La mesure de ce partenariat est en définitive son « impact » sur la vie des personnes touchées par les conflits et l’insécurité, ont déclaré le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU auprès de l’UA, Parfait Onanga-Anyanga, et le commissaire de l’UA aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, Bankole Adeoye, devant les membres du Conseil de sécurité. 

Pour M. Onanga-Anyanga, l’ampleur et la complexité des crises actuelles exigent « un partenariat plus fort », capable d’anticiper les crises, de s’attaquer aux facteurs qui les alimentent et de transformer les engagements communs en une action « rapide, prévisible et responsable ».

L’un des principaux tests de cette coopération se joue dans les opérations de soutien à la paix. 

La Somalie, laboratoire du partenariat

La Somalie constitue aujourd’hui l’un des exemples les plus concrets de cette coopération. La Mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM) assure des responsabilités sécuritaires sur le terrain avec le soutien des Nations Unies.

Selon M. Adeoye, l’AUSSOM « tient le terrain qu’aucune autre force ne peut tenir aujourd’hui », tandis que le Bureau de soutien de l’ONU en Somalie (UNSOS) fournit notamment la logistique, les évacuations médicales et l’aviation nécessaires à son fonctionnement. Les deux organisations coordonnent également le transfert progressif des responsabilités de sécurité aux institutions somaliennes.

Cette coopération est toutefois confrontée à un défi majeur : la perspective de la fin du soutien de l’ONU après 2026. L’Union africaine plaide pour une transition « ordonnée et séquencée », afin que les forces de sécurité somaliennes puissent reprendre les zones concernées à mesure qu’elles sont en mesure de les sécuriser.

Vers des opérations africaines mieux préparées

Au-delà de la Somalie, l’ONU et l’UA travaillent à renforcer les capacités de la Force africaine en attente (FAA), force internationale de maintien de la paix composée d’unités militaires, de police et de civils pour intervenir en cas de crise sur le continent africain.

Un autre chantier important concerne la mise en œuvre de la résolution 2719 du Conseil de sécurité, adoptée en 2023. Celle-ci prévoit un cadre pour le financement des opérations de soutien à la paix conduites par l’UA et autorisées par le Conseil.

Un exercice conjoint de simulation est actuellement en préparation. Il doit permettre de tester, dans un scénario fictif, les modalités de déploiement d’une opération dirigée par l’UA, de clarifier les rôles des deux organisations et d’identifier d’éventuelles lacunes avant une première mise en œuvre opérationnelle.

« Le cadre est prêt à être utilisé », a affirmé M. Adeoye, appelant le Conseil de sécurité à profiter de l’examen prévu de la résolution pour déterminer comment celle-ci pourrait être appliquée pour la première fois.

Une coopération qui dépasse les opérations de paix

Le partenariat entre l’ONU et l’Union africaine (UA) va bien au-delà des opérations de paix. Les deux organisations renforcent leur action commune dans la prévention des conflits, la médiation, les droits humains, le développement et la résilience climatique.

En mai, à Addis-Abeba, leurs dirigeants ont réaffirmé trois cadres communs portant sur la paix et la sécurité, le développement durable et les droits humains. Cette coopération s’appuie sur des mécanismes de coordination renforcés, notamment le Groupe de travail conjoint sur la paix et la sécurité et des consultations régulières avec les organisations régionales.

Sur le terrain, l’ONU et l’UA coordonnent leurs efforts au Soudan, où elles œuvrent à favoriser un règlement politique. En RDC, les processus de Washington, Doha et de l’UA sont largement alignés, tandis que la mission de paix des Nations Unies (MONUSCO) contribue au suivi du cessez-le-feu. Dans la Corne de l’Afrique et au Soudan du Sud, les deux organisations soutiennent également les efforts de diplomatie préventive.

Prévenir plutôt que gérer les crises

Pour Parfait Onanga-Anyanga, l’évolution des conflits africains impose de dépasser une approche limitée à la gestion des crises. La prévention, le dialogue, la réforme du secteur de la sécurité et la participation des femmes et des jeunes doivent être intégrés à l’ensemble du cycle des conflits.

L’ONU et l’UA coopèrent ainsi à la mise en œuvre de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité. Une mission de haut niveau menée au Mali en août a notamment réuni plus de 200 femmes dans un forum régional consacré à leur participation aux efforts de paix.

Les deux organisations poursuivent enfin leur coordination au plus haut niveau. Le 11e séminaire conjoint informel et la 20e réunion consultative annuelle entre leurs deux Conseils de sécurité et de paix sont prévus à New York les 22 et 23 octobre. L’objectif affiché est de passer davantage de la consultation à l’alignement et à l’action commune.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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