Photo credit: DiasporaEngager (www.DiasporaEngager.com).

Face à une crise sanitaire et économique d’une ampleur inédite, les banques, placées au premier rang pour gérer les demandes de financements nouveaux et les différentes mesures de soutien et d’accompagnement gouvernementales, ont dû adopter une politique de provisionnement anticipative et prudente. Le coût du risque, qui représente les provisions passées par les banques pour faire face à d’éventuels accidents de remboursement des crédits accordés, a été multiplié en moyenne par deux pour la plupart des banques de la place, ce qui a, par ricochet, rogné leurs bénéfices, rapporte la MAP. Selon les calculs de la société de recherche BMCE Capital Research (BKR), le résultat net part du groupe (RNPG) des six banques cotées en Bourse de Casablanca s’est dégradé de 55,9% à 5,411 milliards de dirhams (MMDH).

“Les résultats nets ont connu une forte baisse à cause de la détérioration du coût du risque et l’impact de l’effort de solidarité”, a expliqué à la MAP le consultant en banque et assurance à Paris, Kamal Zine, notant que les banques marocaines ont connu une hausse de leurs provisions. “Dans un contexte de crise, plusieurs secteurs productifs ont assisté à un repli de leurs activités. Le chômage a également augmenté et a touché près de 432.000 personnes selon le Haut commissariat au plan (HCP).

Par conséquent, la capacité de remboursement des ménages et des entreprises, surtout les TPE et PME, a été affectée”, a-t-il précisé. Ceci explique la hausse des créances en souffrance de 7,6% à près de 8,3% durant l’année 2020, a fait remarquer M. Zine. Dans le détail, le RNPG du groupe BCP a accusé une forte baisse de 59% à 1,2 MMDH.

En ligne avec sa politique de provisionnement prudente, le coût du risque du Groupe s’est renforcé de 2,4 fois à 6,129 MMDH, intégrant notamment des provisions Forward Looking en couverture des effets attendus de la crise sanitaire au Maroc et en Afrique subsaharienne. Parallèlement, le Crédit populaire du Maroc (CPM) continue d’alimenter son stock de provision pour risques généraux qui a atteint 5 MMDH. Sur ce même registre, le Groupe a procédé en 2020 au renforcement du fonds de soutien d’un milliard de dirhams, au titre de l’affectation du résultat 2019.

Son encours s’établit désormais à 4,2 MMDH. Pour Attijariwafa Bank, le RNPG s’est établi à 3 MMDH, en repli de 48,1%, impacté par la contribution exceptionnelle au Fonds spécial Covid-19, conjuguée à la hausse significative du coût du risque. Ce dernier enregistre une augmentation de 243% se fixant à 5,5 MMDH en lien avec la détérioration du risque de crédit engendré par les conséquences de la pandémie de Covid-19 et le provisionnement anticipatif et prudent associé. Rapporté aux encours de crédits, le coût du risque consolidé atteint 1,51%, contre 0,46% en 2019.

Bank of Africa a affiché, quant à lui, un RNPG en baisse de 62% s’établissant à 738 millions de dirhams (MDH). Le coût du risque consolidé a augmenté de 57% à 3,5 MMDH et le coût du risque social en hausse de 67% à 1,5 MMDH. CIH a vu, pour sa part, son RNPG chuter de 81,1% à 80,7 MDH. “Dans un contexte inédit marqué par les impacts de la pandémie de Covid-19, CIH BANK a adopté une approche prudente et anticipative en matière de gestion des risques tant au niveau consolidé qu’au niveau social.

La démarche de la banque a été d’évaluer la tendance du risque sur l’année et d’anticiper les impacts de la pandémie tant pour les particuliers que pour les entreprises”, indique la banque dans son communiqué sur ses résultats annuels.

Ainsi, le coût de risque en consolidé s’est élevé à 996,6 MDH affichant un accroissement de 298,8% par rapport à décembre 2019 et le taux du coût du risque est de 1,51% contre 0,45% une année auparavant. Le résultat net consolidé de la BMCI s’est chiffré à 145 MDH en 2020, soit une baisse de 75,9% par rapport à une année auparavant. Le coût du risque consolidé a augmenté de 104,7% à fin décembre 2020 par rapport à fin décembre 2019 intégrant les impacts de la crise sanitaire de Covid-19. Le taux de couverture des créances par les provisions des comptes sociaux s’est établi à 80,6%.

En ce qui concerne CDM, son RNPG s’est élevé à 190,3 MDH, en baisse annuelle de 62,6%. Le coût du risque consolidé a enregistré à fin 2020 une augmentation de 124,7% à 721,7 MDH, soit une hausse annuelle du taux de coût du risque de 90 points de base à 164 points de base. Le taux de couverture s’est accru de 2,6 points de pourcentage à 93,4%. Certes les banques font face à un contexte socioéconomique difficile, toutefois leur rôle est majeur dans la relance de l’offre et la demande des entreprises et des ménages. “Elles sont appelées à faire preuve davantage d’agilité, de pragmatisme et d’audace afin de contribuer à une relance inclusive et pérenne”, relève M. Zine.

Source of original article: Libération (www.libe.ma).
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