Le Gender Snapshot 2026, réalisé par ONU Femmes et le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (DESA), dresse le constat d’un recul politique qui intervient alors même que les femmes restent largement absentes des centres de décision.

Au cours des deux dernières années, une institution sur trois chargée de promouvoir l’égalité des genres a vu son pouvoir institutionnel diminuer. Près d’un quart de ces mécanismes ont également subi une réduction de leur budget de fonctionnement, tandis que près d’un sur dix a perdu le contrôle de ses propres ressources financières.

Les financements consacrés à l’égalité des genres sont par ailleurs tombés à leur niveau le plus bas depuis 2021, les organisations de défense des droits des femmes figurant parmi les premières victimes de ces coupes.

À l’ONU aussi, le recul se fait sentir : 42 % des entités des Nations Unies déclarent que leurs efforts en faveur de l’égalité des genres se sont affaiblis sous l’effet des réductions budgétaires.

Un recul mesurable

Cette trajectoire n’est pas inévitable : elle résulte de choix, que les données mettent en lumière

Le rapport décrit un recul politique « transversal, mesurable et cumulatif ».

Et la trajectoire actuelle est sans ambiguïté : aucun des indicateurs de l’ODD 5, consacré à l’égalité des genres, n’est actuellement en bonne voie pour être atteint d’ici à 2030.

« Les données ne laissent aucune place à l’ambiguïté : au rythme actuel, il faudra encore 171 ans pour parvenir à l’égalité des genres », a déclaré Li Junhua, Secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires économiques et sociales.

Mais cette échéance n’est pas une fatalité, a-t-il souligné. Elle est le résultat de choix politiques et budgétaires.

Investir dans l’égalité des genres, les institutions et les systèmes statistiques qui permettent de les évaluer « n’est pas un coût », mais un moyen de renouer avec la promesse du Programme 2030 d’un pouvoir égal pour toutes et tous, a-t-il ajouté.

Six dirigeants sur sept sont des hommes

Le déséquilibre est particulièrement visible au sommet du pouvoir. Six pays sur sept sont dirigés par des hommes.

Pour les femmes qui souhaitent entrer en politique, les obstacles commencent bien avant le scrutin. Dans certains pays, le coût d’une campagne électorale peut dépasser cent fois le revenu national moyen par habitant.

La violence constitue un autre frein majeur : dans certains pays, jusqu’à huit femmes candidates sur dix y sont confrontées dans la vie publique.

Et même lorsqu’elles accèdent au gouvernement, les femmes restent davantage cantonnées aux portefeuilles traditionnellement associés aux affaires sociales. Près de neuf ministres de la Défense sur dix et plus de huit ministres des Finances sur dix sont des hommes.

© UIP/Pierre Albouy
À chaque étape de leur parcours politique, les femmes se heurtent à des obstacles systémiques.

Le déséquilibre s’étend au monde économique et judiciaire. Les femmes n’occupent que 6 % des postes de directrice générale dans les entreprises à l’échelle mondiale et dirigent moins d’une haute cour sur cinq.

« Lorsque les femmes dirigent, les sociétés sont plus fortes, les économies plus résilientes et les résultats meilleurs pour tout le monde », a déclaré Sima Bahous, Directrice exécutive d’ONU Femmes.

« L’égalité ne peut être atteinte sans un accès égal au pouvoir, car l’égalité sans pouvoir n’est pas l’égalité du tout », a-t-elle ajouté.

L’ONU appelle à inverser la tendance

La publication du rapport intervient alors que les dirigeants mondiaux se réunissent à New York pour la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, et à l’approche de la désignation du dixième Secrétaire général de l’Organisation.

En huit décennies, l’ONU n’a jamais été dirigée par une femme.

ONU Femmes et le DESA appellent donc les États à inverser la tendance : financer durablement les institutions chargées de l’égalité, protéger les organisations de défense des droits des femmes et l’espace civique, et garantir aux femmes une participation égale aux décisions qui façonnent la politique, l’économie, la paix et la sécurité, la technologie et la vie publique.

Car, souligne le rapport, les progrès en matière d’égalité ne dépendent pas seulement de la présence des femmes dans les institutions, mais aussi de leur capacité réelle à exercer le pouvoir et à influencer les décisions.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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