Établie après l’annonce de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, en octobre 2025, cette ligne divise Gaza en deux. La majeure partie de la population palestinienne est confinée dans la zone ouest, tandis que la zone est se retrouve sous contrôle militaire israélien.
Au départ, la « ligne jaune » laissait environ 47 % du territoire de Gaza à la population palestinienne. Mais, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), les forces israéliennes l’ont progressivement déplacée.
Les Palestiniens vivent désormais sur moins de 40 % de la superficie de Gaza, a indiqué l’ONU. Ce déplacement de la ligne a, dans de nombreux cas, contraint les familles vivant près de cette ligne à fuir.
Déplacés, encore et encore
Pour Ibtisam Malika, qui vit dans le quartier de Zeitoun, près de la ligne, cette situation se traduit par un cycle incessant de déplacements, de retours, puis de nouvelles fuites.
« Tous les deux ou trois mois, nous sommes forcés de partir et de laisser nos affaires derrière nous », raconte-t-elle.
« Nous n’en pouvons plus. Nous avons perdu la moitié de nos enfants dans la guerre, et il ne reste plus de nous que des fragments ».
Nulle part où aller
Quelque 2,1 millions de personnes — presque toute la population de Gaza — sont aujourd’hui déplacées et vivent dans la zone délimitée par la « ligne jaune », selon l’ONU.
Nombre d’entre elles vivent près des blocs peints en jaune. Des habitants des quartiers d’Al-Tuffah et de Zeitoun, dans l’est de la Gaza-ville, expliquent y être restés parce qu’ils n’ont nulle part où aller.
Les familles vivent en alerte permanente, redoutant de devoir abandonner leurs biens et fuir à la hâte si la situation sécuritaire se dégrade.
Pour Safaa Mushtaha, habitante d’Al-Tuffah, la question de savoir où sa famille pourrait aller est devenue une préoccupation quotidienne.
« Où irons-nous ? C’est une question que nous nous posons depuis trois ans », dit-elle. « Nous avons accepté de vivre près de la ligne jaune, mais cela est devenu insupportable ».
Ola Ishtiwi et sa famille devant le bâtiment détruit où ils ont trouvé refuge.
Des besoins humanitaires immenses
Selon l’ONU, il est devenu plus difficile de trouver des endroits plus sûrs où installer des camps pour les personnes déplacées. Une grande partie des terrains adaptés se trouve dans des zones interdites ou soumises à des restrictions, à l’est, au sud et au nord de la « ligne jaune », ou au-delà.
D’après la dernière évaluation d’OCHA sur les abris, quelque 1,98 million de personnes, soit 94 % de la population de Gaza, ont besoin d’une aide liée à l’hébergement et aux articles non alimentaires.
En outre, 84 % des familles vivent dans des conditions extrêmement difficiles, dans des abris ou sous des tentes qui ne les protègent pas suffisamment des intempéries.
« Ce n’est pas une vie »
Pour Ola Ishtiwi, le quotidien près de la ligne jaune est devenu extrêmement difficile.
« Nous ne savons pas quoi faire ni où aller », confie-t-elle à ONU Info. « Nous n’avons pas de tente et nous n’avons pas d’argent ».
Ahmed Arhim, qui vit dans le quartier de Zeitoun, explique que les tirs et le bruit des drones empêchent les habitants de dormir, en particulier les enfants.
« Nous ne dormons pas toutes les nuits », dit-il.
« Les enfants ne peuvent pas dormir. Ils ont peur et font pipi sur eux. Beaucoup d’habitants sont déjà partis. Nous sommes déplacés chaque jour, toujours déplacés. Ce n’est pas une vie ».
Un bloc de ciment démarque la « ligne jaune » au milieu des bâtiments détruits de la ville de Gaza.
« Le bain de sang à Gaza doit cesser »
Ces témoignages ont été recueillis alors que les agences des Nations Unies signalent la poursuite des opérations militaires et des frappes israéliennes à Gaza, malgré le cessez-le-feu entré en vigueur l’an dernier.
Selon la dernière mise à jour humanitaire d’OCHA, les autorités locales ont fait état de 1.334 morts et 4.429 blessés depuis l’annonce du cessez-le-feu, le 10 octobre 2025.
« Le bain de sang à Gaza doit cesser », a déclaré récemment le Bureau des droits de l’homme de l’ONU. Il a indiqué que, durant cinq jours fin août, 24 Palestiniens, dont quatre enfants et une femme, avaient été tués lors d’attaques israéliennes, dont 21 dans des frappes aériennes.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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