Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la guerre a fait reculer l’économie soudanaise de plus de 30 ans. L’extrême pauvreté toucherait plus de 60 % de la population, soit 52 millions de personnes.
Cela représente 34 millions de personnes de plus que sans la guerre, soit « une hausse supérieure à la population totale du Ghana ». Concrètement, cela veut dire que près sept Soudanais sur dix vivent désormais avec moins de quatre dollars par jour.
« Trois ans après le début de ce conflit, nous ne sommes pas seulement confrontés à une crise – nous assistons à l’érosion systématique de l’avenir d’un pays », a déclaré dans un communiqué, Luca Renda, Représentant résident du PNUD au Soudan.
7 millions de personnes ont basculé dans l’extrême pauvreté en 2023
D’après le rapport publié par le PNUD et l’Institut d’études de sécurité (ISS), près de sept millions de personnes ont basculé dans l’extrême pauvreté pour la seule année de 2023, et les revenus moyens sont retombés à des niveaux qui n’avaient plus été enregistrés depuis 1992.
Le Soudan a ainsi perdu environ 6,4 milliards de dollars de PIB rien qu’en 2023. Les taux d’extrême pauvreté sont désormais plus élevés que dans les années 1980, selon cette analyse.
« Ces chiffres ne sont pas abstraits. Ils reflètent des familles déchirées, des enfants non scolarisés, des moyens de subsistance perdus et une génération dont les perspectives s’amenuisent progressivement », a ajouté M. Renda.
Le Soudan pourrait voir l’extrême pauvreté dépasser les 60 %, avec 34 millions de personnes supplémentaires plongées dans la misère, si le conflit actuel se poursuit jusqu’en 2030, selon l’étude.
Le PIB de ce pays d’Afrique du Nord-Est serait en 2043 inférieur de 34,5 milliards de dollars à ce qu’il aurait été dans un scénario sans conflit, le PIB par habitant diminuant d’environ 1.700 dollars.
Même dans un scénario plus optimiste où la guerre prendrait fin en 2026, la reprise resterait lente.
Des déplacés soudanais attendent de recevoir de la nourriture du PAM.
Deux tiers de la population en besoin d’aide d’urgence
La guerre entre l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) a fait des dizaines de milliers de morts. Le conflit a également déplacé plus de 11 millions de personnes et plongé plusieurs régions dans la faim et la famine.
Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU sougline que des communautés entières se sont vidées et des familles ont été déracinées à maintes reprises. « Le risque d’une instabilité régionale plus généralisée est élevé », a averti Tom Fletcher, le Coordonnateur des opérations de secours d’urgence de l’ONU, relevant que ce conflit « reste un défi que le monde ne parvient pas à relever ».
D’après l’ONU, plus de 21 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë au Soudan, et les deux tiers de la population ont un besoin urgent d’assistance, alors que les combats s’intensifient au Kordofan (centre) et dans l’Etat du Nil-Bleu (sud-est). La faim s’aggrave à l’approche de la saison de disette.
« Nous devons agir maintenant – pour mettre fin à la violence, protéger les civils, garantir l’accès aux communautés les plus menacées et financer l’intervention. Cet anniversaire sombre et humiliant marque une nouvelle année où le monde a échoué face au défi du Soudan », a insisté M. Fletcher.
Une population abandonnée et affamée
Ces derniers développements interviennent alors que l’aide alimentaire a diminué de près de 15 % depuis janvier par rapport à l’année dernière, en raison d’un manque de ressources. Le Programme alimentaire mondial (PAM) indique avoir besoin de toute urgence de plus de 600 millions de dollars pour maintenir ses opérations au cours des six prochains mois.
Une fillette de trois ans est prise en charge pour une malnutrition aiguë sévère dans un hôpital de Tawila, dans la région du Darfour au Soudan.
En attendant, l’agence accorde la priorité absolue aux zones touchées par la famine et aux zones difficiles d’accès, notamment au Darfour et au Kordofan, où la famine est confirmée et où les combats sont les plus intenses.
Par ailleurs, le PAM avertit que la crise alimentaire pourrait être aggravée par l’escalade du conflit au Moyen-Orient. Les perturbations dans la mer Rouge dans le sillage des perturbations dans le détroit d’Ormuz retardent les importations essentielles, faisant grimper le coût des denrées alimentaires, du carburant et des engrais.
Sur le terrain, les prix du carburant ont augmenté de plus de 24 %, entraînant une hausse des prix des denrées alimentaires et privant des millions de personnes des produits de première nécessité. Ces mêmes perturbations ont également un impact direct sur les opérations humanitaires, avec des retards dans les livraisons et une hausse des coûts de transport.
« L’effet combiné de ces facteurs pourrait plonger davantage de familles à travers le pays dans l’insécurité alimentaire », a mis en garde le PAM.
Des réfugiés soudanais, en majorité des femmes et des enfants ayant fui les violences à El Fasher et dans d’autres zones du Darfour, arrivent au Tchad.
Près de 600 civils tués dans des frappes de drones depuis janvier
Après trois ans de guerre, ce sont les enfants qui continuent de payer le plus lourd tribut. Entre janvier et mars de cette année, au moins 160 enfants auraient été tués et 85 blessés à travers le pays – soit une hausse de 50 % par rapport à la même période en 2025.
Selon l’UNICEF, c’est dans les États du Darfour et du Kordofan que le nombre de victimes a été le plus élevé. Les attaques de drones représentent près de 80 % de l’ensemble des 700 morts et des blessés cette année.
« Depuis trois ans, les enfants dans tout le Soudan sont tués, blessés et déplacés à un rythme effréné. Leurs maisons, leurs écoles et leurs hôpitaux continuent d’être pris pour cibles », a déclaré la cheffe de l’UNICEF, Catherine Russell.
Des enfants traversent un camp de déplacés dans la région du Nil Blanc au Soudan.
Depuis le début de la guerre, les Nations Unies ont vérifié plus de 5.700 violations graves commises à l’encontre d’enfants à travers le Soudan, touchant au moins 5.100 enfants – dont plus de 4.300 ont été tués ou mutilés. Le Darfour et le Kordofan enregistrent à nouveau le plus grand nombre de victimes parmi les enfants.
Alors que les combats se poursuivent dans plusieurs régions du pays, une conférence ministérielle internationale sur le Soudan se tient ce mardi 15 avril à Berlin pour tenter de relancer les efforts diplomatiques et humanitaires.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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