Un an après le cessez-le-feu censé mettre fin à la guerre à Gaza, la paix demeure hors de portée. Les bombardements israéliens se poursuivent, la reconstruction est au point mort et les négociations politiques piétinent. Jeudi, devant le Conseil de sécurité, Ramiz Alakbarov, qui dirige les efforts de l’ONU pour parvenir à une paix durable au Moyen-Orient, a lancé un avertissement très clair.
« Le risque d’un retour à la guerre n’a jamais été aussi élevé », a-t-il dit par visioconférence, depuis son bureau à Jérusalem.
Le constat est d’autant plus sévère que la trêve, entrée en vigueur le 10 octobre 2025 sous l’égide des États-Unis, devait ouvrir la voie à un règlement durable du conflit. Depuis, les opérations militaires israéliennes ont fait quelque 1 500 morts palestiniens, dont plus de 320 enfants et 140 femmes, selon le ministère de la santé de Gaza, cité par le responsable onusien.
De retour d’une visite dans l’enclave dimanche, M. Alakbarov a décrit une population pour laquelle la cessation des hostilités reste largement théorique. « Pour les Palestiniens vivant le long de la ligne jaune, le cessez-le-feu n’existe que de nom », a-t-il déclaré, en référence à la frontière de facto imposée par Israel à l’intérieur de l’enclave pour délimiter ses positions militaires du reste du territoire.
Dans le quartier de Choujaïya, à l’est de Gaza, M. Alakbarov a rencontré des familles vivant sous la menace permanente des tirs. Des femmes lui ont affirmé n’avoir pas connu quarante minutes consécutives de tranquillité depuis un an. Beaucoup n’ont pourtant aucun autre endroit où se réfugier.
Un poste frontière entre Israël et la Palestine demeure fermé.
Une reconstruction paralysée
À l’approche de l’hiver, la précarité des abris fait craindre une nouvelle catastrophe. Près de 950 000 habitants vivent dans des zones exposées à un risque moyen ou élevé d’inondation. Plus de 4 000 bâtiments occupés par des familles déplacées menacent de s’effondrer.
Les restrictions imposées à l’entrée de matériel, de pièces détachées et d’équipements essentiels entravent toujours les opérations humanitaires. Avec le retour des pluies et les fortes tempêtes attendues, les organismes d’aide redoutent de ne pouvoir protéger les populations les plus vulnérables.
Cette urgence humanitaire révèle surtout l’échec de la transition politique promise par l’accord de 2025. Malgré la libération des derniers otages et l’arrêt des grandes offensives militaires, les principales dispositions du plan restent inappliquées, à savoir le désarmement du Hamas, le retrait des forces israéliennes, le déploiement d’une force internationale de stabilisation et l’installation d’une nouvelle administration palestinienne.
Pour M. Alakbarov, l’aide d’urgence ne saurait se substituer à une solution politique. Il réclame notamment une coordination transparente de l’assistance, sous direction palestinienne, et insiste sur la nécessité de réunifier Gaza et la Cisjordanie sous un gouvernement palestinien unique et légitime.
« Chaque jour sans progrès vers le relèvement aggrave les risques sécuritaires, sanitaires et liés à l’assainissement », a-t-il prévenu. À mesure que les destructions se prolongent, la reconstruction devient plus difficile et plus coûteuse.
Des structures palestiniennes détruites à Khirbet al-Fakhit, dans le sud de la Cisjordanie.
La Cisjordanie au bord de l’explosion
L’autre motif d’alarme se trouve en Cisjordanie occupée, où les violences des colons israéliens, les opérations militaires du pays et l’expansion des colonies fragilisent davantage la perspective d’un État palestinien.
Les attaques contre les habitants et leurs terres se multiplient, notamment depuis le début de la récolte des olives. Selon l’ONU, plus de 1 600 attaques de colons ayant causé des victimes ou des dégâts matériels ont été recensées de janvier à la mi-septembre, soit près de sept par jour.
La colonisation progresse parallèlement. Le 19 octobre marque la date limite de dépôt des offres pour la construction de logements dans le secteur stratégique E1, à l’est de Jérusalem. Ce projet, longtemps différé sous la pression internationale, menace de couper la continuité territoriale entre le nord et le sud de la Cisjordanie.
À cette fragmentation géographique s’ajoute une crise de représentation politique. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a annoncé le report des élections législatives prévues le 28 novembre. Elles doivent désormais se tenir le 11 septembre 2027, en même temps que la présidentielle, suscitant une nouvelle vague de frustration.
« La Cisjordanie est elle aussi au bord de l’explosion », a averti M. Alakbarov, soulignant que les déplacements forcés et le morcellement des territoires compromettent les fondements d’un futur État souverain.
Trois ans après les attaques du 7 octobre 2023, et un an après la trêve, l’ONU redoute ainsi de voir l’impasse actuelle devenir permanente. Pour le diplomate, les déclarations internationales en faveur de deux États ne suffisent plus et doivent désormais se traduire par des mesures concrètes, avant que la perspective d’un règlement politique ne s’éloigne davantage.
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Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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