Intitulée Learning Interrupted (Apprentissages interrompus), cette analyse porte sur 106 pays et territoires et met en évidence l’impact croissant des phénomènes météorologiques extrêmes sur l’éducation.

Fermetures d’écoles, suspension des cours, journées raccourcies, enseignement à distance : les perturbations prennent des formes multiples. Dans certains cas, les établissements sont directement endommagés, tandis que les déplacements de population et l’augmentation de l’absentéisme peuvent accroître le risque de décrochage scolaire.

« Pour des millions d’enfants, les aléas climatiques ne font pas qu’interrompre les leçons : ils détruisent des écoles, déracinent des familles et écartent durablement de la salle de classe les enfants les plus vulnérables, en particulier les filles », a déclaré la Directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell.

© PAM Asie-Pacifique
« BIENVENUE À L’ÉCOLE » : au Pakistan, les inondations ont submergé des écoles dans tout le Pendjab, le Sind et le Khyber Pakhtunkhwa, perturbant l’éducation de milliers d’enfants.

Les tempêtes en première ligne

Les tempêtes ont été le principal facteur de perturbation en 2025, touchant quelque 109 millions d’élèves. Les inondations ont affecté au moins 70 millions d’enfants, tandis que les vagues de chaleur ont perturbé l’apprentissage d’environ 50 millions.

Au Pakistan, les graves inondations de mousson survenues en août ont retardé la rentrée scolaire de plus de 28 millions d’élèves. En Égypte, une tempête de khamsin, accompagnée de vents violents et de poussières, a entraîné une journée de fermeture des écoles à l’échelle nationale en avril, affectant elle aussi plus de 28 millions d’enfants.

Dans 40 pays, les élèves ont subi plusieurs perturbations climatiques au cours de la même année.

À Madagascar, par exemple, les sécheresses, cyclones tropicaux et inondations ont affecté quelque 280.000 élèves. En Espagne, des tempêtes, une vague de chaleur puis le cyclone post-tropical Gabrielle ont successivement perturbé les cours dans plusieurs régions.

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, Taudibura Garo, 16 ans, raconte les conséquences concrètes de ces phénomènes sur sa scolarité.

« L’eau nous arrive généralement jusqu’aux genoux et inonde les latrines ; il devient alors dangereux de rester à l’école, et nous manquons les cours que nous devrions suivre », témoigne-t-il.

© UNICEF/Tsiory Andriantsoarana
Les élèves retournent à l’école secondaire Antaninarenina à Toliara, dans le sud-ouest de Madagascar, après une interruption de près de trois semaines due au cyclone Freddy.

Les filles particulièrement exposées

Près des trois quarts des élèves touchés vivent dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire inférieur, où les systèmes éducatifs disposent souvent de moyens limités pour assurer la continuité de l’enseignement face aux crises climatiques.

Les filles sont particulièrement vulnérables au décrochage. Lorsque les écoles et les installations sanitaires sont endommagées, que les familles sont déplacées ou perdent leurs revenus, elles peuvent être davantage sollicitées pour les tâches domestiques, les soins aux proches ou la collecte de l’eau.

Le risque de mariage d’enfants peut également augmenter dans les situations de crise, rendant plus difficile leur retour à l’école.

© UNICEF/Raphael Pouget
Aboya, 12 ans, traverse un champ inondé pour se rendre à son école, dans la région de Gambella, en Éthiopie.

Un coût humain… et économique

Au-delà des cours manqués, les perturbations climatiques risquent de laisser des traces durables sur les perspectives d’avenir des enfants.

Selon l’analyse de l’UNICEF, l’inaction pourrait se traduire par au moins 200 milliards de dollars de pertes de revenus au cours de la vie active des élèves dont la scolarité a été perturbée en 2025.

L’UNICEF appelle donc les gouvernements à renforcer la résilience climatique des systèmes éducatifs, notamment en investissant dans des écoles capables de résister aux phénomènes météorologiques extrêmes et dans des dispositifs permettant de maintenir les apprentissages pendant les crises.

L’agence souligne également l’importance d’un financement accru de l’éducation et d’un accès des enfants et des jeunes aux connaissances et aux compétences nécessaires pour s’adapter au changement climatique.

« Les aléas climatiques menacent la vie et l’avenir des enfants », a averti Catherine Russell. « Nous devons investir dans des écoles et des systèmes éducatifs conçus pour résister aux chocs climatiques ».

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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