous ne pouvons pas encore l’affirmer », a reconnu Anne Ancia, représentante de l’OMS en RDC, depuis Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, où se concentre une grande partie des cas.

Une course contre le virus

Déclarée le 15 mai, cette flambée est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, contre laquelle il n’existe encore aucun traitement homologué. Elle se propage dans un environnement où presque tout joue en faveur du virus : conflits armés, déplacements massifs de population, infrastructures détruites et système de santé déjà exsangue. Les provinces de l’est du pays dans lesquelles sévit l’épidémie, en particulier le Nord-Kivu et l’Ituri, sont en effet le théâtre d’insurrections menées par de nombreux groupes armés, parfois avec l’appui d’Etats voisins.

Pour tenter d’enrayer la transmission, les équipes de l’OMS et les autorités congolaises s’efforcent de reconstituer le parcours de chaque malade afin d’identifier toutes les personnes exposées au virus. Une tâche colossale dans des territoires où certaines localités restent difficiles d’accès en raison des violences.

Sur le terrain, les capacités de prise en charge arrivent à leurs limites.

« Les centres de traitement sont arrivés à saturation », a alerté Anne Ancia.

Au cours de ses déplacements à Bunia, Beni, Butembo et Katwa, la responsable de l’OMS dit avoir rencontré des soignants confrontés quotidiennement à un afflux de patients, tout en poursuivant le traçage des cas contacts et les campagnes de sensibilisation auprès des populations.

« J’ai été témoin de leur dévouement. Malgré des difficultés considérables, ils continuent de servir leurs communautés », a-t-elle souligné.

Les difficultés sont aussi logistiques. « Aujourd’hui, nous ne disposons pas d’un nombre suffisant d’ambulances », a averti la responsable, estimant qu’il est impossible de répondre à l’ensemble des besoins dans la seule province de l’Ituri.

Des progrès scientifiques malgré la guerre

Des avancées offrent néanmoins un motif d’espoir.

En quelques semaines, les capacités de dépistage ont connu une progression spectaculaire. Grâce à l’ouverture de 10 laboratoires dans les provinces touchées, le nombre de tests quotidiens est passé d’une trentaine réalisés à Kinshasa, la capitale congolaise, à plus de 2 000 analyses par jour, permettant de confirmer plus rapidement les infections.

Surtout, un essai clinique inédit a débuté le 2 juillet afin d’évaluer deux traitements prometteurs – l’anticorps monoclonal MBP134 et l’antiviral remdesivir – contre cette souche d’Ebola.

« Ces médicaments seront administrés seuls ou en association afin d’évaluer leur capacité à améliorer les chances de survie des personnes atteintes par le virus Ebola de la souche Bundibugyo », a expliqué Mme Ancia.

Plus de 1 200 doses sont déjà disponibles, tandis que d’autres traitements pourraient être intégrés à l’étude si de nouvelles données scientifiques le justifient.

La guerre complique chaque intervention

Cette bataille sanitaire se déroule sur fond de guerre.

Dans l’est de la RDC, les affrontements entre l’armée congolaise et les groupes armés, notamment l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), soutenue selon les Nations Unies par des forces rwandaises – ce que Kigali dément – continuent de bouleverser les déplacements des populations et de compliquer le travail des équipes médicales.

Dans les zones du Nord-Kivu contrôlées par les autorités de facto, l’OMS affirme renforcer la surveillance communautaire afin de détecter rapidement toute nouvelle contamination. Les laboratoires de terrain transmettent quotidiennement des alertes qui sont systématiquement vérifiées.

Interrogée sur les affirmations du M23 selon lesquelles Ebola aurait disparu des territoires placés sous son contrôle, Anne Ancia s’est montrée prudente. Si les informations dont dispose l’OMS indiquent qu’aucun cas confirmé n’y est actuellement signalé et que tous les cas contacts connus ont achevé leur période de suivi, l’organisation refuse d’y voir la fin de l’épidémie.

Car tant que les chaînes de transmission ne seront pas entièrement reconstituées, le virus continuera d’échapper aux certitudes. Et dans une région où la guerre brouille déjà toutes les lignes, chaque cas non détecté peut devenir le point de départ d’une nouvelle flambée.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

To submit your press release: (https://www.globaldiasporanews.com/pr).

To advertise on Global Diaspora News: (www.globaldiasporanews.com/ads).

Sign up to Global Diaspora News newsletter (https://www.globaldiasporanews.com/newsletter/) to start receiving updates and opportunities directly in your email inbox for free.