Les autorités ont décrété un deuil national de sept jours. Le bilan provisoire fait état d’au moins 2.295 morts, 11.256 blessés et près de 6.400 personnes secourues. Quatorze sites d’accueil ont été ouverts dans le seul État de La Guaira, tandis que les hôpitaux restent débordés et que les recherches se poursuivent sous les décombres.
Deux nuits à dormir dehors
Daniela Jaramillo est arrivée à Playa Grande avec son mari, son père, leurs cinq enfants — le plus jeune n’a que dix mois — ainsi que la chienne de la famille, alors enceinte. Avant de trouver refuge au stade, ils avaient passé deux nuits à dormir à même le sol devant un commissariat.
Lorsque le séisme a frappé, la famille discutait dans le couloir de la maison.
« Nous avons attrapé les enfants, les avons placés au milieu et nous nous sommes serrés les uns contre les autres », raconte Mme Jaramillo. « Nous voyions les débris tomber, les murs s’effondrer. L’essentiel était de protéger les enfants. »
Après les premières secousses, ils ont couru vers un immeuble qui paraissait plus solide, de l’autre côté de la rue. Mais des bouteilles de gaz ont commencé à exploser.
« Tout a explosé », se souvient son père.
La famille a alors escaladé un mur pour rejoindre un terrain dégagé. Deux longues nuits à la belle étoile ont suivi.
« Nous avions très peur », confie Mme Jaramillo.
Leur maison est toujours debout, mais gravement endommagée. Elle évoque ce détail presque avec gêne, consciente que beaucoup d’autres ont tout perdu.
Le stade de baseball de Playa Grande est un complexe sportif qui sert désormais de refuge et de centre d’aide humanitaire temporaire.
« Il y a encore des gens sous les décombres »
« Dieu merci, nous n’avons perdu aucun membre de notre famille », dit-elle. « Ce serait égoïste de dire que la maison est notre priorité aujourd’hui. Pendant que nous sommes en sécurité ici, il y a encore des personnes coincées sous les décombres. »
Le stade de Playa Grande est l’un des trois sites où le système des Nations Unies concentre actuellement son assistance, avec le Polideportivo Vargas et le stade César Nieves.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) y met en place une cuisine collective pour les familles déplacées. L’UNICEF aménage des espaces adaptés aux enfants et intervient dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) prépare l’installation d’abris temporaires.
« Les équipes de recherche et de sauvetage travaillent toujours sans relâche. Jusqu’à hier soir, elles retrouvaient encore des survivants », souligne Vanessa May, cheffe du bureau des affaires humanitaires de l’ONU au Venezuela.
Elle explique que les autorités et les agences humanitaires travaillent à la mise en place de « camps de transition », destinés à regrouper en un même lieu les soins de santé, l’aide alimentaire, le soutien nutritionnel et l’accompagnement psychosocial.
Le stade de baseball Cesar Nieves, autrefois lieu de rassemblement pour les familles et les jeunes athlètes, abrite désormais des personnes qui ont perdu leur maison ou qui ne peuvent plus l’habiter à la suite des tremblements de terre au Venezuela.
Des tentes inondées
La vie dans le camp reste éprouvante. Les températures oscillent entre 24 et 29 degrés Celsius et les pluies torrentielles des derniers jours ont détrempé les tentes, les matelas et les quelques effets personnels sauvés des maisons.
« Nous avions bricolé un abri avec des draps, mais une véritable trombe d’eau s’est abattue sur nous », raconte Mme Jaramillo. « Les enfants ont été trempés, nos affaires aussi. Beaucoup de familles ont perdu ce qu’il leur restait. »
Au milieu de cette tragédie, une lueur d’espoir est apparue. La chienne de la famille, récupérée dans leur maison endommagée par le père de Mme Jaramillo, a donné naissance à cinq chiots deux jours après leur arrivée au camp. Un vétérinaire bénévole brésilien a confirmé que la mère et ses petits étaient en bonne santé.
À la tombée de la nuit, les familles se préparent à passer une nouvelle nuit sous les tentes.
Mme Jaramillo dit essayer de ne pas trop penser à demain.
« Il y a encore des personnes portées disparues. »
Daniela Jaramillo avec son fils et sa chienne, qui a survécu et a donné naissance à cinq chiots dans un camp de l’État de La Guaira après les séismes du 24 juin.
Ce que font les Nations Unies
- Recherche et sauvetage : au moins 51 équipes internationales venues de 28 pays, soit 2.276 secouristes et 165 chiens de recherche, restent mobilisées dans les zones les plus touchées.
- Financement : l’ONU a débloqué 15 millions de dollars de son Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) et activé le Fonds humanitaire pour le Venezuela. Les États-Unis y ont contribué à hauteur de 100 millions de dollars et ont annoncé 100 millions de dollars supplémentaires pour les opérations de secours.
- Aide alimentaire : le PAM a distribué des rations prêtes à consommer à 2.000 personnes à La Guaira et met en service une cuisine collective à Playa Grande.
- Abris et protection : l’OIM appuie les centres d’hébergement et l’enregistrement des personnes sinistrées. Le HCR soutient les activités de protection, la gestion des données et le soutien psychosocial.
- Réponse multisectorielle : les agences des Nations Unies et leurs partenaires concentrent les services de santé, d’alimentation, d’eau, d’assainissement, de protection et d’accompagnement psychosocial sur trois sites : le Polideportivo Vargas ainsi que les stades César Nieves et Playa Grande.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
To submit your press release: (https://www.globaldiasporanews.com/pr).
To advertise on Global Diaspora News: (www.globaldiasporanews.com/ads).
Sign up to Global Diaspora News newsletter (https://www.globaldiasporanews.com/newsletter/) to start receiving updates and opportunities directly in your email inbox for free.
























