Deux autobus remplis de passagers, un immeuble d’habitation éventré, des enfants ensevelis sous les décombres. En Ukraine, la nouvelle vague de bombardements russes frappe les civils jusque dans leur quotidien : prendre les transports en commun, rester chez soi, aller travailler.
Jeudi, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est dit « consterné » par l’ampleur des attaques menées depuis le début de la semaine.
La dernière tragédie s’est produite jeudi matin à Kramatorsk, dans l’est du pays. Vers 10 heures, une bombe aérienne russe a frappé une rue où circulaient deux autobus municipaux, tuant au moins 30 personnes et en blessant 18 autres, selon les autorités ukrainiennes. Les images diffusées par la police montrent des corps étendus sur la chaussée, au milieu des débris, près de la carcasse calcinée d’un véhicule. Les transports publics ont été suspendus dans la ville.
« L’ampleur et la manière dont ces attaques sont menées – tuant et blessant des personnes dans des autobus, à leur domicile et sur leur lieu de travail, dans différentes régions du pays – sont répréhensibles », a dénoncé M. Türk.
Kramatorsk, l’une des dernières grandes villes du nord de la région de Donetsk encore sous contrôle ukrainien, constitue avec Sloviansk un verrou stratégique face à l’avancée russe. Ses habitants vivent sous la menace permanente des bombardements. Mais la proximité du front ne diminue en rien les obligations des belligérants à l’égard des civils.
Des enfants ensevelis sous les décombres
La veille, mercredi, c’est à Pryluky, au nord-est de Kiev, que les frappes russes avaient provoqué un carnage. Un immeuble résidentiel de cinq étages s’est effondré sous l’impact d’un bombardement. Selon un bilan actualisé rapporté jeudi par la presse, au moins 22 personnes ont été tuées, dont cinq enfants, et plus de 50 autres blessées.
Dans une déclaration, le coordonnateur humanitaire de l’ONU en Ukraine, Matthias Schmale, a dénoncé la mort de civils, parmi lesquels des enfants, et prévenu que le bilan pourrait encore s’alourdir à mesure que les secours progressaient dans les décombres.
« Les familles ne devraient jamais avoir à vivre l’horreur de voir leurs enfants constamment en danger ou ensevelis sous les décombres de leur propre maison », a-t-il déclaré, appelant à mettre fin à cette multiplication des victimes civiles.
Les bombardements ont également touché Kremenchuk, dans la région de Poltava, Oleksandriïa, dans celle de Kirovohrad, et la capitale, Kiev. Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), près de 50 civils, dont six enfants, ont été tués et 170 blessés entre mercredi et jeudi matin. Ce bilan, établi avant les dernières actualisations, témoigne de l’intensité des attaques.
Les établissements et personnels de santé ne sont pas épargnés. Les 5 et 6 octobre, des frappes ont touché un hôpital à Kryvyï Rih et des ambulances à Kramatorsk, blessant des soignants. Des employés de la Croix-Rouge ukrainienne ont également été blessés alors qu’ils se rendaient auprès de victimes d’une attaque à Zaporijia.
Une école en Ukraine réduite à l’état de ruines après avoir été touchée par un missile.
L’hiver comme menace supplémentaire
À ces pertes humaines s’ajoute une autre forme de vulnérabilité, celle d’un pays dont les infrastructures énergétiques sont de nouveau prises pour cible.
Selon M. Türk, une série de frappes à longue portée contre des sous-stations électriques et des centrales de production a plongé plusieurs régions dans l’obscurité. L’Ukraine subit déjà des coupures d’urgence et des délestages programmés, alors même que la baisse des températures et le raccourcissement des journées annoncent une augmentation de la consommation.
Cette offensive intervient à un moment particulièrement critique. Plus de quatre ans et demi après l’invasion russe à grande échelle, les bombardements continuent de désorganiser la vie quotidienne, tandis que les capacités de réparation et d’approvisionnement sont constamment sollicitées.
Face à l’urgence, les organisations humanitaires ont distribué nourriture, produits d’hygiène et aides financières, tout en proposant des abris, une assistance juridique et un soutien psychologique aux victimes. Jeudi, un convoi coordonné par l’OCHA a également acheminé près de deux tonnes de vivres, de médicaments et de produits d’hygiène à Beryslav, dans la région de Kherson, où l’accès humanitaire demeure limité.
Volker Türk a également exprimé sa préoccupation concernant les informations faisant état de civils tués ou blessés par des attaques ukrainiennes en territoire occupé et en Russie.
« Les attaques délibérées contre des civils pourraient constituer des crimes de guerre », a rappelé le Haut-Commissaire, réclamant des enquêtes et des poursuites contre les responsables.
Derrière les bilans qui s’alourdissent, la même réalité persiste. En Ukraine, il n’y a désormais plus de refuge contre la guerre.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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