Le Kenya est devenu le quatrième pays à confirmer un cas de maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo, après la RDC, l’Ouganda et la France. L’épidémie reste active dans l’est de la RDC, tandis que celle survenue en Ouganda s’est achevée en août. La France avait signalé un cas lié à un voyage en juin.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) appuie les autorités kényanes pour prévenir toute propagation du virus.
Le patient, un ressortissant kenyan qui vivait en RDC, y était tombé malade et avait été soigné dans plusieurs établissements. Le 2 octobre, il a rejoint Kampala (Ouganda) par la route, via Beni (RDC), avant de prendre un avion pour Nairobi, où il est arrivé le lendemain.
Hospitalisé et rapidement isolé à son arrivée, il a été testé positif par deux laboratoires kényans. Malgré les soins, il est décédé dans la nuit du 5 octobre. Il a été inhumé le 6 octobre selon le protocole d’inhumation sûre et digne prévu pour Ebola.
Le Kenya a notifié ce cas à l’OMS le 6 octobre, conformément au Règlement sanitaire international.
Retrouver les contacts et contenir le virus
Les autorités ont recensé 28 contacts, dont des proches et des soignants. Elles recherchent également 23 passagers et quatre membres d’équipage du même vol. Le suivi et la quarantaine des personnes considérées comme à risque sont en cours d’organisation.
L’OMS déconseille toute restriction aux voyages ou au commerce avec la RDC, l’Ouganda ou le Kenya
Avec l’OMS, le gouvernement renforce l’enquête, la surveillance des contacts, le dépistage aux points d’entrée à haut risque et l’information des communautés.
« La priorité est désormais d’agir rapidement pour détecter tout nouveau cas avant que le virus ait la possibilité de se propager », a déclaré le Dr Mohamed Janabi, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique.
En alerte renforcée depuis les déclarations d’épidémies en RDC et en Ouganda en mai, le Kenya avait déjà soumis plus de 652 000 voyageurs à un dépistage, analysé 267 échantillons suspects et formé environ 5 000 professionnels de santé au 6 octobre.
« La préparation aux urgences sanitaires nous donne une longueur d’avance », a souligné le Dr Janabi.
L’OMS et ses partenaires ont soutenu des simulations et des formations à l’intervention rapide. Des unités d’isolement ont été identifiées et évaluées dans 27 comtés à haut risque, et les outils de surveillance actualisés.
L’OMS a également fourni environ 1 000 tests Ebola et 1 000 kits de protection individuelle. L’indicateur de préparation du pays est passé de 66 % en mai à 82 % en juillet.
Sur la base des informations disponibles, l’OMS déconseille toute restriction aux voyages ou au commerce avec la RDC, l’Ouganda ou le Kenya.
Lucia Elmi, responsable de l’UNICEF, s’entretient avec des femmes, des hommes et des écoliers africains lors d’une réunion de sensibilisation au virus Ebola, organisée à Bunia, dans la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo.
En RDC, une épidémie qui bouleverse les familles
Alors que le Kenya cherche à prévenir toute propagation, le foyer épidémique reste actif dans l’est de la RDC, notamment en Ituri et au Nord-Kivu.
Selon le bilan arrêté au 3 octobre, 8 544 cas confirmés ont été recensés, dont 4 114 décès, soit une létalité de 48,2 %. Quelque 2 230 patients ont été déclarés guéris, tandis que 824 étaient encore isolés ou hospitalisés.
Au-delà du bilan sanitaire, les conséquences pour les enfants sont considérables. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) indique que plus de 1 900 enfants ont perdu un ou leurs deux parents, ou ont été séparés de leurs parents ou tuteurs depuis le début de l’épidémie, en mai.
Au 28 septembre, 1 581 de ces enfants avaient été recensés en Ituri et 322 au Nord-Kivu.
« Pour les enfants, Ebola peut déclencher une réaction en chaîne aux conséquences graves », a déclaré Lucia Elmi, Directrice des opérations d’urgence de l’UNICEF, à l’issue d’une visite à Bunia, épicentre de l’épidémie.
« Un parent tombe malade et l’enfant risque d’être exposé. Ce parent est ensuite hospitalisé ou décède, laissant l’enfant sans la personne dont il dépend, tandis que la peur de la contagion et la stigmatisation dissuadent les proches et les voisins d’intervenir ».
Des enfants particulièrement vulnérables
À Bunia, l’UNICEF a également identifié 214 enfants vivant et travaillant dans la rue qui ont besoin de protection. Sans tuteur, ils courent un risque d’infection et risquent d’échapper au suivi des contacts ou de ne pas recevoir de soins s’ils tombent malades. Ils sont aussi davantage exposés à l’exploitation et à la violence.
Les enfants paient un lourd tribut à l’épidémie. Au 29 septembre, au moins 2 076 avaient été testés positifs à Ebola et au moins 1 162 en étaient décédés, selon une analyse de l’UNICEF portant sur les données du ministère de la Santé pour lesquelles l’âge des patients était renseigné.
Ils représentent plus d’un cas confirmé sur quatre, mais environ un décès sur trois. Les plus jeunes sont particulièrement menacés : sept enfants de moins de cinq ans sur dix atteints d’Ebola en sont morts, contre six sur dix quelques semaines auparavant. Beaucoup décèdent avant même de pouvoir accéder à un traitement.
L’UNICEF soutient des crèches près des centres de traitement
« À Bunia, j’ai rencontré Lina, un bébé de sept mois qui a survécu à Ebola après avoir perdu sa mère, emportée par la maladie », a raconté Mme Elmi.
« Son histoire nous rappelle avec force que soigner un enfant atteint d’Ebola ne suffit pas. Des espaces dédiés aux tout-petits doivent faire partie intégrante de tout centre de traitement contre Ebola : ils protègent les enfants et rassurent les parents, qui sont ainsi plus enclins à se faire soigner, sachant que leurs enfants sont en sécurité et à proximité ».
Pour répondre à ces besoins, l’UNICEF soutient 12 crèches installées à proximité des centres de traitement d’Ebola en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Elles accueillent les enfants exposés au virus, non accompagnés ou dont les personnes qui s’occupent d’eux sont en cours de traitement. Ce dispositif permet aussi de surveiller l’apparition d’éventuels symptômes et d’orienter rapidement les enfants vers des soins pédiatriques.
L’UNICEF assure également la recherche des familles, le regroupement familial et la mise en place de solutions de prise en charge alternative. Les services soutenus par l’agence ont bénéficié à plus de 90 000 personnes grâce à des séances de psychoéducation, tandis que près de 16 000 proches ont reçu un soutien psychosocial à domicile.
Pour poursuivre ces actions, l’UNICEF demande 150,8 millions de dollars, dont 113,4 millions pour la réponse en RDC. À ce jour, 40,1 millions ont été mobilisés.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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