Pour ces millions de personnes, l’apatridie n’est pas un simple statut administratif : elle peut suspendre une vie entière et enfermer des familles sur plusieurs générations dans un cycle d’exclusion et d’incertitude.
Sans nationalité, les obstacles peuvent commencer dès les premières démarches de la vie civile. Obtenir une pièce d’identité ou un passeport, aller à l’école, accéder aux soins ou travailler légalement peut devenir extrêmement difficile, voire impossible.
Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), cette absence de reconnaissance juridique peut aussi se transmettre d’une génération à l’autre. Dans certains cas, l’impossibilité d’obtenir des documents empêche d’enregistrer une naissance, de se marier, de posséder un bien, d’ouvrir un compte bancaire ou de voyager.
Femmes et personnes déplacées face à de nouveaux risques
Les causes de l’apatridie sont multiples, mais certains mécanismes persistent : législations discriminatoires, lacunes dans les lois sur la nationalité ou encore privations arbitraires de nationalité.
Les femmes restent particulièrement exposées. Dans 24 pays, elles ne peuvent toujours pas transmettre leur nationalité à leurs enfants dans les mêmes conditions que les hommes.
Le changement climatique pourrait également aggraver les risques, notamment pour les populations déjà vulnérables.
« Déplacements forcés, catastrophes et perte de documents risquent d’exposer davantage les personnes déjà privées de nationalité et d’en faire basculer d’autres dans l’incertitude », a averti Elizabeth Tan, directrice de la protection internationale au HCR, lors d’un point de presse à Genève.
Une mère de Pemba, en Tanzanie, détient un certificat de naissance pour son fils de 5 ans qui atteste de sa citoyenneté.
650.000 personnes ont retrouvé une nationalité
Pourtant, l’apatridie n’est pas une fatalité. Les progrès réalisés depuis 2014 montrent qu’il est possible de changer la situation.
Plus de 650.000 personnes apatrides ont depuis acquis ou confirmé leur nationalité, tandis que 94 pays ont réformé leur législation afin de mieux prévenir l’apatridie.
Certains États ont également réglé des situations héritées du passé. Le Kirghizistan, en 2019, puis le Turkménistan, en 2024, ont résolu l’ensemble des cas connus d’apatridie sur leur territoire.
En Thaïlande, plus de 120.000 apatrides ont obtenu la nationalité ou un statut de résident permanent en 2025.
Au Kenya, des milliers de membres des communautés minoritaires makonde, pemba et shona ont obtenu la nationalité entre 2021 et 2023. En Europe, la Macédoine du Nord a, en 2025, réglé tous les cas connus d’apatridie liés à la dissolution de l’ex-Yougoslavie.
Réformer les lois qui créent l’apatridie
D’autres avancées ont également été enregistrées. Le Chili et les Philippines ont renforcé la protection des enfants, tandis que la Syrie a ouvert une voie vers la nationalité pour les membres éligibles de la communauté kurde.
Pour le HCR, ces exemples montrent que des solutions concrètes existent. L’organisation appelle les États à mieux protéger les personnes apatrides et à leur offrir des voies claires vers la nationalité, notamment en réformant les lois et pratiques discriminatoires qui peuvent créer ou perpétuer l’apatridie.
« Il faut aussi adhérer aux Conventions des Nations unies sur l’apatridie et rejoindre l’Alliance mondiale pour mettre fin à l’apatridie afin de mener une action collective », a conclu Mme Tan.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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