S’exprimant à New York lors du Forum d’examen des migrations internationales, il a estimé que « la véritable crise » n’était pas la migration elle-même, mais « l’incapacité collective à gérer la migration ensemble ».

« Les personnes migrantes sont érigées en boucs émissaires à des fins politiques », a-t-il regretté, dénonçant leur déshumanisation dans le débat public et les violations croissantes de leurs droits fondamentaux.

Le chef de l’ONU a rappelé que la migration avait toujours fait partie de l’histoire humaine et qu’elle avait contribué à bâtir des sociétés, soutenir la croissance économique et stimuler l’innovation à travers le monde.

Un bilan alarmant

À l’occasion de ce Forum organisé tous les quatre ans pour évaluer la mise en œuvre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, António Guterres a dressé un constat préoccupant.

Selon un récent rapport présenté par le Secrétaire général, au moins 200.000 personnes, principalement des femmes et des filles, ont été victimes de la traite au cours des quatre dernières années. Plus de 15.000 migrants sont également morts ou ont disparu ces deux dernières années sur les routes migratoires.

Des familles entières et des enfants continuent par ailleurs d’être détenus, tandis que de nombreux travailleurs migrants restent exposés à l’exploitation et privés de protection sociale.

Face à cette situation, le chef de l’ONU a insisté sur le fait qu’« aucun État ne peut gérer seul la question des migrations ».

Six priorités

António Guterres a détaillé six mesures qu’il juge essentielles pour respecter les engagements du Pacte mondial.

La première consiste à placer les droits humains au cœur des politiques migratoires. Il a appelé les gouvernements à mettre fin aux pratiques discriminatoires, à privilégier des alternatives à la détention et à cesser la détention des enfants et des familles migrantes.

Il a également plaidé pour un meilleur accès des migrants à l’éducation, au logement, aux soins de santé et à la protection sociale, tout en renforçant la protection des femmes et des filles contre la traite et les violences fondées sur le genre.

Deuxième priorité : rendre la migration plus sûre grâce à de meilleurs systèmes d’alerte, des données plus fiables et un renforcement des opérations de recherche et de sauvetage dans le respect du droit international.

Lutte contre les trafiquants

Le Secrétaire général a aussi appelé à une offensive mondiale contre les passeurs et les trafiquants d’êtres humains, qu’il a qualifiés de « réseaux criminels transnationaux ».

Selon lui, les efforts actuels restent insuffisants comparés aux moyens mobilisés contre le trafic de drogue. Il a exhorté les États à coopérer davantage pour démanteler ces réseaux, notamment en asséchant leurs financements et en renforçant la coopération policière et judiciaire.

Il a également insisté sur la nécessité d’élargir les voies de migration régulière pour les étudiants, les travailleurs et les familles, estimant que des filières accessibles et équitables permettent de réduire les migrations irrégulières et l’exploitation.

© UNHCR/Santiago Arcos Veintimi
Une famille de Vénézuéliens vivant à Guayaquil, en Equateur (photo d’archives).

Investir dans les pays d’origine

Enfin, António Guterres a appelé à investir massivement dans l’éducation, l’emploi et les perspectives économiques dans les pays d’origine afin que la migration soit « un choix – un vrai choix ».

Il a aussi plaidé pour davantage de coopération internationale et de financements en faveur des politiques migratoires. Depuis 2019, le Fonds fiduciaire pluripartenaire des Nations Unies pour les migrations a mobilisé 68 millions de dollars pour soutenir ces efforts.

« À nous de montrer que la coopération multilatérale produit des résultats », a conclu le chef de l’ONU, soulignant que les migrants renforcent les sociétés « aux frontières comme au sein des communautés ».

Ne pas fuir les défis

Pour la Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, Annalena Baerbock, « la question n’est pas de savoir si la migration est bonne ou mauvaise… La question est de savoir si nous la gérons bien, et si nous la gérons ensemble ».

Elle a souligné que sans les migrants, rares seraient les pays capables de prospérer — en particulier les pays industrialisés, confrontés à une baisse de la natalité et à un immense besoin de main-d’œuvre immigrée.

Elle a pris l’exemple de l’Australie, où plus de 40 % des infirmiers et plus de 50 % des médecins sont nés à l’étranger. Dans certains pays du Golfe, les immigrés représentent jusqu’à 90 % de la population active. Aux États-Unis, plus de 40 % des lauréats du prix Nobel sont nés à l’étranger.

Mais, selon Mme Baerbock, « la migration ne constituera une réussite pour tous dans le pays de destination que si nous ne fuyons pas les défis qu’elle soulève ».

Elle a noté que les communautés subissent une pression croissante lorsque les systèmes sociaux et éducatifs, ainsi que les marchés du logement, sont mis à rude épreuve. « Si ces préoccupations ne sont pas prises en compte, la migration risque de devenir une source de division et de polarisation toxique », a-t-elle estimé, plaidant pour des systèmes migratoires bien gérés « afin de garantir que la migration profite tant aux nouveaux arrivants qu’aux communautés d’accueil, tout en préservant la confiance du public ».

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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