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Des milliers d’écoliers manifestaient jeudi à travers le Liban pour poursuivre la contestation, bloquant parfois des administrations publiques, en ouverture de la quatrième semaine d’un soulèvement populaire inédit contre la classe politique, accusée de corruption et d’incompétence.
Agitant des drapeaux libanais, des centaines d’écoliers se sont rassemblés devant le ministère de l’Education à Beyrouth. Ailleurs dans la capitale, ils ont organisé une marche, dans le quartier d’Achrafieh, sac à dos sur l’épaule, enveloppés dans des drapeaux, allant d’une école à l’autre pour appeler leurs camarades à rallier le mouvement, ont constaté des correspondants de l’AFP.
“Je mets au défi tout politicien ou haut responsable de placer leurs enfants dans l’enseignement public”, a confié un écolier au micro d’une télévision libanaise, devant le ministère de l’Education.
“L’économie va mal, il n’y a pas de travail, demain comment va-t-on faire pour vivre?”, a-t-il ajouté.
A Tripoli (nord), deuxième grande ville du pays, où la contestation ne s’essouffle pas, des dizaines de manifestants se sont rassemblés devant des bureaux du ministère des Télécommunications pour empêcher l’entrée des fonctionnaires, d’après une correspondante de l’AFP.
Dans plusieurs cités côtières, notamment à Jounieh ou Chekka, au nord de Beyrouth, les écoliers se sont eux rassemblés devant la compagnie de téléphone publique Ogero pour empêcher l’ouverture des bureaux, d’après l’agence de presse ANI.
Dans les villes majoritairement chiite de Nabatiyé et Baalbek, bastions du puissant mouvement du Hezbollah, étudiants et écoliers ont aussi manifesté, d’après la même source.
A Saïda, grande ville du sud, des écoliers se sont mobilisés, et des manifestants se sont rassemblés devant l’Autorité d’immatriculation des voitures pour empêcher l’administration d’ouvrir ses portes, d’après ANI.
Le mouvement de protestation est entré jeudi dans sa quatrième semaine.
Depuis le 17 octobre, des centaines de milliers de manifestants ont envahi les places des principales villes pour crier leur colère face à une classe dirigeante jugée corrompue et incompétente, dans un pays en proie à une grave crise économique.
Le soulèvement a entraîné la démission du Premier ministre Saad Hariri et de son gouvernement –qui continue toutefois de gérer les affaires courantes.
Mercredi, la Banque mondiale a estimé que “l’étape la plus urgente” pour le Liban était “la formation rapide d’un gouvernement correspondant aux attentes de tous les Libanais”.
En cas d’impasse persistante, la moitié de la population pourrait sombrer dans la pauvreté et le chômage pourrait “augmenter fortement”, a averti la BM, à l’issue d’une rencontre d’une délégation avec le président libanais Michel Aoun.
Selon elle, environ un tiers des Libanais vit déjà sous le seuil de pauvreté.

Source of original article: Libération (www.libe.ma).
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