À Odessa, Olga Scripovscaia commence chaque journée par la même question : qu’est-ce qui a changé pendant la nuit ?

Les alertes aériennes et les frappes rythment désormais le quotidien. Au réveil, cette responsable de la coordination de la sécurité pour les Nations Unies examine les rapports d’incident, consulte les informations des autorités locales et passe en revue la situation dans les régions d’Odessa, de Mykolaïv et de Kherson, où l’accès humanitaire peut être bouleversé en quelques heures.

« Il se passe toujours quelque chose ici », raconte-t-elle. « Le calme ne dure jamais ».

Des itinéraires à réinventer sans cesse

Mme Scripovscaia travaille avec l’ensemble des agences onusiennes présentes dans le sud du pays. Son rôle consiste à déterminer si les équipes peuvent se déplacer sans danger et à les conseiller sur leurs itinéraires, leurs modalités d’intervention et les mesures à prévoir en cas d’urgence.

© Olga Scripovaisa
À Odessa, Olga Scripovscaia commence chaque journée par la même question : qu’est-ce qui a changé pendant la nuit ?

Son équipe surveille l’évolution de la situation jour et nuit. Après chaque attaque, elle rédige des rapports d’alerte et vérifie que l’ensemble du personnel est sain et sauf.

« Une route praticable aujourd’hui peut ne plus l’être demain », souligne-t-elle.

La multiplication des menaces complique encore la tâche. Mines, drones de haute précision et frappes ciblées obligent les humanitaires à revoir constamment leurs plans. Une mission préparée depuis plusieurs jours peut être modifiée à la dernière minute, voire annulée.

Voir au-delà des procédures

Ancienne militaire, Olga Scripovscaia dit s’appuyer sur la discipline et l’organisation pour gérer le flux continu d’informations et de décisions.

Mais elle estime également que son expérience de femme influence sa manière d’aborder son travail.

« En tant que femme, peut-être que l’on voit davantage que les protocoles », dit-elle. « On voit les larmes, on voit les émotions. On voit ce qui se trouve au-delà des procédures ».

Avant chaque déplacement dans une zone difficile, elle ne se contente pas des consignes de sécurité. Elle cherche aussi à savoir comment se sentent les membres des équipes, s’ils comprennent les risques auxquels ils s’exposent et s’ils disposent de toutes les informations nécessaires.

© Olga Scripovaisa
Olga Scripovaisa, travaille avec l’ensemble des agences onusiennes présentes dans le sud du pays.

Le poids des choix

Les décisions les plus difficiles concernent souvent les lieux où les besoins humanitaires sont les plus pressants.

Les organisations humanitaires demandent parfois l’accès à des localités particulièrement exposées, où les risques demeurent élevés et où les réseaux locaux de soutien se sont parfois effondrés.

Pour les spécialistes de la sécurité, chaque autorisation implique alors un arbitrage délicat.

« Les protocoles me donnent peut-être 75 % des raisons de dire non », confie-t-elle. « Mais je garde toujours 25 % de mon cœur pour ces personnes ».

Lorsqu’un déplacement est jugé impossible, la réflexion ne s’arrête pas là. Les équipes cherchent un autre itinéraire, attendent une accalmie ou préparent une nouvelle tentative.

Pour Mme Scripovscaia, c’est là tout le sens de son travail : permettre l’accès à ceux qui en ont besoin sans exposer inutilement ceux qui viennent leur porter secours.

« Si ce n’est pas possible aujourd’hui, nous réfléchissons déjà à la manière de rendre cela possible demain ».

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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