Fondé sur des entretiens avec 195 victimes du conflit et leurs proches, le rapport examine principalement la période allant de 2001 à la prise de pouvoir des Taliban, le 15 août 2021.
Les conséquences psychologiques sont particulièrement lourdes : 95 % des personnes interrogées disent souffrir de séquelles émotionnelles ou psychologiques, notamment de dépression, d’anxiété, de flashbacks ou d’autres symptômes liés aux traumatismes. Plus de la moitié (58 %) ont également subi des blessures physiques, certaines entraînant des douleurs chroniques ou des handicaps.
« Les entretiens que nous avons menés mettent en évidence l’ampleur et la profondeur du traumatisme collectif qui persiste au sein de la société afghane. Il est évident que ce qui s’est passé dans le passé continue d’affecter aujourd’hui de nombreuses victimes et leurs familles », a déclaré Georgette Gagnon, Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général pour l’Afghanistan et cheffe par intérim de la MANUA.
Pour elle, il est essentiel de « reconnaître les préjudices subis et de s’engager véritablement à placer la voix et les droits des victimes au centre des efforts ».
Des obstacles persistants à la justice
Nombre de victimes expliquent ne pas pouvoir financer leurs soins médicaux, réparer leurs habitations endommagées ou subvenir aux besoins de leur famille. Les femmes devenues veuves du fait du conflit sont particulièrement exposées à l’insécurité économique, notamment en raison des restrictions imposées par les autorités de facto qui limitent leur accès à l’emploi.
Plus de la moitié des personnes interrogées (55 %) n’ont jamais tenté d’obtenir justice, une indemnisation ou une autre forme de réparation, estimant que leurs plaintes ne seraient pas prises au sérieux ou craignant des représailles.
Parmi celles qui ont cherché à obtenir une aide ou à demander des comptes, 64 % déclarent que leurs démarches ont échoué. Elles évoquent notamment des obstacles bureaucratiques, l’absence de réponse, des discriminations perçues et un manque de transparence.
Interrogées sur leurs priorités, les victimes citent d’abord une compensation financière (81 %), suivie de l’accès à la justice (48 %) et de mesures destinées à prévenir la répétition des violations (47 %).
Le rapport appelle à une approche globale centrée sur les victimes pour répondre à l’héritage de décennies de conflit. Il exhorte toutes les parties responsables à soutenir les efforts visant à établir les responsabilités et à répondre aux droits et aux besoins des victimes.
La MANUA recommande également aux autorités de facto de mettre en place des programmes complets de réparation et d’aide aux victimes, tandis que les États membres sont invités à fournir une aide humanitaire à l’Afghanistan davantage adaptée aux besoins et aux priorités des victimes du conflit.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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