L’Iran a fermé la voie maritime aux navires étrangers, attaquant des navires de commerce et interrompant environ 20 % du transport mondial de pétrole par voie maritime. Quelque 20 000 marins se sont retrouvés bloqués dans le golfe Persique. Le Secrétaire général de l’ONU a appelé à un cessez-le-feu immédiat.

Pendant ce temps, sous la surface, les poissons continuaient de nager.

De retour dans l’eau

Trois plongeurs chinois basés aux Émirats arabes unis (EAU) – Rui Li, instructeur de plongée ; Shanshan Du, apnéiste ; et Jie Zhang, plongeuse technique – ont été privés de plongée pendant des semaines en raison de la fermeture des zones côtières. Lorsqu’un cessez-le-feu a permis un accès limité à la mi-avril, ils sont immédiatement retournés à l’eau.

La Journée mondiale de l’océan, célébrée chaque année le 8 juin, a pour thème cette année : « Repenser notre relation avec l’océan ». Pour ces trois plongeurs, cette nouvelle façon d’envisager le lien avec l’océan est tout sauf abstraite.

« Nous étions en fait un peu inquiets avant de partir », confie Shanshan Du, qui a plongé dans le passage le plus étroit entre les Émirats arabes unis et Oman le 18 avril, quelques jours seulement après que l’ONU a salué l’annonce par l’Iran de l’ouverture du détroit aux navires commerciaux pendant le cessez-le-feu.

« Mais après plus de deux mois, nous avons tous trouvé formidable de pouvoir replonger. Nous avons croisé un grand groupe de dauphins. L’atmosphère de guerre que j’imaginais était absente ; je n’avais sous les yeux que paix et beauté ».

Jie Zhang, qui a plongé dans cette zone la semaine dernière encore, décrit une diversité corallienne rarement observée ailleurs : des coraux mous et durs variant selon la topographie, et des tortues marines rassemblées en si grand nombre que le site évoquait une réserve naturelle.

Courtesy of Jie Zhang.
Jie Zhang est de retour des profondeurs et ressent la chaleur du soleil.

Des signes inquiétants

Elle a également remarqué quelque chose de plus préoccupant. « J’ai vu davantage de débris blancs sur les fonds marins qu’auparavant », dit-elle, sans en connaître l’origine. Et lorsqu’elle a suivi des dauphins avec ses compagnons près de la partie orientale du détroit, l’eau entourant les animaux était striée d’algues vertes, de vapeurs d’hydrocarbures et de déchets flottants.

« Je me suis souvenue qu’à l’époque où je suivais les dauphins, l’eau était bleue. Voir ce spectacle de mes propres yeux me fend toujours le cœur ».

Rui Li veille à prendre en compte ces deux réalités simultanément. Le détroit n’est pas la zone marine la plus riche en biodiversité au monde, note-t-il, mais sa topographie complexe abrite des récifs coralliens d’une variété exceptionnelle — des formations « aussi blanches que des aiguilles d’argent » côtoyant des colonies « aussi pourpres que des forêts de pins » — ainsi que des hippocampes, des requins-baleines et des espèces rarement observées ailleurs.

Il raconte avoir vu un capitaine de bateau qui, sans pouvoir plonger ni disposer d’autres moyens de communication, parvenait à localiser à coup sûr un groupe de dauphins semblant le reconnaître. « Nous nous saluions, puis chacun reprenait sa route », explique Rui Li. « Cet endroit est vraiment magique ».

©Jie Zhang
Vue sur le détroit d’Ormuz depuis la péninsule de Musandam, à Oman.

Une catastrophe potentielle

Pourtant, il est aussi pleinement conscient des conséquences qu’un conflit armé pourrait avoir sur un tel lieu. Une attaque contre des installations de stockage de pétrole, souligne-t-il, serait catastrophique pour la vie marine. « De nombreux organismes marins sont petits et vulnérables. Une seule attaque pourrait suffire à anéantir des espèces extraordinaires que l’être humain n’a jamais vues ».

Jie Zhang décrit la vulnérabilité du monde sous-marin : « Personne ne peut parler au nom de l’écosystème sous-marin ; ni les poissons ni les grands animaux ne peuvent s’exprimer ».

« Nous déversons dans l’océan tous les conflits, les guerres et la pollution de la terre ferme, oubliant qu’il ne dispose pas de réelles capacités d’autoprotection et qu’il est condamné à subir tous les conflits et les dommages engendrés par les activités humaines ».

La plongée a discrètement ébranlé certaines certitudes chez ces trois personnes. « Sous l’eau, l’océan ne connaît pas de frontières », affirme Jie Zhang. « Les courants marins et les bancs de poissons circulent librement. Lorsqu’ils se déplacent, les requins-baleines suivent des itinéraires précis traversant différents pays : ils sont libres. L’humanité devrait partager ce monde bleu au lieu de le déchirer par des conflits ».

©Jie Zhang
Rui Li forme un cœur avec ses mains en direction. Ce geste correspond également au signal « OK » dans le langage gestuel de la plongée.

L’océan, cette mère nourricière

Rui Li privilégie une autre métaphore — plus chaleureuse et peut-être plus lucide quant aux limites de l’action humaine. La relation entre l’être humain et la mer s’apparente, selon lui, à celle qui unit un enfant à son parent : l’océan nous soutient, nous nourrit et, parfois, nous punit.

« Nous avons grandi et éprouvons désormais le désir de le protéger, dit-il, mais notre marge de manœuvre réelle demeure restreinte. Nos parents, eux, continuent de nous attendre patiemment, de nous aider et de prendre soin de nous ».

En pratiquant la plongée dans un pays où vivent des personnes de dizaines de nationalités, Shanshan Du a découvert que, sous l’eau, les frontières perdent toute importance. La communication s’établit uniquement par les gestes. « Grâce à ce loisir et à l’océan, un environnement merveilleux s’est créé pour nous ».

Les conflits qui font rage à la surface n’ont pas cessé. Les pourparlers entre Washington et Téhéran restent fragiles et la situation, instable. Pourtant, l’océan recouvre 71 % de la surface du globe ; aussi, comme Rui Li le dit à quiconque ne l’a pas encore vu : venez toucher cette eau rafraîchissante dès que vous en avez l’occasion.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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